EN DIRECT. Les annonces de Abdellatif Jouahri à l'issue du Conseil de BAM

Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à l'issue du deuxième conseil de politique monétaire de l'année, tenu le 18 juin. Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale, tient à cette occasion son habituel point de presse trimestriel.

Le 18 juin 2019 à 16:10

Modifié le 18 juin 2019 à 19:00

Les prévisions de la Banque centrale sont globalement défavorables pour 2019. Elle prévoit une inflation faire de 0,6% en 2019, un ralentissement de la croissance à 2,8%, une hausse modérée de 3,5% du crédit bancaire au secteur non financier, une aggravation du déficit budgétaire à 4,1% du PIB et une stabilisation des réserves internationales nettes.

Une amélioration de la situation économique est attendue en 2020.

Voici les principales annonces de Abdellatif Jouahri lors du point de presse du conseil de mars 2019:

- Tendance à l'amélioration de la valeur ajoutée non agricole. Nous nous dirigeons lentement vers le taux de croissance de 4% d'il y a quelques années : 3,6% attendu en 2019 après 2,6% en 2018, et 3,9% prévu en 2020. 

- Le démarrage de l'usine PSA au deuxième semestre 2019 va accélérer les exportations automobiles et contribuer à l'atténuation du déficit commercial.

- Le dialogue social va aggraver le déficit budgétaire à 4,1% du PIB hors recettes des privatisations en 2019.

- La dette publique devrait passer de 81,4% du PIB en 2018 à 81,8% du PIB en 2019 avant de revenir à 80,5% en 2020.

- Baisser la réserve monétaire obligatoire des banques qui est de 4% (entre 70 et 80 milliards de DH) n'aura pas un impact significatif sur la relance économique. BAM alimente déjà suffisamment les banques en avances. Le déficit de liquidité des banques n'a pas connu une aggravation marquée.

Nous gardons cette touche du piano pour activer une autre politique, à savoir le lancement de la stratégie nationale d'inclusion financière. Les banques qui feront des efforts dans le cadre de cette stratégie bénéficieront de cette carotte.

- Une prévision de croissance de 3,6% en 2019 pour le non agricole, est-ce trop optimiste ? L'amélioration des revenus dans le cadre du dialogue social peut booster la consommation des ménages.

- Finance participative : Tous les avis du Conseil supérieur des oulémas sont basés sur des preuves chariatiques et des argumentaires même si ces dernières ne sont pas détaillées publiquement. Quand le CSO n'est pas d'accord sur quelque chose il ne sort pas d'avis. BAM assure simplement le secrétariat après la réception des fatwas.

- Banques participatives : environ 1,5 milliard de DH de dépôts, 6,5 milliards de DH de financements. C'est moins de 1% de part de marché. Le chemin reste long et c'est normal. Nous venons à peine de finaliser les contrats des comptes d'investissement. Il n'y a aucune restriction de notre part pour freiner le développement de ce marché.

- Tifinagh sur les pièces et billets de banque : Constitutionnellement, la loi organique sur l'Amazigh est de rang supérieur à la loi portant statut de BAM. L'amendement de celle-ci pour introduire le Tifinagh ne pouvait être adopté avant la loi organique. Nous ne voulons pas entrer dans des considérations politiques.

- Elargissement de la bande de fluctuation du dirham : le FMI estimait qu'il y a une fenêtre de tir. BAM a répondu qu'il préfère attendre que les éléments précurseurs de chocs économiques soient visibles pour passer à la deuxième phase, car les opérateurs peuvent croire qu'il y a des fragilités économiques qu'on occulte. Le FMI a pondéré sa position et certains de ses dirigeants partagent notre avis.

- Cession de 8% de Maroc Telecom: J'ai été reconduit à la tête de l'organisme d'évaluation, nous avons tenu nos réunions et mené notre analyse sur la base de laquelle nous avons fixé un prix minimum (125 DH). C'est le ministre des finances qui préside la commission des transferts qui fixe le prix définitifs. Le timing était serré. 

- Crypto-monnaies : Nous avons une feuille de route digitale qui traite de ce sujet. Nous avons décidé de nous rapprocher des Banques centrales qui réfléchissent ou qui ont décidé de lancer leurs crypto-monnaies pour nous préparer. Cela ne veut pas dire qu'on va lancer la nôtre demain. C'est pour surveiller et être prêt.

- Développement des banques en Afrique : Nous sommes conscients des risques. Mais nous sommes présents dans 27 pays. Nous avons mis en place un comité Afrique que je préside moi-même. Nous exigeons un programme d'ouverture triennal pour évaluer les impacts et les risques. Nous signons aussi des accords avec les régulateurs des pays d'accueil pour l'échange des données et même pour mener des contrôles communs.

Maintenant nous passons à un autre stade : mesure le risque d'une crise transfrontalière. Il y a un suivi de façon particulières.

La position Afrique des banques ne pèse pas lourd.

Les dividendes sont remontés aux maisons-mères, dans le respect de la réglementation des changes du Maroc et des pays d'accueil.

- Relance du crédit bancaire aux entreprises : les banques ont commencé à communiquer verbalement la notation de crédit à la clientèle. Car après consultation juridique, le GPBM a conclu que fournir un document écrit engage la responsabilité de la banque surtout en cas de dégradation de la notation.

- Délais de paiement : L'Observatoire national planche sur les chiffres qu'il va publier dans son premier rapport. Pour le fonds de restructuration du tissu industriel, nous avons saisi le ministre des finances à qui on a proposé de mettre en place un comité public-privé pour tracer la feuille de route.

- Sortie du Trésor à l'international : l'opération de 2019 portant sur 1 milliard d'euros est toujours d'actualité.

- Evaluation des actifs immobiliers des banques : la circulaire de BAM est en cours de finalisation.

EN DIRECT. Les annonces de Abdellatif Jouahri à l'issue du Conseil de BAM

Le 18 juin 2019 à16:15

Modifié le 18 juin 2019 à 19:00

Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à l'issue du deuxième conseil de politique monétaire de l'année, tenu le 18 juin. Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale, tient à cette occasion son habituel point de presse trimestriel.

Les prévisions de la Banque centrale sont globalement défavorables pour 2019. Elle prévoit une inflation faire de 0,6% en 2019, un ralentissement de la croissance à 2,8%, une hausse modérée de 3,5% du crédit bancaire au secteur non financier, une aggravation du déficit budgétaire à 4,1% du PIB et une stabilisation des réserves internationales nettes.

Une amélioration de la situation économique est attendue en 2020.

Voici les principales annonces de Abdellatif Jouahri lors du point de presse du conseil de mars 2019:

- Tendance à l'amélioration de la valeur ajoutée non agricole. Nous nous dirigeons lentement vers le taux de croissance de 4% d'il y a quelques années : 3,6% attendu en 2019 après 2,6% en 2018, et 3,9% prévu en 2020. 

- Le démarrage de l'usine PSA au deuxième semestre 2019 va accélérer les exportations automobiles et contribuer à l'atténuation du déficit commercial.

- Le dialogue social va aggraver le déficit budgétaire à 4,1% du PIB hors recettes des privatisations en 2019.

- La dette publique devrait passer de 81,4% du PIB en 2018 à 81,8% du PIB en 2019 avant de revenir à 80,5% en 2020.

- Baisser la réserve monétaire obligatoire des banques qui est de 4% (entre 70 et 80 milliards de DH) n'aura pas un impact significatif sur la relance économique. BAM alimente déjà suffisamment les banques en avances. Le déficit de liquidité des banques n'a pas connu une aggravation marquée.

Nous gardons cette touche du piano pour activer une autre politique, à savoir le lancement de la stratégie nationale d'inclusion financière. Les banques qui feront des efforts dans le cadre de cette stratégie bénéficieront de cette carotte.

- Une prévision de croissance de 3,6% en 2019 pour le non agricole, est-ce trop optimiste ? L'amélioration des revenus dans le cadre du dialogue social peut booster la consommation des ménages.

- Finance participative : Tous les avis du Conseil supérieur des oulémas sont basés sur des preuves chariatiques et des argumentaires même si ces dernières ne sont pas détaillées publiquement. Quand le CSO n'est pas d'accord sur quelque chose il ne sort pas d'avis. BAM assure simplement le secrétariat après la réception des fatwas.

- Banques participatives : environ 1,5 milliard de DH de dépôts, 6,5 milliards de DH de financements. C'est moins de 1% de part de marché. Le chemin reste long et c'est normal. Nous venons à peine de finaliser les contrats des comptes d'investissement. Il n'y a aucune restriction de notre part pour freiner le développement de ce marché.

- Tifinagh sur les pièces et billets de banque : Constitutionnellement, la loi organique sur l'Amazigh est de rang supérieur à la loi portant statut de BAM. L'amendement de celle-ci pour introduire le Tifinagh ne pouvait être adopté avant la loi organique. Nous ne voulons pas entrer dans des considérations politiques.

- Elargissement de la bande de fluctuation du dirham : le FMI estimait qu'il y a une fenêtre de tir. BAM a répondu qu'il préfère attendre que les éléments précurseurs de chocs économiques soient visibles pour passer à la deuxième phase, car les opérateurs peuvent croire qu'il y a des fragilités économiques qu'on occulte. Le FMI a pondéré sa position et certains de ses dirigeants partagent notre avis.

- Cession de 8% de Maroc Telecom: J'ai été reconduit à la tête de l'organisme d'évaluation, nous avons tenu nos réunions et mené notre analyse sur la base de laquelle nous avons fixé un prix minimum (125 DH). C'est le ministre des finances qui préside la commission des transferts qui fixe le prix définitifs. Le timing était serré. 

- Crypto-monnaies : Nous avons une feuille de route digitale qui traite de ce sujet. Nous avons décidé de nous rapprocher des Banques centrales qui réfléchissent ou qui ont décidé de lancer leurs crypto-monnaies pour nous préparer. Cela ne veut pas dire qu'on va lancer la nôtre demain. C'est pour surveiller et être prêt.

- Développement des banques en Afrique : Nous sommes conscients des risques. Mais nous sommes présents dans 27 pays. Nous avons mis en place un comité Afrique que je préside moi-même. Nous exigeons un programme d'ouverture triennal pour évaluer les impacts et les risques. Nous signons aussi des accords avec les régulateurs des pays d'accueil pour l'échange des données et même pour mener des contrôles communs.

Maintenant nous passons à un autre stade : mesure le risque d'une crise transfrontalière. Il y a un suivi de façon particulières.

La position Afrique des banques ne pèse pas lourd.

Les dividendes sont remontés aux maisons-mères, dans le respect de la réglementation des changes du Maroc et des pays d'accueil.

- Relance du crédit bancaire aux entreprises : les banques ont commencé à communiquer verbalement la notation de crédit à la clientèle. Car après consultation juridique, le GPBM a conclu que fournir un document écrit engage la responsabilité de la banque surtout en cas de dégradation de la notation.

- Délais de paiement : L'Observatoire national planche sur les chiffres qu'il va publier dans son premier rapport. Pour le fonds de restructuration du tissu industriel, nous avons saisi le ministre des finances à qui on a proposé de mettre en place un comité public-privé pour tracer la feuille de route.

- Sortie du Trésor à l'international : l'opération de 2019 portant sur 1 milliard d'euros est toujours d'actualité.

- Evaluation des actifs immobiliers des banques : la circulaire de BAM est en cours de finalisation.

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