Ecole française internationale (EFI) de Casablanca: “mission" ou "type mission”?
L’Ecole Française Internationale (E.F.I.) ne dispose pas d’une autorisation de l’Education nationale marocaine et ne compte pas la demander. L’Ecole ne figure pas non plus dans la convention entre le Maroc et la France. Sa communication laisse entendre qu'elle fait partie de la mission française.Voici la suite de notre enquête et les réponses du président de l’EFI, Bernard Delesalle.
Dans notre précédent article sur l’ouverture de cette école, annoncée pour septembre 2017, nous avions promis de publier les réponses de M. Delesalle. Le président de l’EFI nous a adressé par mail des réponses à nos questions.
Nous en publions ci-après les extraits qui nous paraissent essentiels. Les propos entre guillemets sont de M. Delesalle:
>Un appel d’offres international:
“La création de l’Ecole Française Internationale s’inscrit dans un contexte singulier et stratégique pour le Maroc puisque l’école a été sélectionnée dans le cadre d’un appel d’offres international lancé en 2014 par l’Agence d’Urbanisation et de Développement d’Anfa (AUDA), filiale de la CDG, et par Casablanca Finance City (CFC) en vue de l’installation d’un établissement scolaire international dans le nouveau centre urbain et international de Casablanca Casa Anfa“.
>Le planning d’ouvertures:
“Nous accueillerons nos élèves de la Petite Section au CM2 à la rentrée de septembre 2017, et ouvrirons ensuite notre collège puis notre lycée (respectivement en 2018 et en 2021)“.
>Un accord EIB Paris-EFI Casablanca.
“L’EFI Casablanca et l’EIB Paris ont conclu un partenariat pédagogique qui lie les deux écoles dans une vision académique commune et établit une coopération pédagogique étroite (cahier des charges, modèle d’encadrement et de gestion, recrutements et formation continue de professeurs, partage de ressources pédagogiques, projets culturels, etc.). Je suis personnellement associé au sein de l’EFI Casablanca dont j’assure la présidence et le contrôle de la gestion au même titre que l’EIB Paris, école sous contrat d’association avec l’Etat“.
>Quel est son statut? AEFE? OSUI? Ecole privée?
“Je vous remercie pour cette question qui me donne l’occasion de clarifier un système parfois mal compris par les familles. Il existe trois statuts d’écoles françaises au Maroc: les écoles françaises en gestion directe par l’AEFE, les écoles françaises privées (comme l’OSUI et l’EFI), et enfin les écoles marocaines privées bénéficiant d’une homologation française et d’un accord de partenariat avec l’AEFE.
“L’EFI Casablanca est donc bien une école française privée, statut souvent connu au Maroc sous le terme de “Mission“. Concrètement, ce statut est la conséquence de l’inscription de l’EFI par les gouvernements français et marocain dans la liste des écoles françaises tel que prévu dans la Convention de partenariat pour la coopération culturelle et le développement entre la France et le Maroc“.
>Selon nos recherches, l'EFI n'est ni AEFE ni OSUI. Il ne reste que la case "école privée". De ce fait: Avez-vous une autorisation marocaine d'exercer en tant qu'école privée?
“Comme expliqué, nous ne sommes ni AEFE ni OSUI, mais une école française additionnelle et complémentaire à l’offre des établissements français au Maroc. En d’autres termes, un établissement français privé comme l’OSUI relevant de l’accord de coopération entre la France et le Maroc au même titre que les écoles gérées par l’AEFE et l’OSUI. Nous avons reçu pour cela les accords des autorités marocaines et françaises“. [Fin des propos de M. Delesalle]
Pour les besoins de ses recherches, Médias24 a contacté l’ambassade de France, le ministère marocain des Affaires étrangères et le ministère marocain de l’Education nationale. La plupart des réponses ont été obtenues par écrit pour garder des traces.
Au Maroc, il n’y a que deux possibilités:
-Les établissements privés marocains assujettis à la loi n° 06.00, y compris ceux homologués.
-et les établissements étrangers créés dans le cadre de conventions bilatérales conclues entre l’Etat marocain et ses homologues étrangers, et qui ne sont pas régis par cette loi.
L’EFI a gagné un appel d’offres. Elle a fait l’objet d’un échange de lettres entre les ministères marocain et français des Affaires étrangères. Elle a obtenu un accord de principe du MEN marocain. Mais cela n’est pas suffisant pour que son dossier soit complet.
Soit elle intègre la convention bilatérale maroco-française, où elle n’est à ce jour pas mentionnée. Soit elle demande une autorisation au MEN marocain, ce qu’elle ne compte apparemment pas faire. Un accord entre les deux ministères des AE n’est pas suffisant, il faut qu’il soit formalisé. Un échange de lettres, une note verbale, ne suffisent pas.
Dans une lettre adressée aux parents des élèves inscrits pour la prochaine rentrée [fac-similé ci-dessous], M. Delesalle laisse entendre que l’EFI est une école de la mission. Il affirme que les autorités (marocaines? françaises?) lui ont reconnu le statut d’école française au Maroc dans le cadre de la convention de partenariat.
A ce stade, l’EFI n’a pu nous fournir aucune preuve de ces affirmations.
Toutes nos recherches permettent de les mettre en doute.
Si nous recevons les preuves ou documents, ou si la situation évolue dans le sens de la régularisation, Médias24 publiera les nouveaux éléments.
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