img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Jouahri: Il y a un problème de visibilité et de confiance, pas de taux directeur

A l'issue du 3e conseil de politique monétaire de l'année, tenu le 24 septembre, Bank Al-Maghrib a maintenu inchangé son taux directeur mais a baissé le taux de la réserve monétaire obligatoire. Abdellatif Jouahri, wali de la Banque centrale, tient à cette occasion son habituel point de presse trimestriel.

Par
Le 24 septembre 2019 à 15h10 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

La baisse du taux de la réserve monétaire obligatoire intervient suite à l'aggravation du déficit de liquidités des banques engendré par la hausse de la circulation fiduciaire.

Le cash qui sort du système bancaire est en partie derrière le ralentissement des dépôts qui augmentent désormais plus faiblement que les crédits. Une situation qui préoccupe la Banque centrale.

Voici les principales annonces de Abdellatif Jouahri lors du point de presse du conseil de ce mardi 24 septembre :

- La baisse du taux de la réserve monétaire obligatoire de 4% à 2% se traduira par l'injection de 11 milliards de DH dans le système bancaire pour faire face au creusement du déficit de liquidités.

- Ralentissement des dépôts bancaires: ça a attiré notre attention. On est passé de 6% de hausse il y a 2 ans à 3,5% aujourd'hui. En même temps le cash augmente : on est passé de 10 milliards de DH de hausse par an à 17 milliards de DH aujourd'hui.

Nous avons demandé aux banques de regarder de plus près ces évolutions qui concernent notamment les MRE. Toutefois, je peux vous dire qu'en termes de billets de banque étrangers que nous recevons l'année 2019 n'est pas très mauvaise.

Nous préférons quand même analyser la situation. Il est clair que les mesures de lutte contre le blanchiment d'argent sont plus lourdes et peuvent être en partie à l'origine de cette situation. Mais nous voulons approfondir et nous n'allons pas rester les bras croisés.

La stratégie nationale de l'inclusion financière vise en grande partie la réduction de la circulation du cash. En termes de paiement mobile par exemple, nous avançons.

- L'externalisation des créances en souffrance vers des structures de défaisance pour soulager les bilans des banques et augmenter leur capacité de distribution de crédit : les études avancent, il y a différentes façon d'opérer, plusieurs partenaires.

- Déficit budgétaire: 3,7% du PIB en 2019 est toujours possible. Et l'Etat peut faire moins de 3,5% en 2020. Le ministère des Finances a la volonté ferme de respecter les termes de la ligne de précaution et de liquidité du FMI.

- Maintien du taux directeur: Dans le rapport annuel présenté au Roi, j'ai dit que certains appellent à une politique monétaire plus souple. Mais j'ai dit qu'il faut rester vigilant par rapport à la dette publique. Il ne faut pas hypothéquer l'avenir des générations futures par un endettement excessif.

Nous faisons régulièrement des enquêtes de demande de crédit, et on voit ce qu'il y a, côté offre et demande. Nous savons si une baisse du taux aura un impact ou non.

Quand nous avons baissé le taux en 2014 à 2,25%, le crédit n'a pas augmenté, malgré toute la politique accomodante de BAM.

Quand vous baissez un taux, les banques baissent automatiquement les taux créditeurs servis aux épargnants. Mais pour les taux débiteurs (crédits) elles prennent du temps. Finalement, l'épargnant est pénalisé.

Les détracteurs de la politique de BAM n'ont qu'à présenter leurs modèles. Regardez ce qui s'est passé avec la réforme du régime de change. Tout le monde disait que le dirham allait baisser, ce qui s'est avéré faux.

Il faut voir toutes les composantes d'une décision. Nos modèles prennent en compte plusieurs paramètres. Ce sont les mêmes que ceux utilisés par les plus grandes banques centrales.

Le problème est peut être un problème de visibilité, de confiance. Il faut avoir une vision plus globale.

- Déficit de liquidités : BAM est disposée à fournir aux banques toutes les liquidités dont elles ont besoin pour financer l'économie, s'il y a une reprise de l'activité.

- Qui a profité de la baisse des taux d'intérêt depuis 2016 : le ministère des Finances est présent dans le conseil, mais ne statue pas sur la politique monétaire. L'Etat ne peut donc pas influer pour avoir des taux profitables. Par contre l'Etat vient sur le marché des adjudications et subit les lois de l'offre et de la demande.

La politique monétaire prend en compte le contexte global et non pas les besoins d'un seul agent économique.

- Le fiscal prend-il la relève du monétaire dans la relance économique ? Durant la réunion tripartite CGEM-BAM-GPBM, le problème des arriérés de TVA a été évoqué. Il a été résolu et c'est une bonne chose. Il reste le problème des délais de paiement et du crédit inter-entreprise qui n'est toujours pas résolu.

Je ne pense pas que l'on puisse parler de relève du fiscal. On se tourne vers l'Etat quand il y a des marges budgétaires. Au Maroc ce n'est pas le cas. L'Etat est déficitaire et il veut maîtriser son déficit. Il ne fait que rembourser ce qu'il doit aux entreprises.

Le taux d'endettement du Trésor et le revenu par tête d'habitant au Maroc limitent les marges de manœuvre en termes de levées de fonds et de relance par le budget. La seule marge réside dans le ciblage de la dépense publique.

- Elargissement de la bande de fluctuation du dirham: Le FMI dit qu'il y a une fenêtre ouverte mais les autorités marocaines sont mieux outillées pour savoir quand passer à l'acte.

Je vous avais dit que nous attendons que les opérateurs économiques assimilent le démarrage de la réforme et les outils de protection auxquels ils doivent recourir. Nous avons tenu des réunions avec les banques et nous avons constaté qu'il y a encore un travail à faire.

Par ailleurs, avec le ministre des Finances, nous attendons l'élaboration de la loi de finances 2020 pour voir le contexte et nous prendrons ensemble la décision.

- Interopérabilité dans le paiement mobile: Le switch national est là, nous avons donné 15 agréments, les banques nous ont demandé d'attendre. L'interopérabilité a bien fonctionné entre quelques opérateurs, mais il y a encore tout l'écosystème qui doit se mettre en place : intégrer les commerçants, sensibiliser le consommateurs, régler les problèmes fiscaux...

Il y a déjà 360.000 wallets (portefeuille électronique) ouverts. C'est un bon début.

- Faillite de Thomas Cook: Nous n'avons pas pris en compte ce paramètre dans les prévisions d'évolution des réserves en devises car la nouvelle vient de tomber. Mais nous savons que dans ce genre de cas, la faille d'un opérateur profite aux autres.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 septembre 2019 à 15h10

à lire aussi

Centrale Danone mise sur l’intelligence terrain pour soutenir l’élevage laitier
SIAM 2026

Article : Centrale Danone mise sur l’intelligence terrain pour soutenir l’élevage laitier

Face aux défis climatiques et économiques, Centrale Danone déploie au Maroc deux programmes complémentaires. Entre formation et accompagnement opérationnel, Milk Academy et Dawam placent les éleveurs au cœur d’un modèle plus résilient et durable.

Arbitrage : dix ans après son lancement, le CIMAC fait son bilan
DROIT

Article : Arbitrage : dix ans après son lancement, le CIMAC fait son bilan

À l'occasion du dixème anniversaire de sa création, le CIMAC présente son bilan et ambitionne de renforcer son positionnement sur la scène internationale de l’arbitrage. Tout au long des Casablanca Arbitration Days, le Centre met en avant ses ambitions et ses partenariats pour accompagner la montée en puissance de Casablanca comme hub juridique africain.

SIAM 2026 : Al Moutmir, un accompagnement agricole fondé sur la science et l’innovation
SIAM 2026

Article : SIAM 2026 : Al Moutmir, un accompagnement agricole fondé sur la science et l’innovation

À l’occasion de la 18ᵉ édition du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), Al Moutmir a mis en avant une approche intégrée de l’accompagnement agricole, fondée sur la science, l’innovation et la proximité terrain, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, du sol à l’amélioration durable des performances de l’exploitation.

Prières juives face aux remparts de Marrakech : derrière la polémique, une pratique déjà connue
SOCIETE

Article : Prières juives face aux remparts de Marrakech : derrière la polémique, une pratique déjà connue

Filmées le 21 avril près de Bab Doukkala, les séquences virales montrent des fidèles du courant hassidique Satmar, venus de New York, en halte de vingt-quatre à quarante-huit heures pour se recueillir sur les tombes de figures religieuses locales. Selon la communauté juive de Marrakech, ces passages ponctuels, sans lien avec le site lui-même, s’inscrivent dans des circuits de pèlerinage réguliers.

Ancienne filiale de Sothema, Azerys porte son capital à 47 MDH sous l’ère Syensqo
BUSINESS

Article : Ancienne filiale de Sothema, Azerys porte son capital à 47 MDH sous l’ère Syensqo

Ancienne filiale de Sothema, aujourd’hui détenue par le groupe belge Syensqo, Azerys engage une nouvelle phase de restructuration avec une hausse significative de son capital social, un renouvellement de son conseil d’administration et une réorganisation de son actionnariat.

Urbanisme. Agadir approuve deux nouveaux plans d’aménagement
Architecture et urbanisme

Article : Urbanisme. Agadir approuve deux nouveaux plans d’aménagement

Le ministère de l'Aménagement du territoire national, de l'urbanisme, de l'habitat et de la politique de la ville a récemment approuvé deux plans d'aménagement relatifs à la zone d'Agadir Nord et au nouveau pôle urbain de la Cité de la santé, des sports et de l'urbanité.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité