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Association des pilotes: “Les annulations de vols de la RAM s’expliquent par un manque d’avions”

Depuis le début du mouvement de protestation des pilotes de la RAM, les suppressions et les retards de vols ne se sont pas arrêtés. Un membre du syndicat nous apprend que les négociations sont toujours bloquées malgré la forte implication du ministre du Tourisme. Selon lui, les perturbations viennent du fait que la RAM n’a pas affrété assez d’avions pour assurer son programme aérien estival.

Association des pilotes: “Les annulations de vols de la RAM s’expliquent par un manque d’avions”
Samir El Ouardighi
Le 10 août 2018 à 14h27 | Modifié 11 avril 2021 à 2h48

Trois semaines après le début de la crise entre la direction de la RAM et l’Association marocaine des pilotes de ligne, près de 200 vols ont déjà été annulés soit 30 000 passagers qui n’ont pas pu voyager.

Malgré cette situation qui commence àimpacter fortement l’image de la compagnie, aucun accord entre les deux parties ne semble être à l’ordre du jour ou imminent.

Interrogée par Médias24, une source autorisée de l’AMPL confirme que les négociations n’ont pas été reprises, depuis la réunion bipartite du lundi 30 juillet dernier, malgré des progrès sur le volet salarial.

«Malgré les efforts de conciliation du ministre du Tourisme, il n’y a eu aucune nouvelle rencontre avec le président de la compagnie. Après s’être entendu sur un protocole d’accord, lors de la réunion du 30 juillet, Abdelhamid Addou nous a posé un ultimatum de 5 heures pour arrêter notre mouvement. Comme nous avons refusé, il a tout simplement décidé d’annuler les décisions prises dans ce protocole», dénonce notre interlocuteur qui parle de crise de confiance entre les deux protagonistes.

Selon lui, il ne peut pas y avoir de conciliation tant que la compagnie continuera d’accuser ses pilotes de mener une grève déguisée et d’attribuer les perturbations aux tensions sociales.

«Nous réfutons toujours le terme de grève car si c’était le cas, toute la flotte disponible serait clouée au sol. Les 50 avions de la compagnie assurent environ 250 vols par jour et les mauvais jours, il y a 10 liaisons annulées. S’il y avait vraiment grève, cela voudrait donc dire qu’elle est très mal suivie.

«La RAM essaye de détourner l’attention en nous désignant comme des boucs émissaires alors que nous ne sommes pas responsables des perturbations actuelles qui découlent d’un manque de machines. Actuellement, deux avions sont immobilisés à Istanbul et à Tunis pour des problèmes techniques.

«Notre mouvement de ras-le-bol peut expliquer une partie des retards mais pas les annulations.

«Le vrai problème est que nous avons le même volume horaire qu’en 2017 mais beaucoup moins de machines disponibles. Comment voulez-vous que nous fassions face aux forts flux aériens estivaux sachant que la RAM avait affrété l’année dernière 15 avions contre seulement 7 pour cet été à cause de la pénurie mondiale sur le marché de la location d’avions seuls ou de Wet-Lease (avion+équipage).

«Ce sont donc les 8 machines manquantes qui expliquent la situation actuelle car il faut savoir qu’un seul avion peut effectuer 4 vols par jour soit deux allers-retours. Au total, ces avions manquants occasionnent une perte de 16 rotations A/R ou 32 voyages», avance notre source qui précise que la direction n’aurait pas dû programmer des vols qu’elle était incapable d’assurer faute de moyens de transport.

Notre interlocuteur en veut pour preuve le fait que plusieurs équipages (commandants de bord et copilotes) présents à l’aéroport de Casablanca n’ont pas pu effectuer leurs vols, faute d’avion disponible.

«Nous travaillons comme des fous avec à peine 4 jours de repos pour ce mois d’août et en échange notre président nous affuble du qualificatif d’immatures voire d’enfants gâtés. Devant notre détermination, il nous a même lancé un ultimatum en gelant des négociations qui avaient pourtant progressé.

«C’est un jeu stupide et stérile car nous aimons notre compagnie qui nous a tout donné et vice-versa. Nous sommes donc condamnés à nous entendre car au final, ce sont les passagers qui trinquent», conclut notre interlocuteur qui pense que l’implication du ministre Sajid finira par payer.

Reste à espérer que son intervention sera décisive rapidement pour dénouer une crise qui s’éternise mais d’ores et déjà, on peut conclure que cet été restera une saison noire dans l’histoire de la compagnie.

 

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Samir El Ouardighi
Le 10 août 2018 à 14h27

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