Le secteur de la santé est l'une des priorités du gouvernement. Mais cela se traduira-t-il par une revalorisation du budget réservé à ce secteur en 2019 ? C’est possible et c’est bien là tout l’enjeu de l’exercice d’équilibriste qui attend le gouvernement Elotmani.

Dans toutes les déclarations et les interventions des responsables gouvernementaux, la santé et l’éducation sont érigées en priorité nationale. Le discours prononcé par le Souverain à l’occasion de la fête du Trône a confirmé cette trajectoire et appelé le gouvernement à l’accélération du rythme de travail.

Si chacun appelle de ses vœux des améliorations tangibles dans les secteurs sociaux, notamment celui de la santé, cela prendra nécessairement du temps et exigera des investissements et donc des moyens financiers.

Partant de là, ces deux secteurs ne seront réellement une priorité que si on leur alloue les ressources financières nécessaires, parallèlement à une meilleure gouvernance des dépenses.

Pour le cas du secteur de la santé, le ministre Anas Doukkali est on ne peut plus clair. Il espère voir le budget de son département, qui ne représente que 5,8% du budget général de l’Etat en 2018 passer à 8% en 2019. C’est ce qu’il a déclaré dans une récente interview accordée à Horizon.ma. "On ambitionne que le budget de la santé représentera 8% même si cela ne sera pas suffisant", a-t-il avancé. Et d’ajouter, "on aimerait que le budget de 2019 soit structuré autour des objectifs que nous avons mis en place dans le cadre du plan stratégique".

Le plan Santé 2025 promis pour septembre

Anas Doukkali et ses équipes travaillent sur la finalisation du plan Santé 2025 qu’il promet d’annoncer en septembre prochain et dont il a déjà dévoilé les principaux piliers:

- L’organisation et le développement de l’offre de soins en vue d’améliorer l’accès aux services de santé. Parmi les principaux axes de ce pilier: l'organisation de l'offre nationale de santé, le développement du réseau public de santé, le renforcement du réseau des établissements de soins de santé primaires, le développement de la santé mobile en milieu rural, le développement de la santé de proximité et la médecine familiale.

- Le renforcement des programmes de santé nationaux et des programmes de lutte contre les maladies. Il comprend le renforcement des programmes de santé maternelle et infantile en tant que priorité nationale, la promotion de la santé des personnes à besoins spécifiques, le renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles, la mise à jour du plan national de la santé psychologique et mentale, et le renforcement de la vigilance et la sécurité sanitaire.

- Le développement de la gouvernance sectorielle, la rationalisation de l'utilisation des ressources, l’élargissement de la couverture sanitaire de base et la réduction du fardeau de la pénurie en ressources humaines. Le plan vise aussi l’amélioration des conditions de travail et de la motivation des professionnels et le renforcement du cadre législatif et réglementaire du secteur de santé.

Les contraintes budgétaires se multiplient

En 2018, le secteur de la santé a bénéficié d’un budget général d’un peu plus de 14,7 milliards de dirhams en plus de 964 millions de dirhams dans le cadre des SEGMA (services de l'Etat gérés de manière autonome). Sur le premier montant, 7,9 milliards sont réservés aux charges de personnel, 4,3 milliards au matériel et dépenses diverses. Soit un total de 12,2 milliards de dirhams. Le reste, à savoir 2,5 milliards, est consacré aux dépenses d’investissement.

Entre 2017 et 2018, le budget général de l’Etat a augmenté de 5,11%, atteignant 264,1 milliards de dirhams. Si on considère que ce budget restera le même en 2019, le ministère de la Santé espère disposer d’un budget de 21,1 milliards de dirhams. Cette enveloppe sera plus conséquente si le budget général augmente et que le département de la santé arrive à négocier le ratio de 8%.

Il est certain qu’avec une enveloppe en hausse de près de 6 milliards, quoiqu’insuffisante, la marge de manœuvre de Anas Doukkali serait plus importante.

Mais la question qui subsiste est de savoir où trouver les 6 milliards. Car la situation actuelle des finances publiques présente davantage de contraintes que de possibilités, comme nous l’avons précédemment expliqué.

Les premiers indicateurs de 2018 présentent des recettes en stagnation. Et il ne faut plus compter sur les dons du Golfe qui étaient une vrai bouffée d’oxygène pour les finances publiques.

En parallèle, il faut rembourser la dette, les salaires des fonctionnaires, consentir plus d’efforts en termes d’investissement, financer les grands programmes de développement ayant fait l’objet de conventions et les réformes…

Il n’est pas exclu que l’année 2019 soit marquée par un effort financier dans le cadre du dialogue social qui reprendra de plus belle, après le rappel à l’ordre du Roi.

L’équation pour le gouvernement Elotmani sera difficile à résoudre dans un contexte tendu où son ministre de l’Economie et des Finances a été limogé.

Quoi qu’il en soit, plus d’argent devra aller vers les secteurs sociaux quitte à le ponctionner ailleurs, peut-être bien les dépenses de fonctionnement…

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Le secteur de la santé est l'une des priorités du gouvernement. Mais cela se traduira-t-il par une revalorisation du budget réservé à ce secteur en 2019 ? C’est possible et c’est bien là tout l’enjeu de l’exercice d’équilibriste qui attend le gouvernement Elotmani.

 

Dans toutes les déclarations et les interventions des responsables gouvernementaux, la santé et l’éducation sont érigées en priorité nationale. Le discours prononcé par le Souverain à l’occasion de la fête du Trône a confirmé cette trajectoire et appelé le gouvernement à l’accélération du rythme de travail.

Si chacun appelle de ses vœux des améliorations tangibles dans les secteurs sociaux, notamment celui de la santé, cela prendra nécessairement du temps et exigera des investissements et donc des moyens financiers.

Partant de là, ces deux secteurs ne seront réellement une priorité que si on leur alloue les ressources financières nécessaires, parallèlement à une meilleure gouvernance des dépenses.

Pour le cas du secteur de la santé, le ministre Anas Doukkali est on ne peut plus clair. Il espère voir le budget de son département, qui ne représente que 5,8% du budget général de l’Etat en 2018 passer à 8% en 2019. C’est ce qu’il a déclaré dans une récente interview accordée à Horizon.ma. "On ambitionne que le budget de la santé représentera 8% même si cela ne sera pas suffisant", a-t-il avancé. Et d’ajouter, "on aimerait que le budget de 2019 soit structuré autour des objectifs que nous avons mis en place dans le cadre du plan stratégique".

Le plan Santé 2025 promis pour septembre

Anas Doukkali et ses équipes travaillent sur la finalisation du plan Santé 2025 qu’il promet d’annoncer en septembre prochain et dont il a déjà dévoilé les principaux piliers:

- L’organisation et le développement de l’offre de soins en vue d’améliorer l’accès aux services de santé. Parmi les principaux axes de ce pilier: l'organisation de l'offre nationale de santé, le développement du réseau public de santé, le renforcement du réseau des établissements de soins de santé primaires, le développement de la santé mobile en milieu rural, le développement de la santé de proximité et la médecine familiale.

- Le renforcement des programmes de santé nationaux et des programmes de lutte contre les maladies. Il comprend le renforcement des programmes de santé maternelle et infantile en tant que priorité nationale, la promotion de la santé des personnes à besoins spécifiques, le renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles, la mise à jour du plan national de la santé psychologique et mentale, et le renforcement de la vigilance et la sécurité sanitaire.

- Le développement de la gouvernance sectorielle, la rationalisation de l'utilisation des ressources, l’élargissement de la couverture sanitaire de base et la réduction du fardeau de la pénurie en ressources humaines. Le plan vise aussi l’amélioration des conditions de travail et de la motivation des professionnels et le renforcement du cadre législatif et réglementaire du secteur de santé.

Les contraintes budgétaires se multiplient

En 2018, le secteur de la santé a bénéficié d’un budget général d’un peu plus de 14,7 milliards de dirhams en plus de 964 millions de dirhams dans le cadre des SEGMA (services de l'Etat gérés de manière autonome). Sur le premier montant, 7,9 milliards sont réservés aux charges de personnel, 4,3 milliards au matériel et dépenses diverses. Soit un total de 12,2 milliards de dirhams. Le reste, à savoir 2,5 milliards, est consacré aux dépenses d’investissement.

Entre 2017 et 2018, le budget général de l’Etat a augmenté de 5,11%, atteignant 264,1 milliards de dirhams. Si on considère que ce budget restera le même en 2019, le ministère de la Santé espère disposer d’un budget de 21,1 milliards de dirhams. Cette enveloppe sera plus conséquente si le budget général augmente et que le département de la santé arrive à négocier le ratio de 8%.

Il est certain qu’avec une enveloppe en hausse de près de 6 milliards, quoiqu’insuffisante, la marge de manœuvre de Anas Doukkali serait plus importante.

Mais la question qui subsiste est de savoir où trouver les 6 milliards. Car la situation actuelle des finances publiques présente davantage de contraintes que de possibilités, comme nous l’avons précédemment expliqué.

Les premiers indicateurs de 2018 présentent des recettes en stagnation. Et il ne faut plus compter sur les dons du Golfe qui étaient une vrai bouffée d’oxygène pour les finances publiques.

En parallèle, il faut rembourser la dette, les salaires des fonctionnaires, consentir plus d’efforts en termes d’investissement, financer les grands programmes de développement ayant fait l’objet de conventions et les réformes…

Il n’est pas exclu que l’année 2019 soit marquée par un effort financier dans le cadre du dialogue social qui reprendra de plus belle, après le rappel à l’ordre du Roi.

L’équation pour le gouvernement Elotmani sera difficile à résoudre dans un contexte tendu où son ministre de l’Economie et des Finances a été limogé.

Quoi qu’il en soit, plus d’argent devra aller vers les secteurs sociaux quitte à le ponctionner ailleurs, peut-être bien les dépenses de fonctionnement…

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