La RAM a obtenu des offres pour les 6 premiers avions qu'elle a mis en vente
Après avoir lancé en décembre un appel d’offres international pour céder 6 Boeing 737-700, la compagnie nationale a reçu plusieurs propositions d’achat. Un expert estime que la RAM peut encaisser entre 30 et 90 millions de dollars en fonction de la durée qui sépare la vente du grand entretien technique des avions.
Avec la fermeture des frontières qui s’éternise depuis mars 2020, la RAM a élaboré en juillet dernier un plan douloureux de sortie de crise pour mobiliser des ressources, qui inclut 858 licenciements sur un total 5.000 employés et la vente d’un tiers de sa flotte soit 18 avions sur 59 dont un avion-cargo.
Un premier appel d’offres qui a été rapidement pourvu
Sollicitée par Medias24, une source proche du dossier relatif à la vente des 6 premiers aéronefs d’occasion du transporteur public nous révèle que la RAM a reçu plusieurs réponses à son récent appel d’offres.
« Sachant que la direction compte céder 30% de sa flotte soit 18 avions et que l’offre internationale d'avions dépasse très largement la demande, la RAM n’aura pas attendu longtemps avant de trouver des acquéreurs pour les 6 Boeing 737-700 mis en vente en décembre », se félicite notre source qui refuse cependant de révéler le montant des offres et l’identité des acquéreurs.
Une première étape très encourageante
« Pour une première étape, c’est un test plus qu’encourageant car ces Boeing 737-700 qui seront bientôt cédés sont les plus anciennes machines du parc de la compagnie nationale.
« En effet, elles étaient programmées à la vente depuis longtemps et la crise mondiale liée à la pandémie qui a sinistré le secteur aérien n’a fait qu’avancer leur cession de quelques années.
« Par la suite, la direction compte lancer deux autres appels d’offres pour céder en deux étapes 12 autres avions actuellement cloués au sol faute de trafic aérien suffisant pour les remplir.
Les 18 aéronefs devraient tous être vendus d’ici 2022
« Si l’agenda de ces appels d’offres n’a pas encore été fixé, les avions proposés à la vente ou à la location le cas-échéant seront des Boeing 737-700 (4), des Dreamliner 787 (4) et des Embraer (4).
« Même si la compagnie a un besoin urgent de liquidités, elle préfère prendre son temps pour ne pas se retrouver dépourvue en cas de reprise subite de l’activité aérienne avec seulement 40 avions.
« De plus, la RAM refuse de brader en une seule fois ses actifs sur un marché mondial de l’occasion saturé », conclut notre source qui espère que la RAM conclura toutes les ventes en 2022 au plus tard.
La flotte de Boeing de la RAM se distingue par son excellent entretien
Sollicité à son tour, un expert aérien international explique que la rapidité des réponses à l’appel d’offres est due au fait que ces avions qui ont entre 15 et 20 ans maximum sont très bien entretenus.
« L’attractivité des compagnies étrangères et des brokers pour la flotte de la RAM est logique car tous ses Boeing bénéficient d’un entretien régulier très coûteux qui les rend pratiquement neufs », tient à préciser notre expert en laissant entendre que ce n’est pas le cas de toutes les compagnies.
Le prix d’occasion dépend du moment du grand entretien technique
Sur le prix des six 737-700 obtenu par la RAM, notre expert affirme qu’il dépend du délai entre le moment de leur cession et celui du grand entretien technique de chaque appareil qui a lieu tous les cinq années et qui coûte plusieurs millions de dollars soit plusieurs dizaines de millions de dirhams.
« En fonction de l’état général de l’avion et du temps qui sépare sa visite de maintenance lourde (D-Check) de sa mise sur le marché, le prix de revente d’occasion peut ainsi varier du simple au double.
La RAM a dû obtenir 30 à 90 M$ d’acheteurs africains
« Sachant que certains aéronefs coûtent moins chers que le coût de la visite technique, un avion qui sera vendu juste après sa visite technique obtiendra un meilleur prix qu’à la veille de son entretien.
« S’il est difficile de spéculer sur le prix obtenu dans le cadre de l’appel d’offres, au regard de l'excellent entretien des appareils, la compagnie a dû obtenir 5 à 15 millions de dollars pour chaque appareil », estime notre expert qui penche plus pour des acheteurs type compagnies étrangères qu’intermédiaires brokers.
« Les acquéreurs sont sûrement des compagnies africaines qui disposent déjà d’une flotte de Boeing comme par exemple le transporteur public Air Mauritanie », conclut notre expert qui ajoute que la RAM a bien fait de les revendre car les garder lui aurait coûté plus chère en entretien d’ici la reprise…
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