De nombreux salariés veulent basculer en télétravail pendant le Ramadan

Plusieurs DRH contactés par Médias24 affirment que les salariés sont nombreux à exprimer le souhait de travailler, depuis chez eux, pendant le mois de Ramadan. Parmi les motifs qu’ils avancent, le gain de temps passé dans les transports. Les managers acceptent généralement.

De nombreux salariés veulent basculer en télétravail pendant le Ramadan

Le 15 avril 2021 à 16h05

Modifié 15 avril 2021 à 19h03

Plusieurs DRH contactés par Médias24 affirment que les salariés sont nombreux à exprimer le souhait de travailler, depuis chez eux, pendant le mois de Ramadan. Parmi les motifs qu’ils avancent, le gain de temps passé dans les transports. Les managers acceptent généralement.

Ramadan et télétravail semblent faire bon ménage. Plusieurs directeurs des ressources humaines (DRH), joints par Médias24, confirment que leurs salariés ont formulé des demandes pour travailler entièrement, depuis leur domicile, pendant ce mois de jeûne. En effet, si une partie des DRH que nous avons contactés ne rapporte aucune hausse des demandes de télétravail, une autre partie confirme que leurs salariés en ont émis le souhait et l’ont fait savoir auprès de leurs managers.

C’est ce que nous explique la DRH d’une entreprise, spécialisée dans les missions d’audit et de conseil : « Effectivement, des collaborateurs ont demandé à être, entièrement, en télétravail pendant ce mois de Ramadan, ce que nous acceptons. D’abord, parce que le port du masque, toute la journée en étant à jeun, n’est pas confortable pour eux. Ensuite, parce qu’ils économisent du temps de trajet entre le domicile et le bureau. Pour eux, c’est un stress, en moins, que de ne pas avoir à se retrouver coincés dans les embouteillages et la circulation à la sortie du bureau à 16 heures. Le fait de ne pas avoir à se dépêcher de rentrer, pour préparer le ftour est, effectivement, beaucoup moins stressant, d’autant que certains de nos collaborateurs habitent à Mohammedia ou Rabat. »

Elle ajoute : « Le Ramadan, cette année, coïncide avec une période de pic d’activités, donc même au niveau des horaires, les salariés préfèrent travailler chez eux, pour produire un peu plus, notamment en se connectant plus tôt le matin, à une heure où ils sont habituellement dans les transports. »

Un confort pour les collaboratrices ?

« De plus en plus de collaborateurs demandent à retourner entièrement en télétravail, pendant ce mois. Ils apprécient plus de rester chez eux, plutôt que de venir au bureau », confirme de son côté, une autre DRH dans le secteur bancaire. Elle évoque des motifs liés à la circulation, particulièrement pénible, à la sortie du travail et à la restriction des horaires d’ouverture des supermarchés. « Les collaboratrices sont, notamment, plus à l’aise, avec le télétravail, pendant le Ramadan : cela leur permet de préparer plus sereinement le ftour, sans avoir à se dépêcher de sortir du bureau. »

Dans une troisième entreprise contactée par Médias24, spécialisée dans les services informatiques, le télétravail est déjà presque entièrement en vigueur, depuis le début de la crise sanitaire. « La plupart de nos salariés travaillent donc déjà, depuis chez eux. Ils en sont satisfaits. Nous avions déjà vécu l’expérience l’an dernier, en plein confinement et cela ne nous avait posé aucun problème. Nous n’avions pas constaté une baisse de productivité et de performances », nous explique sa DRH.

Attention à la baisse de productivité

La baisse de productivité, c’est justement ce qu’il faut éviter à tout prix, alors que le mois de Ramadan tombe effectivement, cette année, en pleine période d’activité et que les entreprises essaient, tant bien que mal, de tirer leur épingle du jeu, en cette période de crise économique. C’est ce que nous explique Zakaria Rbii, président de l’Association des gestionnaires et formateurs en ressources humaines (AGEF).

« On ne recommande pas le télétravail, à 100%, pendant le Ramadan. Il a, certes, ses bienfaits , en termes de gain de temps, passé dans les transports et de bien-être sur les salariés, mais il a aussi ses effets négatifs. Les cas de démoralisation, voire de burn-out, notamment en raison de la rupture des liens sociaux qui se nouent dans les entreprises ainsi que la baisse de productivité, dans certains cas, font partie de ces effets négatifs », indique Zakaria Rbii.

L’AGEF recommande ainsi de privilégier le modèle hybride, c’est-à-dire, l’alternance entre présentiel et distanciel, à raison de trois jours au bureau et deux jours au domicile, ou inversement. « Le mois de Ramadan, de par sa sacralité, recommande le maintien des liens sociaux. C’est, plutôt, une bonne chose de ne pas se mettre entièrement en télétravail, pour maintenir le contact avec les collègues. Il s’agit, également, de garder un bon rythme en milieu d’année, pour parvenir aux résultats escomptés en fin d’année. De plus, le basculement progressif du télétravail à 100% vers du 4+1, c’est-à-dire, quatre jours au bureau et un jour à la maison, nécessite une période transitoire, une phase intermédiaire. Le modèle hybride permet, justement, de faire cette transition, tout en maintenant un certain niveau de performance et de productivité, pour faire redémarrer les entreprises. »

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