Agadir : le risque de pénurie d’eau continue de planer sur la région
Avec un taux de remplissage des barrages très bas, le risque de pénurie d’eau dans la région d’Agadir persiste. Il n’y a pas pour l’heure de pression immédiate sur la ressource, mais les acteurs se mobilisent pour éviter le pire l'été prochain. Round up.
Le bassin du Souss Massa est l’un des bassins qui connaît depuis toujours un stress hydrique avéré. Ses ressources en eau sont rares et le sont de plus en plus à cause des changements climatiques. Et cette rareté est accentuée par la surexploitation.
Mais le risque de pénurie d’eau dans la région est aujourd’hui une réalité en raison des faibles précipitations. Le ciel n’a pas été clément au cours de cette année, mettant la pression sur la ressource en eau de la région.
>> Lire aussi : Agriculture: déficit pluviométrique important à fin 2019
Selon les derniers chiffres de l’agence du Bassin Hydraulique de Souss Massa et Drâa, le taux de remplissage des barrages de la région est de 24% contre 41,73% à la même période de l’an dernier. Un des taux les plus bas. Sur une capacité totale de 730 Mm3, les huit barrages disposent d’une réserve totale de 175,42 Mm3.
Les deux principaux barrages de la région, Youssef Ibn Tachfine (298 Mm3) et Abdelmoumen (198 Mm3) affichent des taux de remplissage très faibles, respectivement de 13,84% et 13,21%.
Face à cette situation, les craintes de la survenue d’une pénurie d’eau, voire d'une rupture d’approvisionnement, ne sont pas prises à la légère.
Les mesures préventives d’urgence
Selon nos informations, il y a un stock pour subvenir aux besoins de la région pour les 6 mois à venir. L’approvisionnement de la ville est donc assuré dans l’immédiat. En 2019, la Régie autonome multiservices d’Agadir (Ramsa), qui opère sur le grand Agadir, a distribué près de 40 Mm3. Cela concerne essentiellement l’eau potable.
Pour autant, les différents acteurs concernés par cette problématique (Ramsa, ONEE, agence du bassin,…) ont multiplié les réunions et se sont mobilisés pour éviter des situations graves. Plusieurs projets ont été mis en œuvre récemment.
Parmi ces projets, nos sources évoquent la réalisation d’une conduite d’adduction d’eau du barrage Aoulouz qui affiche actuellement un taux de remplissage de 67% soit une réserve de 60 Mm3, vers le barrage Abdelmoumen.
Il est également question d’alimenter des stations de traitement d’eau pour la production de l’eau dans la région de Hmer Boudher à Taroudant.
Nos confrères de La Vie éco évoquent, pour leur part, comme mesure préventive supplémentaire l’arrêt de fourniture en eau d’irrigation agricole de 18.000 ha dans le Massa à partir du barrage Youssef Ben Tachfine, depuis le mois d’octobre dernier, et le lancement des travaux de six forages dans la région d’Agadir pour également assurer la sécurité d’alimentation en eau potable.
Une station de dessalement d’eau pour bientôt
Sur le moyen terme, d’autres actions sont entreprises. Comme par exemple l’unité de dessalement d’eau de mer qui est en cours de réalisation dans la région d’Agadir. Elle est attendue pour le premier trimestre 2021.
Cette usine, qui se trouve dans la région Chtouka Aït Baha, sera la plus grande au Maroc avec une capacité de traitement de l’ordre de 75 millions de mètres cubes par an d’eau dessalée.
Une fois achevée, cette usine devrait commencer à produire près de 275.000 m3 d'eau par jour avant d'atteindre sa capacité maximale qui est de 450.000 m3 par jour.
L’eau produite par cette unité est destinée à alimenter les populations de la région en eau potable mais aussi à irriguer un périmètre de 15.000 ha dans la région de Chtouka Aït Baha.
Par ailleurs, Agadir bénéficiera à l’instar des autres régions du Royaume des actions du programme national prioritaire d'approvisionnement en eau potable et d'irrigation 2020-2027 dont la convention a été signé le 7 janvier dernier.
La déclinaison régionale de ce programme n’a pas encore été dévoilée, mais il n’en demeure pas moins que ce plan est doté d'une enveloppe globale de 115 MMDH ventilée comme suit :
- l’amélioration de l'offre hydrique notamment par la construction de barrages (61 MMDH),
- la gestion de la demande et la valorisation de l'eau notamment dans le secteur agricole (25,1 MMDH),
- le renforcement de l'approvisionnement en eau potable en milieu rural (26,9 MMDH),
- la réutilisation des eaux usées traitées dans l'irrigation des espaces verts (2,3 MMDH),
- la communication et la sensibilisation en vue de renforcer la conscience liée à l'importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son utilisation (50 millions de dirhams).
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