La cession de 6% de Maroc Telecom a dynamisé la Bourse de Casablanca
Le marché boursier a gagné 2% lors d’une journée marquée par la cession en blocs de 6% du capital de Maroc Telecom par l’Etat aux institutionnels. Les cours et la demande ont augmenté bien avant la réalisation de l’opération vers 14h30.
Le marché était orienté à la hausse dès le début de la séance de ce lundi 17 juin. La hausse de 2% du Masi s’est accompagnée d’un volume de transactions sur le marché central de 355 MDH, plus de 3 fois celui de la séance du vendredi 14.
Le volume sur le marché de blocs a atteint 6,7 milliards de DH, correspondant à la cession par l’Etat des 6% du capital de Maroc Télécoms à 11 institutionnels. Plus de 52 millions d’actions ont été vendues au prix unitaire de 127 DH.
L’engouement pour l’action Maroc Telecom était visible également sur le marché central. L’action a pris plus de 3% pour atteindre 137 DH, avec un volume de 75 MDH.
L’action a ainsi dépassé le cours d’avant sa suspension de cotation suite à l’annonce de l’opération de cession de 8% du capital de l’opérateur. Pour rappel, elle a été suspendue à la clôture de la séance du 31 mai au cours de 135,7 DH. Après la reprise de la cotation le 12 juin, elle a chuté à 130 DH avant de reprendre le chemin de la croissance.
La demande des investisseurs est ainsi forte à un cours de 137 DH, même si un bloc de 52 millions d’actions a été cédé aux gros institutionnels à un prix bien plus bas et qu’un autre paquet de plus de 17 millions actions sera cédé au public du 26 juin au 5 juillet à un prix encore plus bas (125,3 DH).
Cela prouve que les 8% du capital de Maroc Telecom sont vendus « bon marché ». Attijari Global Research, filiale d’Attijariwafa bank au même titre qu’Attijari Finances Corps qui a évalué le prix de cession et conseillé l’Etat dans cette opération, a d’ailleurs confirmé sa valorisation théorique de l’action de l’opérateur : 169 DH. Elle recommande aux investisseurs de participer à l'opération compte tenu de la décote et des perspectives de l'entreprise.
C’est un cours cible à moyen terme qui offre un potentiel de hausse de plus de 34% par rapport au prix de cession au public des 2% du capital. Même par rapport au cours de 137 DH du lundi 17 juin, le titre offre un potentiel de croissance de plus de 23%.
La demande sur les grosses capitalisations augmente
En tous les cas, la cession de 6% du capital de Maroc Telecom a profité à tout le marché. Cosumar (+1,5%), Attijariwafa bank (+3,6%), LafargeHolcim (+7%), Ciments du Maroc (+3%), Total Maroc (+0,4%), Marsa Maroc (+1,3%), Salafin (+2,8%) ont contribué à la performance globale du marché ce lundi 17 juin, avec en plus des volumes importants.
Selon un analyste, avec l’arrivée sur le marché de plus de 70 millions d’actions Maroc Telecom dont la valeur est de près de 9 milliards de DH, les gros investisseurs ont initié des achats sur les autres grosses capitalisations de la place pour maintenir les pondérations de leurs portefeuilles. Il estime que ce mouvement acheteur va durer encore quelques séances, l’offre publique de vente de Maroc Telecom étant programmée du 26 juin au 5 juillet.
Le respect des pondérations est une contrainte pour les gros investisseurs. Elle peut être à l’origine de la fixation par l’Etat d’un prix bas pour la cession des 8% du capital, l’entreprise étant la plus grosse capitalisation de la place sur laquelle les investisseurs sont déjà suffisamment exposés.
D’ailleurs, les OPCVM, qui vont participer à l’offre publique de vente, ont été autorisés par un arrêté du ministère des finances publié le 14 juin, à dépasser la limite de 10% de l’actif net à investir dans une seule société cotée. Ils peuvent désormais investir 15% dans les valeurs qui pèsent plus de 10% du Masi et 20% pour celles qui pèsent plus de 15% de l’indice.
L’objectif étant de permettre à ces véhicules de placement d’acheter les nouvelles actions Maroc Telecom dans le respect de la réglementation et à l’Etat de garantir ainsi l’achat des titres qu’il met en vente.
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