Réforme de la formation professionnelle: voici les principales propositions de la CGEM
Une réunion de haut niveau s’est tenue la semaine dernière entre la CGEM et le ministère de l’Education nationale, portant sur la réforme de la formation professionnelle. L’objectif principal était de soumettre la vision du patronat et ses doléances afin de renforcer l’adéquation formation-emploi, et ce à quelques jours de la finalisation de la feuille de route de la formation professionnelle, tel que demandé par le Roi.
C’est lors d’une séance de travail, tenue le 1er octobre 2018, que le Roi Mohammed VI avait donné ses instructions pour l’élaboration d’une nouvelle feuille de route de la formation professionnelle, et ce dans un délai de 3 semaines. La deadline arrivant à expiration, c’est donc au cours de cette semaine que le ministre de tutelle devra rendre sa copie…
D’où la rencontre organisée le 17 octobre dernier au siège du ministère, qui a notamment réuni le président de la CGEM Salaheddine Mezouar, le ministre de l’Education nationale Said Amzazi, le président de la commission Talents, Formation et Employabilité Hamid El Otmani (CGEM), ainsi que Loubna Tricha, directrice de l’OFPPT. Le staff complet en charge de la formation a répondu présent à cette réunion, de part et d'autre.
L’ensemble de ces responsables occupent leurs fonctions depuis peu (moins d’un an pour le ministre de tutelle), quelques mois pour les membres de la CGEM et quelques semaines pour la directrice de l’OFPPT. Pour autant, selon nos sources au sein de la CGEM, cette fraicheur a contribué à enrichir les échanges autour de l’avenir de la formation professionnelle au Maroc, sans trop s’attarder sur son passif…
«Plusieurs points ont été abordés lors de cette réunion de travail, dont le fil conducteur était le renforcement de l’employabilité des jeunes. C’est notre priorité au sein de la CGEM, car il est anormal que des milliers de jeunes poursuivent des cursus en inadéquation avec les besoins des entreprises, alors que les professionnels recherchent des profils sans pouvoir les dénicher», souligne Hamid El Otmani, président de la commission Talents, Formation et Employabilité.
Un constat que ne renierait pas Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan, dont les statistiques ont fait ressortir un taux de chômage plus élevé chez les lauréats de l’OFPPT.
Pour la CGEM, les priorités en matière de refonte de la formation professionnelle, et qui ont été soumises à Said Amzazi, sont les suivantes:
1-Cogestion et gestion déléguée: le patronat demande à ce que les entreprises représentées par les fédérations professionnelles au sens large, soient parties prenantes dans l’ensemble des filières de formation. L’objectif est de généraliser les modèles ayant donné des résultats probants sur certaines filières, notamment l’aéronautique, l’automobile, le textile,… selon un modèle de cogestion (ex: l’ESITH dans le textile) ou de gestion déléguée (le GIMAS dans l’aéronautique).
La CGEM demande aussi à être impliquée dans le choix de localisation géographique des établissements de formation, dans la détermination des effectifs et des profils cibles, ainsi que dans le processus de sélection des formateurs et l'élaboration des programmes.
2-Création d’un observatoire national des emplois et compétences, qui permette notamment de mieux cerner les besoins réels de l'entreprise et de mieux se préparer aux métiers de demain. L’intérêt étant d’inclure les entreprises dans la réalisation d’études prospectives qui viendront renforcer la visibilité sur les besoins: secteurs prioritaires, effectif-cible, répartition géographique…
L'objectif est que cet observatoire soit une référence de base aussi bien pour les universités que pour les établissements de formation professionnelle - publics et privés.
3-Redynamisation de la formation par alternance: ce modèle a fait ses preuves sous d’autres cieux, avec un effet positif sur la résorption des écarts entre formation et emploi. L’action de la CGEM portera notamment sur le fait d’inciter les entreprises à accueillir plus de stagiaires, sur des durées de 6-7 mois.
4-Formations courtes: mise en place de formations ciblées sur des durées courtes, «mais encore faut-il s’accorder sur les prérequis, les candidats doivent déjà disposer de certaines compétences de base, qui permettent l’assimilation rapide des formations dans un délai restreint», estiment les représentants de la CGEM.
5-Contrats spéciaux de formation: la CGEM demande une solution définitive à ce problème. Selon nos sources, personne n’est satisfait du mode actuel de gestion des CSF au sein de l’organisation patronale. Les entreprises, surtout les PME, souffrent tellement de la complexité des procédures, et des retards de remboursement qu’elles préfèrent ne pas recourir aux CSF. Une situation d’autant plus incompréhensible que les CSF ont déjà fait l’objet de projets de réforme par le passé, sans pour autant aboutir à des résultats concrets.
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