Militant dans son plus jeune âge. Tous ceux qui connaissent Mohamed Bachir Rachdi témoignent de son engagement dans le domaine de lutte contre la corruption et pour son sens de l'éthique. Parcours de celui qui porte beaucoup d'espoirs pour faire bouger le dossier de la lutte contre la corruption.

La nouvelle a ravi tous ceux qui rêvent d’une meilleure gouvernance au Maroc et d’une véritable stratégie de lutte contre la corruption.

Mohamed Bachir Rachdi a été reçu le jeudi 13 décembre par le Roi Mohammed VI qui l’a nommé à la tête de l'Instance de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (l’IPPLCC).

« C'est une très bonne nouvelle. En ces deux années de crise profonde que traverse le Maroc, la nomination de Bachir Rachdi est une véritable lueur d’espoir. C’est une force tranquille. Il a toujours fasciné son entourage par la disponibilité dont il fait preuve pour les causes dans lesquelles il croit », nous déclare Karim Tazi, PDG du groupe Richbond et compagnon de route de Bachir Rachdi au sein de Transparency Maroc.

Respecté à la fois dans le milieu économique et associatif, sa nomination fait l’unanimité. Sur les réseaux sociaux également, on se réjouit de cette annonce.

 

 

Un hyperactif pour lutter contre la corruption

Le lendemain de sa nomination, nous tentons de joindre le nouveau président de l’IPPLCC. Contrairement à la majorité de ceux qui sont nommés à de hautes fonctions, le téléphone de Bachir Rachdi n’est pas hors ligne.

Il prend la peine de nous répondre même s’il est en pleine réunion. Courtoisement, il s’excuse de ne pas pouvoir nous répondre dans l’immédiat et nous promet de rappeler dés qu’il aura terminé.

Un jour reçu par le Roi, le lendemain il enchaîne les réunions les unes après les autres. "Bachir est quelqu’un d’engagé qui a une grande capacité de travail ", témoigne Nizar Baraka, ex-président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) qui a travaillé en étroite collaboration avec Bachir Rachdi au sein du conseil.

Bachir Rachdi a été désigné en tant que rapporteur sur plusieurs dossiers de grande importance. "Il a été chargé des dossiers de la réforme des retraite, la politique industrielle, et actuellement le dossier sur lequel le gouvernement a saisi le CESE et qui porte sur la réforme foncière. Sans parler bien sûr d'autres rapports importants qui ont été demandés par le Souverain notamment le rapport relatif au nouveau modèle de développement des provinces du sud ", nous confie Nizar Baraka.

C'est le cas de le dire. Le nouveau M. anti-corruption a de multiples casquettes et plus d'une corde à son arc. 

Il est ingénieur, entrepreneur, militant associatif, membre actif du CESE, membre du Conseil de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), administrateur actif à la CGEM, président de sa commission “Ethique et bonne gouvernance” sous Miriem Bensalah et président de la commission "Climat des affaires" sous Salaheddine Mezoaur.

Il est engagé depuis longtemps dans les domaines de l'éthique et de la gouvernance. Il a été secrétaire général de Transparency Maroc et même membre du comité exécutif de l’Instance centrale de prévention de la corruption, l'ancêtre de l'IPPLCC. 

Où trouve-t-il le temps et la force ? « C’est une forme de cohérence avec lui-même. C’est sa façon d’exprimer par cette disponibilité son attachement au progrès de son pays. Il consacre une partie importante de son temps et de sa vie à militer pour ses convictions », nous répond Karim Tazi.

Un avis que partage également Nizar Baraka. « Bachir a toujours été quelqu'un de très engagé avec des convictions profondes et beaucoup de sérieux. Il a également une grande capacité d'advocacy pour plaider son point de vue et en même temps, il a une capacité d'écoute importante pour faire avancer les choses. Dans ce cadre-là, ce choix royal ne pourra qu'apporter une nouvelle dynamique à cette instante qui a de nouvelles prérogatives et qui devrait donner une nouvelle impulsion à la lutte contre la corruption dans notre pays », ajoute l’ex-président du CESE.

Sa vision de la lutte contre la corruption

C’est à la fois une consécration et un défi de taille pour Bachir Rachdi ! Cela dit, le nouvel homme fort de l’IPPLCC a déjà donné le ton.

Dans une déclaration à la MAP, Bachir Rachdi ne fait pas dans la langue de bois. « Avec cette nomination, nous espérons entamer une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption, une ère de changements réels et irréversibles à travers des stratégies effectives et applicables où l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption jouera un rôle d’impulsion, de suivi, et d’évaluation des politiques publiques en la matière », a-t-il dit.

« Qu’il s’agisse de la prévention ou de la répression, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption devra avoir de vraies prérogatives pour mener des investigations et traiter les dossiers en pré-judiciaires, avant leur soumission à la justice qui doit jouer son rôle plein et indépendant », a-t-il poursuivit.

Son propos d’aujourd’hui ne diffère pas du message qu’il a toujours porté au sujet de la lutte contre la corruption.

En 2014, celui qui était secrétaire général de l'association Transparancy Maroc, expliquait dans une courte vidéo « le lien entre la stratégie de lutte contre la corruption et l'impunité ». Il disait que « toute stratégie ne peut être pertinente que si elle est basée sur trois piliers qui sont articulés de manière forte à savoir : 1- l'éducation, la communication, la sensibilisation. 2- la prévention. 3- la sanction qui permet de sortir d'une réalité très présente qui est l'impunité ». 

Pour Bachir Rachdi, « l'impunité est un élément qui décourage les dénonciateurs et les victimes de la corruption car ils partent du principe que c'est une peine perdue car quoi qu'ils fassent, cela n'aboutirait pas dans la mesure où la sanction n'est pas au rendez-vous et par conséquent, ils n'auront pas gain de cause et ils ne pourront pas faire reculer le phénomène ». « Donc sans une lutte contre cette réalité de l'impunité qui est pratiquement la règle, on ne pourra pas prétendre à une lutte contre la corruption » 

 

Ses années de « rébellion »

Le militantisme, Bachir Rachdi est tombé dedans dès son jeune âge. Ce natif de la ville de Khouribga vers 1960, n’y passera que quelques années de sa tendre enfance avant de voir sa grande famille (sept frères et sœurs) s’installer à Mohammedia où il grandira jusqu’à obtenir un Bac « sciences maths » en 1978. 

Très porté sur les mathématiques et l’électronique, il intégrera l’Ecole Mohammedia des Ingénieurs (EMI) pour étudier « l’automatique et l’informatique industrielle ».

Mais son parcours ne sera pas un long fleuve tranquille, comme le décrit un article de la Vie Eco qui avait consacré à Bachir Rachdi un article en 2007. « Il va être en première ligne de l’Union nationale des étudiants du Maroc (Unem) où il assurera les fonctions de secrétaire général de la section de sa ville. Ce qui ne manquera pas de lui attirer des problèmes. Non seulement il sera privé de son diplôme et il devra son salut à une disparition volontaire et momentanée durant toute l’année 1983, le temps que les choses se calment », rapporte l’hebdomadaire.

On lui prête un engagement au sein du mouvement politique Ilal Amam né dans les années 1970 d'une scission avec le PLS (Parti de la libération et du socialisme). Ilal Amam était très implanté dans le milieu étudiant, et notamment au sein de l'Union nationale des étudiants du Maroc.

« A l’époque, il gravitait dans tous ces cercles. Il a également été un 20 févriéiste convaincu, mais qui a toujours su garder des relations courtoises avec le Makhzen », nous confie un de ses proches amis. « Aujourd’hui encore, ses amis sont de divers horizons et même de camps opposés. Bachir est un trait d’union entre les personnes de bonne intentions quel que soit leur camps », ajoute notre interlocuteur.

On nous rapporte qu’il a pour tradition de faire tous les ans un dîner chez lui au cours du mois de Ramadan pour rassembler ses amis tous courants confondus. « Et ça se passe très bien, car malgré leur divergence d’opinion, ils ont tous à cœur le bien du pays », témoigne notre source.

Parmi son cercle d’amis proches, nos sources nous citent Sion Assidon, Fouad Abdelmoumni, Ahmed Rahhou, Omar Faraj ou encore Driss Jettou.

Bachir Rachdi sait aujourd’hui gérer ses opinions et ses relations avec le « système ». Ce n’était pas tout à fait le cas au cours de sa jeunesse, où son engagement politique impactera quelque peu son parcours académique. Néanmoins, cela ne freinera aucunement la carrière de celui qui deviendra le PDG d’Involys.

Il se risque dans l’entrepreneuriat

Selon la Vie Eco, il commence sa carrière en 1984 en tant de qu’ingénieur à Promoconsult, un bureau d’études très connu et y développe, avec succès, son premier logiciel destiné au bâtiment. « La demande est si forte que les responsables du bureau d’études se décident à créer deux sociétés pour commercialiser le logiciel, Batisoft France et Batisoft Maroc. Bachir Rachdi aura des responsabilités dans ces deux entités ».

Quelques années plus tard, plus précisément en 1999, il reprend Batisoft avec des amis : Omar Bennani et le défunt Jamal El Ouarzazi. Ils la rebaptisent Involys. L’entreprise cotée en bourse a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 48,7 MDH, en hausse de 25%.

« Il est le moteur et l’âme de son entreprise. Quand on est patron d’une moyenne entreprise, ou d’une entreprise tout court, nous sommes extrêmement sollicités. Bachir Rachdi l’est aussi, et pourtant il a su garder son âme de militant. Il fait les choses sérieusement mais sans trop se prendre au sérieux ni prétendre changer le monde », témoigne un de ses amis.

« Il saura dire non, quand il le faut »

Tout le monde porte beaucoup d’espoir sur Bachir Rachdi pour faire bouger le dossier de la lutte contre la corruption. Très à cheval sur le respect des règles et des lois, tous ceux qui le connaissent affirment que Bachir Rachdi ne tolère pas qu’elles soient transgressées.

D’ailleurs, Salaheddine Mezouar président de la CGEM a fait dû faire face à la force tranquille que peut être Bachir Rachdi quand il s’agit de défendre les règles d’éthique et de bonne gouvernance.

Le président du patronat a fait fi des statuts de la CGEM en dépassant le nombre autorisé de nominations au sein du conseil d'administration. Une situation qui crée des tensions au sein de la confédération.

Celui qui sonnera la sonnette d’alarme n’est autre que Bachir Rachdi. Et même quand il est sollicité pour exprimer son opinion, il ne verse guère dans la surenchère pour créer le scandale. « Le mot tensions n’est pas approprié », déclare-t-il. « Il y a surtout un besoin de veiller à la conformité des instances de gouvernance par rapport aux statuts. La CGEM doit continuer à être une institution qui respecte les textes notamment les textes qui régissent sa gouvernance ».

Tout au long de la polémique reprise largement par les médias, il fait profil bas tout en militant en interne pour les respects des statuts. Son intervention, il l’a réservée au conseil d’administration de la CGEM. "Bachir Rachdi, très connu pour son engagement dans les domaines de l'éthique et la bonne gouvernance, a pris la parole et a rappelé l'importance du respect des textes. Son intervention était structurée et calme mais ne manquait aucunement de virulence", nous confiait au moment des faits l'un des présents au Conseil d'administration.

>> Lire aussi : La CGEM trouve un compromis transitoire au sujet du nombre d'administrateurs

C’est cette même virulence tranquille que l’on cherche pour la gestion d’un dossier aussi épineux que celui de la corruption.

« Le Maroc dispose d’un arsenal juridique et légal suffisant avancer et progresser. Le problème, c’est que nous avons manqué de volonté politique », analyse Karim Tazi.

« Soit les instances étaient gelées par manque de textes d’application, soit on les maintenait en sommeil. Avec cette nomination, il y a un espoir car tout le monde sait que s’il y a une tentative de ne pas laisser Bachir Rachdi faire son travail, il aura la décence de remettre les clés et partir car il a suffisamment d’indépendance et d’esprit d’intégrité pour le faire », conclut le membre de Transparency Maroc.

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Militant dans son plus jeune âge. Tous ceux qui connaissent Mohamed Bachir Rachdi témoignent de son engagement dans le domaine de lutte contre la corruption et pour son sens de l'éthique. Parcours de celui qui porte beaucoup d'espoirs pour faire bouger le dossier de la lutte contre la corruption. 

La nouvelle a ravi tous ceux qui rêvent d’une meilleure gouvernance au Maroc et d’une véritable stratégie de lutte contre la corruption.

Mohamed Bachir Rachdi a été reçu le jeudi 13 décembre par le Roi Mohammed VI qui l’a nommé à la tête de l'Instance de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (l’IPPLCC).

« C'est une très bonne nouvelle. En ces deux années de crise profonde que traverse le Maroc, la nomination de Bachir Rachdi est une véritable lueur d’espoir. C’est une force tranquille. Il a toujours fasciné son entourage par la disponibilité dont il fait preuve pour les causes dans lesquelles il croit », nous déclare Karim Tazi, PDG du groupe Richbond et compagnon de route de Bachir Rachdi au sein de Transparency Maroc.

Respecté à la fois dans le milieu économique et associatif, sa nomination fait l’unanimité. Sur les réseaux sociaux également, on se réjouit de cette annonce.

 

 

Un hyperactif pour lutter contre la corruption

Le lendemain de sa nomination, nous tentons de joindre le nouveau président de l’IPPLCC. Contrairement à la majorité de ceux qui sont nommés à de hautes fonctions, le téléphone de Bachir Rachdi n’est pas hors ligne.

Il prend la peine de nous répondre même s’il est en pleine réunion. Courtoisement, il s’excuse de ne pas pouvoir nous répondre dans l’immédiat et nous promet de rappeler dés qu’il aura terminé.

Un jour reçu par le Roi, le lendemain il enchaîne les réunions les unes après les autres. "Bachir est quelqu’un d’engagé qui a une grande capacité de travail ", témoigne Nizar Baraka, ex-président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) qui a travaillé en étroite collaboration avec Bachir Rachdi au sein du conseil.

Bachir Rachdi a été désigné en tant que rapporteur sur plusieurs dossiers de grande importance. "Il a été chargé des dossiers de la réforme des retraite, la politique industrielle, et actuellement le dossier sur lequel le gouvernement a saisi le CESE et qui porte sur la réforme foncière. Sans parler bien sûr d'autres rapports importants qui ont été demandés par le Souverain notamment le rapport relatif au nouveau modèle de développement des provinces du sud ", nous confie Nizar Baraka.

C'est le cas de le dire. Le nouveau M. anti-corruption a de multiples casquettes et plus d'une corde à son arc. 

Il est ingénieur, entrepreneur, militant associatif, membre actif du CESE, membre du Conseil de l’Observatoire national du développement humain (ONDH), administrateur actif à la CGEM, président de sa commission “Ethique et bonne gouvernance” sous Miriem Bensalah et président de la commission "Climat des affaires" sous Salaheddine Mezoaur.

Il est engagé depuis longtemps dans les domaines de l'éthique et de la gouvernance. Il a été secrétaire général de Transparency Maroc et même membre du comité exécutif de l’Instance centrale de prévention de la corruption, l'ancêtre de l'IPPLCC. 

Où trouve-t-il le temps et la force ? « C’est une forme de cohérence avec lui-même. C’est sa façon d’exprimer par cette disponibilité son attachement au progrès de son pays. Il consacre une partie importante de son temps et de sa vie à militer pour ses convictions », nous répond Karim Tazi.

Un avis que partage également Nizar Baraka. « Bachir a toujours été quelqu'un de très engagé avec des convictions profondes et beaucoup de sérieux. Il a également une grande capacité d'advocacy pour plaider son point de vue et en même temps, il a une capacité d'écoute importante pour faire avancer les choses. Dans ce cadre-là, ce choix royal ne pourra qu'apporter une nouvelle dynamique à cette instante qui a de nouvelles prérogatives et qui devrait donner une nouvelle impulsion à la lutte contre la corruption dans notre pays », ajoute l’ex-président du CESE.

Sa vision de la lutte contre la corruption

C’est à la fois une consécration et un défi de taille pour Bachir Rachdi ! Cela dit, le nouvel homme fort de l’IPPLCC a déjà donné le ton.

Dans une déclaration à la MAP, Bachir Rachdi ne fait pas dans la langue de bois. « Avec cette nomination, nous espérons entamer une nouvelle ère dans la lutte contre la corruption, une ère de changements réels et irréversibles à travers des stratégies effectives et applicables où l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption jouera un rôle d’impulsion, de suivi, et d’évaluation des politiques publiques en la matière », a-t-il dit.

« Qu’il s’agisse de la prévention ou de la répression, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la Corruption devra avoir de vraies prérogatives pour mener des investigations et traiter les dossiers en pré-judiciaires, avant leur soumission à la justice qui doit jouer son rôle plein et indépendant », a-t-il poursuivit.

Son propos d’aujourd’hui ne diffère pas du message qu’il a toujours porté au sujet de la lutte contre la corruption.

En 2014, celui qui était secrétaire général de l'association Transparancy Maroc, expliquait dans une courte vidéo « le lien entre la stratégie de lutte contre la corruption et l'impunité ». Il disait que « toute stratégie ne peut être pertinente que si elle est basée sur trois piliers qui sont articulés de manière forte à savoir : 1- l'éducation, la communication, la sensibilisation. 2- la prévention. 3- la sanction qui permet de sortir d'une réalité très présente qui est l'impunité ». 

Pour Bachir Rachdi, « l'impunité est un élément qui décourage les dénonciateurs et les victimes de la corruption car ils partent du principe que c'est une peine perdue car quoi qu'ils fassent, cela n'aboutirait pas dans la mesure où la sanction n'est pas au rendez-vous et par conséquent, ils n'auront pas gain de cause et ils ne pourront pas faire reculer le phénomène ». « Donc sans une lutte contre cette réalité de l'impunité qui est pratiquement la règle, on ne pourra pas prétendre à une lutte contre la corruption » 

 

Ses années de « rébellion »

Le militantisme, Bachir Rachdi est tombé dedans dès son jeune âge. Ce natif de la ville de Khouribga vers 1960, n’y passera que quelques années de sa tendre enfance avant de voir sa grande famille (sept frères et sœurs) s’installer à Mohammedia où il grandira jusqu’à obtenir un Bac « sciences maths » en 1978. 

Très porté sur les mathématiques et l’électronique, il intégrera l’Ecole Mohammedia des Ingénieurs (EMI) pour étudier « l’automatique et l’informatique industrielle ».

Mais son parcours ne sera pas un long fleuve tranquille, comme le décrit un article de la Vie Eco qui avait consacré à Bachir Rachdi un article en 2007. « Il va être en première ligne de l’Union nationale des étudiants du Maroc (Unem) où il assurera les fonctions de secrétaire général de la section de sa ville. Ce qui ne manquera pas de lui attirer des problèmes. Non seulement il sera privé de son diplôme et il devra son salut à une disparition volontaire et momentanée durant toute l’année 1983, le temps que les choses se calment », rapporte l’hebdomadaire.

On lui prête un engagement au sein du mouvement politique Ilal Amam né dans les années 1970 d'une scission avec le PLS (Parti de la libération et du socialisme). Ilal Amam était très implanté dans le milieu étudiant, et notamment au sein de l'Union nationale des étudiants du Maroc.

« A l’époque, il gravitait dans tous ces cercles. Il a également été un 20 févriéiste convaincu, mais qui a toujours su garder des relations courtoises avec le Makhzen », nous confie un de ses proches amis. « Aujourd’hui encore, ses amis sont de divers horizons et même de camps opposés. Bachir est un trait d’union entre les personnes de bonne intentions quel que soit leur camps », ajoute notre interlocuteur.

On nous rapporte qu’il a pour tradition de faire tous les ans un dîner chez lui au cours du mois de Ramadan pour rassembler ses amis tous courants confondus. « Et ça se passe très bien, car malgré leur divergence d’opinion, ils ont tous à cœur le bien du pays », témoigne notre source.

Parmi son cercle d’amis proches, nos sources nous citent Sion Assidon, Fouad Abdelmoumni, Ahmed Rahhou, Omar Faraj ou encore Driss Jettou.

Bachir Rachdi sait aujourd’hui gérer ses opinions et ses relations avec le « système ». Ce n’était pas tout à fait le cas au cours de sa jeunesse, où son engagement politique impactera quelque peu son parcours académique. Néanmoins, cela ne freinera aucunement la carrière de celui qui deviendra le PDG d’Involys.

Il se risque dans l’entrepreneuriat

Selon la Vie Eco, il commence sa carrière en 1984 en tant de qu’ingénieur à Promoconsult, un bureau d’études très connu et y développe, avec succès, son premier logiciel destiné au bâtiment. « La demande est si forte que les responsables du bureau d’études se décident à créer deux sociétés pour commercialiser le logiciel, Batisoft France et Batisoft Maroc. Bachir Rachdi aura des responsabilités dans ces deux entités ».

Quelques années plus tard, plus précisément en 1999, il reprend Batisoft avec des amis : Omar Bennani et le défunt Jamal El Ouarzazi. Ils la rebaptisent Involys. L’entreprise cotée en bourse a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 48,7 MDH, en hausse de 25%.

« Il est le moteur et l’âme de son entreprise. Quand on est patron d’une moyenne entreprise, ou d’une entreprise tout court, nous sommes extrêmement sollicités. Bachir Rachdi l’est aussi, et pourtant il a su garder son âme de militant. Il fait les choses sérieusement mais sans trop se prendre au sérieux ni prétendre changer le monde », témoigne un de ses amis.

« Il saura dire non, quand il le faut »

Tout le monde porte beaucoup d’espoir sur Bachir Rachdi pour faire bouger le dossier de la lutte contre la corruption. Très à cheval sur le respect des règles et des lois, tous ceux qui le connaissent affirment que Bachir Rachdi ne tolère pas qu’elles soient transgressées.

D’ailleurs, Salaheddine Mezouar président de la CGEM a fait dû faire face à la force tranquille que peut être Bachir Rachdi quand il s’agit de défendre les règles d’éthique et de bonne gouvernance.

Le président du patronat a fait fi des statuts de la CGEM en dépassant le nombre autorisé de nominations au sein du conseil d'administration. Une situation qui crée des tensions au sein de la confédération.

Celui qui sonnera la sonnette d’alarme n’est autre que Bachir Rachdi. Et même quand il est sollicité pour exprimer son opinion, il ne verse guère dans la surenchère pour créer le scandale. « Le mot tensions n’est pas approprié », déclare-t-il. « Il y a surtout un besoin de veiller à la conformité des instances de gouvernance par rapport aux statuts. La CGEM doit continuer à être une institution qui respecte les textes notamment les textes qui régissent sa gouvernance ».

Tout au long de la polémique reprise largement par les médias, il fait profil bas tout en militant en interne pour les respects des statuts. Son intervention, il l’a réservée au conseil d’administration de la CGEM. "Bachir Rachdi, très connu pour son engagement dans les domaines de l'éthique et la bonne gouvernance, a pris la parole et a rappelé l'importance du respect des textes. Son intervention était structurée et calme mais ne manquait aucunement de virulence", nous confiait au moment des faits l'un des présents au Conseil d'administration.

>> Lire aussi : La CGEM trouve un compromis transitoire au sujet du nombre d'administrateurs

C’est cette même virulence tranquille que l’on cherche pour la gestion d’un dossier aussi épineux que celui de la corruption.

« Le Maroc dispose d’un arsenal juridique et légal suffisant avancer et progresser. Le problème, c’est que nous avons manqué de volonté politique », analyse Karim Tazi.

« Soit les instances étaient gelées par manque de textes d’application, soit on les maintenait en sommeil. Avec cette nomination, il y a un espoir car tout le monde sait que s’il y a une tentative de ne pas laisser Bachir Rachdi faire son travail, il aura la décence de remettre les clés et partir car il a suffisamment d’indépendance et d’esprit d’intégrité pour le faire », conclut le membre de Transparency Maroc.

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