Ahmed Assid: “le Maroc a besoin d'une approche humaniste universelle dans son système éducatif”
Médias24 recueille les réactions et analyses des intellectuels après les meurtres terroristes d'Imlil. Ci-après Ahmed Assid, intellectuel et militant des droits humains.
- Médias24: Les meurtres d'Imlil sont-ils conformes à ce que l'on sait des actes terroristes jihadistes?
- Ahmed Assid: Selon les propos prononcés dans la vidéo, si elle s'avère authentique, et l'atrocité du crime, il s'agit bel et bien d'un acte terroriste jihadiste.
Les deux jeunes femmes ont été assassinées parce qu'elles ne sont pas musulmanes, et c'est le fond même de l'idée du jihad qui est un terme situé au cœur du wahhabisme et qui incite au combat contre les mécréants et les non-musulmans depuis 14 siècles.
A titre d'exemple, au niveau du référentiel du système éducatif de l'Arabie saoudite, le premier paragraphe note que" le jihad existe jusqu'au jour de la résurrection". Dans le deuxième paragraphe, il est écrit que "l'islam devrait être répandu dans le monde entier par tous les moyens", tous les moyens... même les moyens les moins pacifiques.
-Après des années de sécurité totale, cet acte bouleverse l'opinion, quel est votre ressenti à l'égard de cela?
- Tout le monde est choqué. Nous nous indignons contre cet acte barbare dépourvu de tout humanisme. Le problème est qu'on ne peut pas prévoir ce genre de drame.
Bien entendu, il y a une vigilance nationale envers les tendances radicales et les cellules terroristes, que ce soit par les services de renseignements ou même les Marocains eux-mêmes.
-Selon vous, quel serait l'impact de cette tragédie sur la société marocaine?
- Cet acte aurait certainement un impact négatif sur le tourisme du pays, comme sur sa notoriété au niveau international. A cet égard, il faudrait prendre les mesures sécuritaires nécessaires et lancer une campagne nationale médiatique et éducative ayant pour but de lutter contre toute tendance radicale et terroriste.
-D'une manière générale, quels sont les facteurs de la radicalisation?
-Il y a plusieurs facteurs, notamment la propagande salafiste menée par des chaînes télévisées et des radios étrangères, comme par les réseaux sociaux, qui sont financés par des réseaux internationaux prônant une vision radicale de l'islam et véhiculant des idées très obscurantistes.
Il y a aussi l'absence d'une approche universelle humaniste dans le système éducatif marocain, et dont le Maroc a besoin, vu la présence d'un courant régnant au sein de la société marocaine qui alimente la haine à l'égard de toute personne d'origine ethnique ou de religion différente.
Lire aussi: Abdelwahab Rafiki: "La crise d'identité est le principal facteur de radicalisation"
à lire aussi
Article : Bourse. Le pourquoi de la décision de Sothema de diviser ses actions par cinq, l'intérêt pour les investisseurs
À compter du 5 mai 2026, le titre Sothema changera de format à la Bourse de Casablanca. Derrière cette opération technique, des enjeux de liquidité, d’accessibilité du titre et d’attractivité auprès des investisseurs particuliers. Décryptage.
Article : Bonnes feuilles. Et si on faisait renaître le Conseil national du commerce extérieur ?
Ancienne conseillère auprès de plusieurs Premiers ministres, Nezha Lahrichi revient, dans "Le Pouvoir entre réalisme et illusion", sur une trajectoire passée au plus près de la décision publique. Le livre tient à la fois du témoignage, du portrait politique et de l’essai sur les dérives contemporaines du pouvoir. Médias24 en publie ici des bonnes feuilles consacrées au Conseil national du commerce extérieur, institution dont l’histoire contrariée résonne avec une question très actuelle : comment penser, organiser et anticiper le commerce extérieur marocain ?
Article : African Lion 2026 : à Cap Drâa, les drones FPV s'invitent sur le théâtre d’exercice
Une précision chirurgicale pour quelques centaines de dollars : le drone FPV a brisé les codes de la guerre conventionnelle. Face à ce prédateur qui impose un stress permanent aux troupes au sol, les Forces armées royales ripostent.
Article : Du jamais vu. Flambée de la viande ovine qui frôle les 200 DH/kg
À l’approche de Aïd al-Adha, la viande ovine atteint jusqu’à 170 DH le kilo chez le boucher. Pour les morceaux les plus demandés, les prix grimpent à 190, voire 200 DH le kilo. Ces niveaux sont inédits au Maroc par leur ampleur, mais aussi par la rapidité avec laquelle ils se sont imposés.
Article : “Rabat ne sera pas une ville-musée”. La transformation de l'offre culturelle de la capitale expliquée par Mehdi Bensaïd
ENTRETIEN. Dans un contexte de transformation accélérée des infrastructures de la capitale, le ministre de la Culture revient pour Medias24 sur les leviers qui doivent faire de Rabat un pôle culturel majeur à l’international. Entre modernisation, développement de la formation et démocratisation de l’accès à la culture, Mehdi Bensaid défend une vision globale à long terme.
Article : Hébergement touristique : 2.500 établissements soumis aux visites mystères dès mai 2026
Le ministère du Tourisme, dirigé par Fatim-Zahra Ammor, lance dès mai 2026 des "visites mystères" pour évaluer 2.500 établissements classés, intégrant la qualité de service au système de classement afin de s’aligner sur les standards internationaux et soutenir l’objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030.