Agriculture: Akhannouch rencontre les professionnels pour lancer la réflexion sur la nouvelle feuille de route

Le Plan Maroc Vert arrive à échéance en 2020. La tutelle et les acteurs du secteur de l'agriculture sont en conclave à Marrakech pour lancer la réflexion sur la nouvelle feuille de route pour l'après 2020.

Aziz Akhannouch a réuni à Marrakech tous les acteurs du secteur agricole comme il nous l'a annoncé le 14 octobre dernier. L'objectif est de discuter "des nouveaux horizons et de la nouvelle feuille de route" pour l'agriculture d'autant que le Plan Maroc Vert arrive à son terme en 2020. 

"Cela suscite des interrogations sur l'avenir du secteur ainsi que les perspectives de l'après Plan Maroc Vert", déclare Aziz Akhannouch ce jeudi 18 octobre à une audience de professionnels et d'acteurs, et de responsables du secteur agricole.

La rencontre est justement l'occasion de faire un bilan du PMV et de lancer la réflexion pour la prochaine décennie.

La nouvelle feuille de route dispose déjà de ses priorités, tracées par le Roi Mohammed VI dans son discours d’ouverture de la session parlementaire. Il s'agit de l'employabilité, le développement du monde rural et le soutien de l’émergence d’une classe moyenne agricole. 

Le cap étant fixé, il faut désormais réfléchir comment réaliser ces objectifs à travers "des propositions concrètes en vue de relever les multiples enjeux et défis" à venir. 

>> Lire aussi : Le Roi désigne de nouveaux objectifs à l'agriculture: classe moyenne rurale, jeunesse et emploi

Mais d'ores et déjà, l'on sait que cette nouvelle feuille sera entre autres construite autour de la mobilisation d'au moins 1 million d'hectares de terres dans les périmètres non irrigués. Pour ce faire, le ministre de l'Agriculture a assuré devant les professionnels que son département travaille actuellement pour :

- Répertorier les terres qui peuvent être mobilisées et déterminer leur potentiel.

- Déterminer la nature des cultures qui peuvent être déployées et leur adéquation avec les zones dans lesquelles se situent ces terres.

- Etudier les moyens et les modalités de financement et d'accompagnement des projets.

Le processus législatif est en "phase finale"

Ces terres vont être puisées dans l'assiette foncière des "Soulaliyate". Ces terres collectives constituent un dossier épineux pour le ministère de l'Intérieur qui en a la tutelle.

Selon le gouverneur directeur des affaires rurales, Abdelmajid El Henkari, interrogé par l'agence MAP, "l'année 2019 sera celle du début de la mise en œuvre effective du chantier royal de la mobilisation des terres agricoles appartenant aux communautés Soulaliyate". Il assure que "cinq millions d'hectares de terres collectives seront immatriculés en 2020".  

Abdelmajid El Henkari précise le processus, par lequel passera l'appropriation, qui interviendra "après l'identification de ceux qui détiennent le droit d'exploitation des terres soulaliyates, et sera basé sur l'adoption d'un registre agricole élaboré par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts". 

Il rappelle que "la mobilisation des terres soulaliyate, un périmètre d'une grande ampleur à l'échelle nationale, sera accompagnée d'une série de mesures à caractère administratif, financier, technique et juridique, en coordination avec les ministères de l’Intérieur, des Finances et de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts ". 

La mobilisation d'un million d'hectares requiert "la modification du mécanisme légal régissant ce type de terres collectives, une procédure qui se trouve en phase de finalisation", assure le gouverneur. 

Les terres appartenant aux collectivités Soulaliyate (4.900 collectivités) couvrent une superficie totale de 15 millions d'hectares. Ces collectivités sont gérées par des Nouabs qui sont leurs représentants autorisés, dont le nombre avoisine 6.680. La population globale des Soulaliyate est estimée entre huit et dix millions de personnes. 

>> Lire aussi : 510 MDH pour les femmes soulaliyate durant les quatre dernières années

>> Lire aussi : Lancement mercredi 19 mars du Dialogue national sur les terres collectives

>> Lire aussi : Une grande première: Un tribunal reconnaît aux femmes le droit d’hériter des terres collectives

 

Renforcement des compétences et organisation des chaines de distribution

 

Un autre axe de travail défini par Aziz Akhannouch est celui du renforcement des compétences des paysans.

Pour ce faire le ministre estime qu'il est nécessaire de continuer " à les encourager à s'engager dans les organisations professionnelles et les coopératives et en leur facilitant l'accès à la formation et la création de startups". 

En plus de cela, le ministre compte plancher sur une problématique majeure du secteur agricole : les circuits de distribution.

"Nous sommes également tenus de formuler des solutions efficaces à un certain nombre de défis et de problèmes liés à la réglementation du marché et à la transparence du processus de commercialisation et de distribution, et de soutenir les gains du secteur", explique-t-il. 

Quel bilan pour le PMV ?

Si Aziz Akhannouch a identifié les premiers jalons de la future feuille de route pour le secteur agricole, il n'en oublie pas de faire le point sur la stratégie qui a marqué le secteur cette dernière décennie qu'il "considère comme une première évaluation" tout en appelant tous les acteurs du secteur à se joindre aux départements ministériels concernés pour réaliser une évaluation commune qui permettra de présenter "un état des lieux avec une logique participative et une vision intégrée qui constituera une plateforme de discussion et de débat". 

Voici les chiffres avancés par le ministre : 

- L'agriculture emploie 40% de la population active. Le secteur a créé 250 000 emplois supplémentaires,

- Le produit intérieur brut (PIB) du secteur agricole a progressé en moyenne de 5,25% par an pour atteindre 125 MMDH en 2018, soit une augmentation de 60% par rapport à l'année de lancement du plan.

- La valeur des exportations agricoles a doublé entre 2008 et 2017 pour atteindre 33 milliards de dirhams.

- 1,1 million de bénéficiaires, soit environ les deux tiers (2/3) des agriculteurs, des "kasaba" et des investisseurs, ont bénéficié de soutien et de financement pour leurs projets.

- La couverture des besoins alimentaires du Maroc a été améliorée et a atteint 100% pour les fruits et légumes, de 98% à 100% pour les produits d'origine animale (lait, viande et poulet) et d'environ 50% pour les céréales et le sucre.

>> Lire aussi : Agriculture. Les chiffres révélés par Akhannouch 

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Agriculture: Akhannouch rencontre les professionnels pour lancer la réflexion sur la nouvelle feuille de route

Le Plan Maroc Vert arrive à échéance en 2020. La tutelle et les acteurs du secteur de l'agriculture sont en conclave à Marrakech pour lancer la réflexion sur la nouvelle feuille de route pour l'après 2020. 

Aziz Akhannouch a réuni à Marrakech tous les acteurs du secteur agricole comme il nous l'a annoncé le 14 octobre dernier. L'objectif est de discuter "des nouveaux horizons et de la nouvelle feuille de route" pour l'agriculture d'autant que le Plan Maroc Vert arrive à son terme en 2020. 

"Cela suscite des interrogations sur l'avenir du secteur ainsi que les perspectives de l'après Plan Maroc Vert", déclare Aziz Akhannouch ce jeudi 18 octobre à une audience de professionnels et d'acteurs, et de responsables du secteur agricole.

La rencontre est justement l'occasion de faire un bilan du PMV et de lancer la réflexion pour la prochaine décennie.

La nouvelle feuille de route dispose déjà de ses priorités, tracées par le Roi Mohammed VI dans son discours d’ouverture de la session parlementaire. Il s'agit de l'employabilité, le développement du monde rural et le soutien de l’émergence d’une classe moyenne agricole. 

Le cap étant fixé, il faut désormais réfléchir comment réaliser ces objectifs à travers "des propositions concrètes en vue de relever les multiples enjeux et défis" à venir. 

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Mais d'ores et déjà, l'on sait que cette nouvelle feuille sera entre autres construite autour de la mobilisation d'au moins 1 million d'hectares de terres dans les périmètres non irrigués. Pour ce faire, le ministre de l'Agriculture a assuré devant les professionnels que son département travaille actuellement pour :

- Répertorier les terres qui peuvent être mobilisées et déterminer leur potentiel.

- Déterminer la nature des cultures qui peuvent être déployées et leur adéquation avec les zones dans lesquelles se situent ces terres.

- Etudier les moyens et les modalités de financement et d'accompagnement des projets.

Le processus législatif est en "phase finale"

Ces terres vont être puisées dans l'assiette foncière des "Soulaliyate". Ces terres collectives constituent un dossier épineux pour le ministère de l'Intérieur qui en a la tutelle.

Selon le gouverneur directeur des affaires rurales, Abdelmajid El Henkari, interrogé par l'agence MAP, "l'année 2019 sera celle du début de la mise en œuvre effective du chantier royal de la mobilisation des terres agricoles appartenant aux communautés Soulaliyate". Il assure que "cinq millions d'hectares de terres collectives seront immatriculés en 2020".  

Abdelmajid El Henkari précise le processus, par lequel passera l'appropriation, qui interviendra "après l'identification de ceux qui détiennent le droit d'exploitation des terres soulaliyates, et sera basé sur l'adoption d'un registre agricole élaboré par le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts". 

Il rappelle que "la mobilisation des terres soulaliyate, un périmètre d'une grande ampleur à l'échelle nationale, sera accompagnée d'une série de mesures à caractère administratif, financier, technique et juridique, en coordination avec les ministères de l’Intérieur, des Finances et de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts ". 

La mobilisation d'un million d'hectares requiert "la modification du mécanisme légal régissant ce type de terres collectives, une procédure qui se trouve en phase de finalisation", assure le gouverneur. 

Les terres appartenant aux collectivités Soulaliyate (4.900 collectivités) couvrent une superficie totale de 15 millions d'hectares. Ces collectivités sont gérées par des Nouabs qui sont leurs représentants autorisés, dont le nombre avoisine 6.680. La population globale des Soulaliyate est estimée entre huit et dix millions de personnes. 

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Renforcement des compétences et organisation des chaines de distribution

 

Un autre axe de travail défini par Aziz Akhannouch est celui du renforcement des compétences des paysans.

Pour ce faire le ministre estime qu'il est nécessaire de continuer " à les encourager à s'engager dans les organisations professionnelles et les coopératives et en leur facilitant l'accès à la formation et la création de startups". 

En plus de cela, le ministre compte plancher sur une problématique majeure du secteur agricole : les circuits de distribution.

"Nous sommes également tenus de formuler des solutions efficaces à un certain nombre de défis et de problèmes liés à la réglementation du marché et à la transparence du processus de commercialisation et de distribution, et de soutenir les gains du secteur", explique-t-il. 

Quel bilan pour le PMV ?

Si Aziz Akhannouch a identifié les premiers jalons de la future feuille de route pour le secteur agricole, il n'en oublie pas de faire le point sur la stratégie qui a marqué le secteur cette dernière décennie qu'il "considère comme une première évaluation" tout en appelant tous les acteurs du secteur à se joindre aux départements ministériels concernés pour réaliser une évaluation commune qui permettra de présenter "un état des lieux avec une logique participative et une vision intégrée qui constituera une plateforme de discussion et de débat". 

Voici les chiffres avancés par le ministre : 

- L'agriculture emploie 40% de la population active. Le secteur a créé 250 000 emplois supplémentaires,

- Le produit intérieur brut (PIB) du secteur agricole a progressé en moyenne de 5,25% par an pour atteindre 125 MMDH en 2018, soit une augmentation de 60% par rapport à l'année de lancement du plan.

- La valeur des exportations agricoles a doublé entre 2008 et 2017 pour atteindre 33 milliards de dirhams.

- 1,1 million de bénéficiaires, soit environ les deux tiers (2/3) des agriculteurs, des "kasaba" et des investisseurs, ont bénéficié de soutien et de financement pour leurs projets.

- La couverture des besoins alimentaires du Maroc a été améliorée et a atteint 100% pour les fruits et légumes, de 98% à 100% pour les produits d'origine animale (lait, viande et poulet) et d'environ 50% pour les céréales et le sucre.

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