Pourquoi le Maroc ne forme pas assez de médecins (Amzazi)

Le Maroc a besoin de trois fois plus de médecins. Or il n’en forme que 1.900 par an contre un objectif de 3.300. Pour Saaid Amzazi, on ne forme pas un médecin dans un amphithéâtre.

Pourquoi le Maroc ne forme pas assez de médecins (Amzazi)

Le 01 mars 2019 à 10:57

Modifié le 05 mars 2019 à 07:44

Le ministre de l’Education nationale s’exprimait lors de la session plénière 2019 de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, tenue le 26 février à Rabat sous le thème « ingénierie et médecine au service du diagnostic, de la prévention et de la thérapie ».
 
Lors de son intervention, Saaid Amzazi s’est arrêté sur la problématique de l’insuffisance du nombre de médecins au Maroc.
 
« Notre pays manque de médecins, c’est un fait avéré. Il fait partie des 57 pays du monde identifiés par l’OMS comme présentant une offre médicale insuffisante », reconnaît le ministre.
 
Selon les derniers chiffres du département de la Santé, le Maroc compte 8.442 généralistes (3.818 dans le public et 4.624 dans le privé) et 14.932 spécialistes (7.414 dans le public - 7.518 dans le privé).
 
Donc un total de 23.374, soit un ratio de 7,1 médecins pour 10.000 habitants au Maroc, contre 12 en Algérie et en Tunisie.
 
L’OMS recommande un minimum de 23 médecins pour 10.000 habitants. Ce qui veut dire que le Maroc a besoin au moins de trois fois plus de médecins.
 
Malgré ce déficit, les universités n'en forment que 1.900 par an, alors que la stratégie adoptée en 2007 vise la formation de 3.300 médecins annuellement, à l’horizon 2020. Et ce, même après la création des facultés de médecine de Tanger et Agadir (celle de Laâyoune est en construction et celle de Benslimane et à l’étude).

Trois nouveaux CHU pour atténuer le déficit

Pourquoi une telle situation ? Selon Saaid Amzazi, « on ne forme pas un médecin dans un amphithéâtre ».
 
« Nous sommes encore loi d’atteindre les objectifs car les bassins de stages qui devaient accueillir les étudiants au-delà de leurs deux premières années de médecine, notamment les CHU, faisaient cruellement défaut », explique le ministre.
 
Ce dernier s’est montré toutefois confiant en l’avenir. « Cette contrainte sera bientôt dépassée sachant que 3 nouveaux CHU sont en cours de construction et qu’une stratégie nationale, émanant du ministère de la Santé, ambitionne de doter chaque région de son propre CHU », conclut M. Amzazi.
 
Le Maroc compte actuellement 5 CHU : Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda.
 
Deux sont en cours de construction à Tanger et Agadir. Les travaux de construction du CHU de Laâyoune démarreront prochainement. La question reste posée pour les autres régions.
 

Pourquoi le Maroc ne forme pas assez de médecins (Amzazi)

Le 01 mars 2019 à10:57

Modifié le 05 mars 2019 à 07:44

Le Maroc a besoin de trois fois plus de médecins. Or il n’en forme que 1.900 par an contre un objectif de 3.300. Pour Saaid Amzazi, on ne forme pas un médecin dans un amphithéâtre.

Le ministre de l’Education nationale s’exprimait lors de la session plénière 2019 de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, tenue le 26 février à Rabat sous le thème « ingénierie et médecine au service du diagnostic, de la prévention et de la thérapie ».
 
Lors de son intervention, Saaid Amzazi s’est arrêté sur la problématique de l’insuffisance du nombre de médecins au Maroc.
 
« Notre pays manque de médecins, c’est un fait avéré. Il fait partie des 57 pays du monde identifiés par l’OMS comme présentant une offre médicale insuffisante », reconnaît le ministre.
 
Selon les derniers chiffres du département de la Santé, le Maroc compte 8.442 généralistes (3.818 dans le public et 4.624 dans le privé) et 14.932 spécialistes (7.414 dans le public - 7.518 dans le privé).
 
Donc un total de 23.374, soit un ratio de 7,1 médecins pour 10.000 habitants au Maroc, contre 12 en Algérie et en Tunisie.
 
L’OMS recommande un minimum de 23 médecins pour 10.000 habitants. Ce qui veut dire que le Maroc a besoin au moins de trois fois plus de médecins.
 
Malgré ce déficit, les universités n'en forment que 1.900 par an, alors que la stratégie adoptée en 2007 vise la formation de 3.300 médecins annuellement, à l’horizon 2020. Et ce, même après la création des facultés de médecine de Tanger et Agadir (celle de Laâyoune est en construction et celle de Benslimane et à l’étude).

Trois nouveaux CHU pour atténuer le déficit

Pourquoi une telle situation ? Selon Saaid Amzazi, « on ne forme pas un médecin dans un amphithéâtre ».
 
« Nous sommes encore loi d’atteindre les objectifs car les bassins de stages qui devaient accueillir les étudiants au-delà de leurs deux premières années de médecine, notamment les CHU, faisaient cruellement défaut », explique le ministre.
 
Ce dernier s’est montré toutefois confiant en l’avenir. « Cette contrainte sera bientôt dépassée sachant que 3 nouveaux CHU sont en cours de construction et qu’une stratégie nationale, émanant du ministère de la Santé, ambitionne de doter chaque région de son propre CHU », conclut M. Amzazi.
 
Le Maroc compte actuellement 5 CHU : Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès et Oujda.
 
Deux sont en cours de construction à Tanger et Agadir. Les travaux de construction du CHU de Laâyoune démarreront prochainement. La question reste posée pour les autres régions.
 

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