Agriculture : risques sur la campagne céréalière 2018-2019

De faibles pluies sont attendues à partir de ce samedi. Mais le bilan pluviométrique est globalement défavorable en février, mois décisif dans le bon déroulement de la campagne céréalière. La situation demeure bonne dans la partie nord du Royaume qui a été bien arrosée, mitigée dans le centre et difficile ailleurs.

Agriculture : risques sur la campagne céréalière 2018-2019

Le 16 février 2019 à 11:49

Modifié le 16 février 2019 à 19:37

Dans le milieu rural et le monde agricole, c’est l’attentisme et l’hésitation qui règnent actuellement. Et ce après l'optimisme du démarrage de la campagne agricole. Les pluies se sont faites rares durant les deux premières semaines de février, après un mois de janvier qui a connu un retard des précipitations et une vague de froid.
 
Les prévisions météorologiques montrent qu’il devrait recommencer à pleuvoir à partir de ce samedi 16 février. Mais ces pluies devraient être courtes (jusqu’au mardi), faibles (quelques millimètres) et ne concerneraient que quelques zones du Royaume.
 
Pas d’autres précipitations prévues jusqu’à fin février, mois pourtant décisif dans le bon déroulement de la campagne céréalière.
 
Cette situation affecte surtout les régions au sud de la ligne charnière de Settat, peu productrices certes mais assurant la survie d’un nombre important de ménages ruraux.
 
« La situation est largement défavorable dans ces régions devenues presque semi-désertiques au fil des années. Les agriculteurs y ont commencé les travaux du sol et de semis en retard, après les pluies de novembre. Avec le retard et la rareté des précipitations qui ont suivi, ils commencent à penser à lâcher le bétail dans les champs pour ne pas tout perdre », affirme Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.
 
Ces agriculteurs cultivent les céréales pour survivre et alimenter leur bétail. En cas de mauvaise campagne, ils sont lourdement affectés comme en 2015-2016.
 
Les dégâts sont moins lourds dans la partie centre du Royaume (Chaouia, Doukkala…) qui a connu plus de précipitations. Les agriculteurs qui ont commencé le travail du sol et de semis à temps s’en sortent, mais leur situation n’est pas idéale car la vague de froid a affecté le processus de croissance des cultures.
 
Mais avec le retard des pluies en février, c’est l’hésitation qui règne actuellement. Les agriculteurs sont censés mener les travaux de désherbage (traitement des mauvaises herbes) et d’apport d’engrais de couverture (engrais azotés). « Apporter l’engrais sans pluie brûlerait les cultures. Les agriculteurs temporisent. S’il pleut durant les prochains jours la confiance se rétablira », précise notre expert.
 
Enfin, la situation est favorable dans la partie nord du Royaume (Saiss, Gharb…) qui a été bien arrosée.
 
En définitive, selon les remontées du terrain, l’état actuel de la campagne est variable selon les régions : il est bon à moyen dans les zones de production importante, mauvais ailleurs où l’agriculture est vivrière. Son évolution dépendra des conditions climatiques des prochaines semaines, pour les céréales mais aussi pour les légumineuses qui ont été semées après et bénéficié de moins de pluies.
 
On ne peut parler aujourd’hui de campagne compromise mais les risques sont là.

>>Lire aussi: Agriculture : la campagne céréalière est-elle compromise ?
 

Agriculture : risques sur la campagne céréalière 2018-2019

Le 16 février 2019 à11:50

Modifié le 16 février 2019 à 19:37

De faibles pluies sont attendues à partir de ce samedi. Mais le bilan pluviométrique est globalement défavorable en février, mois décisif dans le bon déroulement de la campagne céréalière. La situation demeure bonne dans la partie nord du Royaume qui a été bien arrosée, mitigée dans le centre et difficile ailleurs.

Dans le milieu rural et le monde agricole, c’est l’attentisme et l’hésitation qui règnent actuellement. Et ce après l'optimisme du démarrage de la campagne agricole. Les pluies se sont faites rares durant les deux premières semaines de février, après un mois de janvier qui a connu un retard des précipitations et une vague de froid.
 
Les prévisions météorologiques montrent qu’il devrait recommencer à pleuvoir à partir de ce samedi 16 février. Mais ces pluies devraient être courtes (jusqu’au mardi), faibles (quelques millimètres) et ne concerneraient que quelques zones du Royaume.
 
Pas d’autres précipitations prévues jusqu’à fin février, mois pourtant décisif dans le bon déroulement de la campagne céréalière.
 
Cette situation affecte surtout les régions au sud de la ligne charnière de Settat, peu productrices certes mais assurant la survie d’un nombre important de ménages ruraux.
 
« La situation est largement défavorable dans ces régions devenues presque semi-désertiques au fil des années. Les agriculteurs y ont commencé les travaux du sol et de semis en retard, après les pluies de novembre. Avec le retard et la rareté des précipitations qui ont suivi, ils commencent à penser à lâcher le bétail dans les champs pour ne pas tout perdre », affirme Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.
 
Ces agriculteurs cultivent les céréales pour survivre et alimenter leur bétail. En cas de mauvaise campagne, ils sont lourdement affectés comme en 2015-2016.
 
Les dégâts sont moins lourds dans la partie centre du Royaume (Chaouia, Doukkala…) qui a connu plus de précipitations. Les agriculteurs qui ont commencé le travail du sol et de semis à temps s’en sortent, mais leur situation n’est pas idéale car la vague de froid a affecté le processus de croissance des cultures.
 
Mais avec le retard des pluies en février, c’est l’hésitation qui règne actuellement. Les agriculteurs sont censés mener les travaux de désherbage (traitement des mauvaises herbes) et d’apport d’engrais de couverture (engrais azotés). « Apporter l’engrais sans pluie brûlerait les cultures. Les agriculteurs temporisent. S’il pleut durant les prochains jours la confiance se rétablira », précise notre expert.
 
Enfin, la situation est favorable dans la partie nord du Royaume (Saiss, Gharb…) qui a été bien arrosée.
 
En définitive, selon les remontées du terrain, l’état actuel de la campagne est variable selon les régions : il est bon à moyen dans les zones de production importante, mauvais ailleurs où l’agriculture est vivrière. Son évolution dépendra des conditions climatiques des prochaines semaines, pour les céréales mais aussi pour les légumineuses qui ont été semées après et bénéficié de moins de pluies.
 
On ne peut parler aujourd’hui de campagne compromise mais les risques sont là.

>>Lire aussi: Agriculture : la campagne céréalière est-elle compromise ?
 

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