L’agro-industrie n’a pas échappé à la crise

Le secteur agroalimentaire est perçu comme un des secteurs qui n'ont pas été touchés par la crise du Covid. Une fausse perception selon les professionnels du secteur pour qui l’impact de la pandémie a été assez sévère sur plusieurs pans de l'activité.

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L’agro-industrie n’a pas échappé à la crise

Le 31 octobre 2020 à 16:07

Modifié le 02 novembre 2020 à 20:06

Connu pour être un secteur défensif, le secteur agro-alimentaire est perçu par l’opinion publique et même les décideurs comme un secteur qui a été épargné par la crise. Certains allant même jusqu’à dire que c’est l’un des gagnants de cette pandémie.

Cette perception vient du fait que les rayons des grandes surfaces n’ont pas désempli. Et crise ou pas crise, les gens ont continué à consommer différents produits agroalimentaires, sucre, huile, farine, couscous, pâtes… L’agro-alimentaire étant considéré comme une sorte de dépense incompressible pour les ménages.

 « L’agro-alimentaire ne fait pas exception »

Contacté par Médias24, le président la fédération de l’industrie agro-alimentaire (FENAGRI), Abdelmounim El Eulj, réfute cette thèse. « La pandémie que nous vivons actuellement a engendré une conjoncture particulièrement difficile ayant impacté l’économie nationale dans sa globalité, et notre secteur de l'agroalimentaire ne fait absolument pas l’exception », nous dit-il.

Dans ses propositions de relance faites au gouvernement début juin, la CGEM notait dans une étude détaillée que les entreprises du secteur avaient perdu plus de 30% de leur chiffre d’affaires depuis le début du confinement. L’impact sur l’emploi a été également de la même ampleur selon l’enquête du patronat, avec une baisse des effectifs de 30,27% par rapport à la période d’avant confinement.  

Des effets que le déconfinement n’a pas pu limiter selon le président de la Fenagri. « Après 7 mois de l’entrée en vigueur du confinement sanitaire (20 mars dernier), la demande sur le marché peine à reprendre et ce, pour plusieurs raisons, dont principalement les retombées négatives sur le pouvoir d’achat et la lenteur dans la reprise de la plupart des clients de nos entreprises », explique M. El Eulj.

Car si l'agro-alimentaire est destiné pour une partie au consommateur final, le secteur travaille aussi avec des entreprises qui, elles, ont été touchées de plein fouet par la crise. Le président de la Fengari cite l’exemple des hôtels, des restaurants, des snacks, des établissements scolaires, des souks ruraux… qui sont de gros débouchés pour l’ensemble des filières du secteur.

En plus de la baisse de la demande de manière générale due à la baisse du pouvoir d’achat des ménages, les mesures de restriction appliquées à ces activités même après le déconfinement ont ainsi empêché la relance de l’industrie agro-alimentaire.

« Cette latence constatée dans la demande a impacté bien évidemment l’offre et par conséquent une vraie relance du secteur. Et comme conséquence, le chiffre d’affaires de nos entreprises a été sérieusement impacté et cet impact demeure bien évidemment variable selon les filières agroalimentaires sans oublier l’effet cascade de cet impact sur les autres composantes de l’écosystème (emballage, commerce B to B….). Cette situation engendre une pression sur l’état financier de nos entreprises », explique le président de la Fenagri.

Un effet boule de neige sur l’agriculture et l’export

C’est donc toute une chaîne de valeur qui a été touchée. Une chaîne qui pèse gros dans l’économie marocaine selon notre source : « L’industrie agro-alimentaire regroupe actuellement plus de 2.000 entreprises avec une prédominance des TPE et des PME. Elle représente aussi le principal débouché du secteur agricole et l’un des secteurs moteurs de l’économie marocaine. Elle contribue à près de 30% à la valeur ajoutée industrielle et à près de 25% à l’emploi industriel (plus de 150.000 emplois) », rappelle M. El Eulj.

Comprendre : si l’industrie agro-alimentaire souffre, l’agriculture ne sera pas épargnée non plus. Car les entreprises du secteur travaillent toutes en amont avec les agriculteurs. Moins d’activité pour l’industrie, c’est donc moins de revenus pour les agriculteurs, qui en plus du Covid, souffrent de deux années consécutives de sécheresse, et vivent encore sous la menace d’une nouvelle année de vaches maigres.

Autre effet souligné par M. El Eulj : les exportations, dont le secteur de l’agro-industrie reste un des moteurs essentiels. « Les exportations agroalimentaires représentent en valeur 12% des exportations industrielles et les investissements dans ce secteur s'élèvent à près de 25% du total des investissements industriels. Notre industrie hisse le Maroc au 3ème rang des exportateurs des produits agroalimentaires au sein de la région MENA et au 4ème rang sur le continent africain », précise-t-il.

De quel ordre baisseront les exportations du secteur cette année ? La Fenagri ne nous a pas fourni de chiffres exacts.

Impact variable selon les filières

Il faut dire aussi que le secteur n’est pas uniforme, et englobe plusieurs filières. Si la filière sucre ou huile par exemple ne souffrirait pas trop de la crise, selon plusieurs analystes financiers, des entreprises qui elles sont plus exposées à l’export verront leur volume d’affaires s’effriter. C’est le cas des exportateurs d’huile d’olive, de conserves de poisson et autres produits agro-industriels.

Le cas d’Unimer, société cotée en Bourse et grand exportateur de conserves de poisson est très parlant : son chiffre d’affaire sur le premier semestre a chuté de 27%, en raison de la baisse des ventes à l’international causée par le confinement de plusieurs pays clients mais aussi par la baisse de la production qui a connu un fonctionnement intermittent durant la période de de confinement.

Même situation pour Dari Couspate. Le producteur de couscous et de pâtes a certes bénéficié d’un effet d’achat de masse sur le marché local au début du confinement (effet de stockage), mais il a dû constater une baisse de ses bénéfices de plus de 5,6% sur les six premiers mois de l’année.

Ce qui n’est pas le cas de Cosumar, qui elle se montre vraiment résiliente en raison de la nature du produit qu’elle commercialise : le sucre, un produit de première nécessité qui défie les crises. Et ce aussi bien sur le marché local qu’à l’export.

Le chiffre d’affaires consolidé du groupe affiche d’ailleurs au premier semestre 2020 une croissance de 3,8%. Une progression que la firme explique dans sa communication financière par la croissance de 20% de ses volumes à l’export et ce, malgré les contraintes logistiques.

Autre cas, celui de Lesieur Cristal, leader des huiles alimentaires au Maroc. Même si son chiffre d’affaires a augmenté de 6% au premier semestre, l’entreprise reconnaît dans sa communication financière avoir été touchée par la crise par le biais de « l’instabilité du marché et des cours des matières premières » ainsi « qu’un essoufflement de la demande dès le mois de juin ». Ce qui a plombé ses bénéfices qui ont baissé de plus de 30% sur les six premiers mois de l’année.

« Les entreprises qui commercialisent des produits de première nécessité ont bénéficié d’un effet de stockage à partir de mars, la population ayant acheté massivement du sucre, de l’huile, du couscous, des pâtes dès les premières annonces de l’urgence sanitaire et du confinement. Mais cet effet s’est estompé et la demande s’est essoufflée à partir de mai-juin. Les résultats annuels seront plus parlants quant à l’impact global de la crise, car pour l’instant les chiffres du premier semestre sont faussés par cet effet de stockage », nous explique un analyste financier.

Les mesures de relance que proposent les professionnels

Mais quelle que soit la filière, la crise est bien là. Et risque de s'installer dans la durée. Pour la contrer, les professionnels du secteur toutes branches confondues sont unanimes à dire que l’une des pistes de relance est le « consommer marocain » et « l’import substitution ».

Un sujet qui a été justement discuté cette semaine entre les représentants de la Fenagri et le ministère de l’Industrie, qui fait justement de l’import substitution un des principaux axes de la relance industrielle du pays.

Une politique qui ne peut se faire toutefois sans une montée en compétitivité des acteurs marocains, comme le reconnaît le président de la Fenagri. Car finalement, le consommateur reste maître de ce qu’il achète. Et le couple qualité/prix reste le principal déterminant d’achat dans le secteur.

« Notre secteur a besoin de multiplier les efforts à plusieurs niveaux et ce, afin de renforcer sa compétitivité et répondre aux exigences aussi bien du consommateur national qu’étranger », estime M. El Eulj qui signale également que les opportunités d’investissement restent énormes, vu que « le taux actuel d’intégration amont-aval mérite d’être amélioré tout au long des chaines de valeur ». 

En plus du « consommer marocain », très à la mode par ces temps de Covid, les acteurs du secteur ont présenté au gouvernement plusieurs recommandations pour une relance des différentes filières. Comme la réduction de la TVA sur les produits alimentaires transformés qui sont soumis actuellement au taux de 20%. La Fenagri veut faire passer ce taux à 10%, avec l’engagement d’impacter cette baisse sur les prix de vente au consommateur.

Une baisse, expliquent-ils, qui ne doit pas être appliquée à tous les produits. Car on imagine mal en effet que le gouvernement concède une baisse de TVA sur les limonades par exemple… 

Pour les boissons, cette baisse de TVA doit être limitée aux eaux de table, proposent-ils. Quant aux pâtes et au couscous qui sont soumis à une TVA de 10%, la Fenagri propose tout simplement de l’annuler complètement.

Pour la filière biscuits, les entreprises du secteur souhaitent une baisse des droits d’importation des intrants pour combler leur déficit de compétitivité face à la concurrence étrangère, notamment turque, tout en ajustant les droits de douane sur les produits finis pour orienter la consommation vers le produit local.

Autre filière, celles des conserves de poisson, où les professionnels ont exigé dès juin l'annulation des droits de douane sur les intrants ainsi que la suspension des exportations de pélagiques pendant quelques mois, histoire de réapprovisionner les usines marocaines, plutôt que les usines étrangères, en poissons congelés. Une mesure qui vise à « organiser la reprise à 100% de la pêche côtière artisanale contre 30% actuellement ».

Des mesures qui ne sont pas contenues dans l’actuel projet de loi de finances et qui seraient selon nos sources toujours en discussion avec les pouvoirs publics.

L’agro-industrie n’a pas échappé à la crise

Le 31 octobre 2020 à16:59

Modifié le 02 novembre 2020 à 20:06

Le secteur agroalimentaire est perçu comme un des secteurs qui n'ont pas été touchés par la crise du Covid. Une fausse perception selon les professionnels du secteur pour qui l’impact de la pandémie a été assez sévère sur plusieurs pans de l'activité.

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Connu pour être un secteur défensif, le secteur agro-alimentaire est perçu par l’opinion publique et même les décideurs comme un secteur qui a été épargné par la crise. Certains allant même jusqu’à dire que c’est l’un des gagnants de cette pandémie.

Cette perception vient du fait que les rayons des grandes surfaces n’ont pas désempli. Et crise ou pas crise, les gens ont continué à consommer différents produits agroalimentaires, sucre, huile, farine, couscous, pâtes… L’agro-alimentaire étant considéré comme une sorte de dépense incompressible pour les ménages.

 « L’agro-alimentaire ne fait pas exception »

Contacté par Médias24, le président la fédération de l’industrie agro-alimentaire (FENAGRI), Abdelmounim El Eulj, réfute cette thèse. « La pandémie que nous vivons actuellement a engendré une conjoncture particulièrement difficile ayant impacté l’économie nationale dans sa globalité, et notre secteur de l'agroalimentaire ne fait absolument pas l’exception », nous dit-il.

Dans ses propositions de relance faites au gouvernement début juin, la CGEM notait dans une étude détaillée que les entreprises du secteur avaient perdu plus de 30% de leur chiffre d’affaires depuis le début du confinement. L’impact sur l’emploi a été également de la même ampleur selon l’enquête du patronat, avec une baisse des effectifs de 30,27% par rapport à la période d’avant confinement.  

Des effets que le déconfinement n’a pas pu limiter selon le président de la Fenagri. « Après 7 mois de l’entrée en vigueur du confinement sanitaire (20 mars dernier), la demande sur le marché peine à reprendre et ce, pour plusieurs raisons, dont principalement les retombées négatives sur le pouvoir d’achat et la lenteur dans la reprise de la plupart des clients de nos entreprises », explique M. El Eulj.

Car si l'agro-alimentaire est destiné pour une partie au consommateur final, le secteur travaille aussi avec des entreprises qui, elles, ont été touchées de plein fouet par la crise. Le président de la Fengari cite l’exemple des hôtels, des restaurants, des snacks, des établissements scolaires, des souks ruraux… qui sont de gros débouchés pour l’ensemble des filières du secteur.

En plus de la baisse de la demande de manière générale due à la baisse du pouvoir d’achat des ménages, les mesures de restriction appliquées à ces activités même après le déconfinement ont ainsi empêché la relance de l’industrie agro-alimentaire.

« Cette latence constatée dans la demande a impacté bien évidemment l’offre et par conséquent une vraie relance du secteur. Et comme conséquence, le chiffre d’affaires de nos entreprises a été sérieusement impacté et cet impact demeure bien évidemment variable selon les filières agroalimentaires sans oublier l’effet cascade de cet impact sur les autres composantes de l’écosystème (emballage, commerce B to B….). Cette situation engendre une pression sur l’état financier de nos entreprises », explique le président de la Fenagri.

Un effet boule de neige sur l’agriculture et l’export

C’est donc toute une chaîne de valeur qui a été touchée. Une chaîne qui pèse gros dans l’économie marocaine selon notre source : « L’industrie agro-alimentaire regroupe actuellement plus de 2.000 entreprises avec une prédominance des TPE et des PME. Elle représente aussi le principal débouché du secteur agricole et l’un des secteurs moteurs de l’économie marocaine. Elle contribue à près de 30% à la valeur ajoutée industrielle et à près de 25% à l’emploi industriel (plus de 150.000 emplois) », rappelle M. El Eulj.

Comprendre : si l’industrie agro-alimentaire souffre, l’agriculture ne sera pas épargnée non plus. Car les entreprises du secteur travaillent toutes en amont avec les agriculteurs. Moins d’activité pour l’industrie, c’est donc moins de revenus pour les agriculteurs, qui en plus du Covid, souffrent de deux années consécutives de sécheresse, et vivent encore sous la menace d’une nouvelle année de vaches maigres.

Autre effet souligné par M. El Eulj : les exportations, dont le secteur de l’agro-industrie reste un des moteurs essentiels. « Les exportations agroalimentaires représentent en valeur 12% des exportations industrielles et les investissements dans ce secteur s'élèvent à près de 25% du total des investissements industriels. Notre industrie hisse le Maroc au 3ème rang des exportateurs des produits agroalimentaires au sein de la région MENA et au 4ème rang sur le continent africain », précise-t-il.

De quel ordre baisseront les exportations du secteur cette année ? La Fenagri ne nous a pas fourni de chiffres exacts.

Impact variable selon les filières

Il faut dire aussi que le secteur n’est pas uniforme, et englobe plusieurs filières. Si la filière sucre ou huile par exemple ne souffrirait pas trop de la crise, selon plusieurs analystes financiers, des entreprises qui elles sont plus exposées à l’export verront leur volume d’affaires s’effriter. C’est le cas des exportateurs d’huile d’olive, de conserves de poisson et autres produits agro-industriels.

Le cas d’Unimer, société cotée en Bourse et grand exportateur de conserves de poisson est très parlant : son chiffre d’affaire sur le premier semestre a chuté de 27%, en raison de la baisse des ventes à l’international causée par le confinement de plusieurs pays clients mais aussi par la baisse de la production qui a connu un fonctionnement intermittent durant la période de de confinement.

Même situation pour Dari Couspate. Le producteur de couscous et de pâtes a certes bénéficié d’un effet d’achat de masse sur le marché local au début du confinement (effet de stockage), mais il a dû constater une baisse de ses bénéfices de plus de 5,6% sur les six premiers mois de l’année.

Ce qui n’est pas le cas de Cosumar, qui elle se montre vraiment résiliente en raison de la nature du produit qu’elle commercialise : le sucre, un produit de première nécessité qui défie les crises. Et ce aussi bien sur le marché local qu’à l’export.

Le chiffre d’affaires consolidé du groupe affiche d’ailleurs au premier semestre 2020 une croissance de 3,8%. Une progression que la firme explique dans sa communication financière par la croissance de 20% de ses volumes à l’export et ce, malgré les contraintes logistiques.

Autre cas, celui de Lesieur Cristal, leader des huiles alimentaires au Maroc. Même si son chiffre d’affaires a augmenté de 6% au premier semestre, l’entreprise reconnaît dans sa communication financière avoir été touchée par la crise par le biais de « l’instabilité du marché et des cours des matières premières » ainsi « qu’un essoufflement de la demande dès le mois de juin ». Ce qui a plombé ses bénéfices qui ont baissé de plus de 30% sur les six premiers mois de l’année.

« Les entreprises qui commercialisent des produits de première nécessité ont bénéficié d’un effet de stockage à partir de mars, la population ayant acheté massivement du sucre, de l’huile, du couscous, des pâtes dès les premières annonces de l’urgence sanitaire et du confinement. Mais cet effet s’est estompé et la demande s’est essoufflée à partir de mai-juin. Les résultats annuels seront plus parlants quant à l’impact global de la crise, car pour l’instant les chiffres du premier semestre sont faussés par cet effet de stockage », nous explique un analyste financier.

Les mesures de relance que proposent les professionnels

Mais quelle que soit la filière, la crise est bien là. Et risque de s'installer dans la durée. Pour la contrer, les professionnels du secteur toutes branches confondues sont unanimes à dire que l’une des pistes de relance est le « consommer marocain » et « l’import substitution ».

Un sujet qui a été justement discuté cette semaine entre les représentants de la Fenagri et le ministère de l’Industrie, qui fait justement de l’import substitution un des principaux axes de la relance industrielle du pays.

Une politique qui ne peut se faire toutefois sans une montée en compétitivité des acteurs marocains, comme le reconnaît le président de la Fenagri. Car finalement, le consommateur reste maître de ce qu’il achète. Et le couple qualité/prix reste le principal déterminant d’achat dans le secteur.

« Notre secteur a besoin de multiplier les efforts à plusieurs niveaux et ce, afin de renforcer sa compétitivité et répondre aux exigences aussi bien du consommateur national qu’étranger », estime M. El Eulj qui signale également que les opportunités d’investissement restent énormes, vu que « le taux actuel d’intégration amont-aval mérite d’être amélioré tout au long des chaines de valeur ». 

En plus du « consommer marocain », très à la mode par ces temps de Covid, les acteurs du secteur ont présenté au gouvernement plusieurs recommandations pour une relance des différentes filières. Comme la réduction de la TVA sur les produits alimentaires transformés qui sont soumis actuellement au taux de 20%. La Fenagri veut faire passer ce taux à 10%, avec l’engagement d’impacter cette baisse sur les prix de vente au consommateur.

Une baisse, expliquent-ils, qui ne doit pas être appliquée à tous les produits. Car on imagine mal en effet que le gouvernement concède une baisse de TVA sur les limonades par exemple… 

Pour les boissons, cette baisse de TVA doit être limitée aux eaux de table, proposent-ils. Quant aux pâtes et au couscous qui sont soumis à une TVA de 10%, la Fenagri propose tout simplement de l’annuler complètement.

Pour la filière biscuits, les entreprises du secteur souhaitent une baisse des droits d’importation des intrants pour combler leur déficit de compétitivité face à la concurrence étrangère, notamment turque, tout en ajustant les droits de douane sur les produits finis pour orienter la consommation vers le produit local.

Autre filière, celles des conserves de poisson, où les professionnels ont exigé dès juin l'annulation des droits de douane sur les intrants ainsi que la suspension des exportations de pélagiques pendant quelques mois, histoire de réapprovisionner les usines marocaines, plutôt que les usines étrangères, en poissons congelés. Une mesure qui vise à « organiser la reprise à 100% de la pêche côtière artisanale contre 30% actuellement ».

Des mesures qui ne sont pas contenues dans l’actuel projet de loi de finances et qui seraient selon nos sources toujours en discussion avec les pouvoirs publics.

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