img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

En sauvegarde, Drapor débloque ses fonds saisis auprès de l'ANP

En sauvegarde judiciaire, Drapor entame la reconstitution de ses actifs. Des fonds saisis-arrêtés auprès de l'ANP débloqués par le juge-commissaire. D'autres mainlevées seront réclamées dans les prochains jours.

En sauvegarde, Drapor débloque ses fonds saisis auprès de l'ANP
Par
Le 13 avril 2021 à 18h59 | Modifié 13 avril 2021 à 21h39

Drapor entame ses premiers jours sous la sauvegarde judiciaire. Avec, déjà, des effets immédiats sur la situation de l’entreprise. La société vient d’obtenir le dégel de fonds saisis-arrêtés par des créanciers entre les mains de l’Agence nationale des ports.

Ces mainlevées, sept au total, ont été actées le 6 avril via des ordonnances de Abderrafii Bouhamria, juge-commissaire, chargé de la procédure. Cette démarche n’est pas anodine. Elle trouve sa base dans le livre V du code de commerce. Son article 686 prévoit, dès le jugement actant l’ouverture d’une procédure de difficulté (Sauvegarde, redressement ou liquidation), l’arrêt des poursuites individuelles.

« Aucun créancier justifiant d’une créance antérieure à la procédure [de sauvegarde] ne peut plus intenter des actions en paiement, ni résilier le contrat pour défaut paiement d'une somme d'argent », nous explique Me Nabil Aboumouslime, avocat de Drapor. Cette disposition consacrée par la loi et la jurisprudence s’étend également aux voies d’exécution  que sont les saisies, poursuit notre interlocuteur.

Quant aux créanciers, ils doivent déclarer leurs créances et concourir au paiement, dans cadre de la procédure collective et ce, selon la règle de la répartition par contribution (Prorata, au marc le franc).

Pour l’entreprise en sauvegarde, la vigilance est de mise. Conscients de ces dispositions légales, certains créanciers n’hésitent pourtant pas à suivre leurs velléités de remboursement, zappant ainsi les contraintes de la procédure collective.  Selon nos informations, Drapor a d’ailleurs initié, dans l’urgence, les demandes de mainlevées pour court-circuiter toute manœuvre en ce sens.

A ce stade, les mainlevées ont quelques explications logiques : « Du fait de la suspension, les créanciers ne peuvent pas obtenir l’homologation de la saisie-arrêt ou conservatoire pour accéder aux fonds. Ces sommes ne peuvent pas, non plus, demeurer bloquées car cela empêcherait le sauvetage de l’entreprise », observe l’avocat, inscrit au barreau de Casablanca.

Malgré ses difficultés, Drapor n’est pas en cessation de paiement. D’où, pour le tribunal de commerce, le choix de la sauvegarde et non le redressement ou la liquidation. Les mainlevées constituent une bouffée d’air en attendant la validation, ou non, du projet de plan de sauvegarde, attendu dans les 4 prochains mois. Un délai qui peut, théoriquement, culminer à 8 mois. Entre temps, les mainlevées lui permettront d’exploiter des fonds, jusque-là bloqués, auprès de débiteurs tiers-saisis.

Les montants en question n’ont pas été dévoilés. Sollicité à ce sujet, Me Aboumouslime a invoqué le secret professionnel. Une chose est sûre, d’autres démarches similaires seront initiées dans les prochains jours. Il s’agira de reconstituer l’actif de la société pour lui permettre, à son tour, de faire face à son passif.  On revit, à quelques nuances près, le scénario de Delattre Levivier Maroc. Directement après sa mise en sauvegarde, celle-ci avait décroché plus de 70 mainlevées.

La procédure concerne non seulement Drapor, mais les deux autres filiales du groupe Stram Marine, à savoir Rimal et MedOcéan. La société mère est également placée sous sauvegarde.

Les quatre entités ont fait l’objet de jugements de sauvegarde distincts, bien que prononcés simultanément par la même juridiction (Tribunal de commerce de Casablanca, le 18 février 2021). Les projets de plan de sauvegarde qui seront soumis au tribunal pour validation seront en ce sens individualisés. « Il s’agit d’un groupe, mais chaque société dispose de la personnalité morale, de son propre actif et passif, et opère dans un domaine déterminé. Les plans seront donc personnalisés », explique Me Aboumouslime qui se montre optimiste quant à la survie du groupe.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 13 avril 2021 à 18h59

à lire aussi

Désescalade prudente : Téhéran annonce l’ouverture du détroit d’Ormuz sous conditions
INTERNATIONAL

Article : Désescalade prudente : Téhéran annonce l’ouverture du détroit d’Ormuz sous conditions

Dans un contexte de tensions encore vives au Moyen-Orient, l’Iran a annoncé ce vendredi 17 avril 2026 l’ouverture du détroit d’Ormuz à la navigation commerciale, dans le cadre de la trêve en cours avec les États-Unis. Une décision qui envoie un signal d’apaisement, sans pour autant dissiper les incertitudes sur la stabilité régionale.

L’Équateur réaffirme son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie et étend sa couverture consulaire au Sahara
DIPLOMATIE

Article : L’Équateur réaffirme son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie et étend sa couverture consulaire au Sahara

L’Équateur s’est félicité de l’adoption de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, réaffirmant qu’une autonomie sous souveraineté marocaine représente la solution la plus faisable pour mettre fin à ce différend régional. L’Équateur a également décidé d'étendre sa couverture consulaire au Sahara marocain.

Dakhla : l’ONMT enclenche une nouvelle phase d’accélération touristique
TOURISME

Article : Dakhla : l’ONMT enclenche une nouvelle phase d’accélération touristique

En déplacement à Dakhla, les équipes de l’Office national marocain du tourisme ont lancé une nouvelle phase de consolidation et d’accélération destinée à accompagner la montée en puissance de la destination sur les marchés nationaux et internationaux.

Aménagement de l’avenue Royale : deux marchés attribués pour un total de 15,1 millions de DH
Quoi de neuf

Article : Aménagement de l’avenue Royale : deux marchés attribués pour un total de 15,1 millions de DH

Dans le cadre de la progression du projet d’aménagement de l’avenue Royale, Casablanca Iskane et Équipements a finalisé l’attribution de deux marchés pour un montant total de 15,1 millions de DH.

Avant-Scène entre au capital de Seven PM à hauteur de 45%
Quoi de neuf

Article : Avant-Scène entre au capital de Seven PM à hauteur de 45%

La société "La Nouvelle Société Avant-Scène SA" prend une participation de 45% dans "Seven PM SARLAU", spécialisée dans la production de festivals culturels et musicaux, fondatrice du festival Jazzablanca.

Ozone. Le fisc ouvre le bal des grands créanciers de la société de Aziz El Badraoui
DROIT

Article : Ozone. Le fisc ouvre le bal des grands créanciers de la société de Aziz El Badraoui

Le tribunal de commerce de Rabat a admis une créance fiscale dans le redressement d’Ozone, groupe de collecte de déchets fondé par l'ancien président du Raja de Casablanca. Le Trésor s’impose ainsi parmi les premiers créanciers fixés dans ce dossier, avant d’autres poids lourds, notamment bancaires.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité