La dette extérieure du Maroc descend à 326 milliards de DH
C’est l’encours de la dette extérieure du Trésor et des établissements publics à fin mars 2019. Il est en baisse de 1,4% par rapport à fin mars 2018 et représente 29,5% du PIB. La prochaine sortie du Maroc à l’international pourrait renverser la tendance.
Le Maroc prévoit de lever dans les prochains mois 1 milliard d’euros sur le marché financier international, soit environ 11 milliards de DH. Une deuxième sortie du même montant est prévue en 2020. Ceci sans parler des prêts bilatéraux ou multilatéraux que le Trésor ou les entreprises et établissements publics pourraient mobiliser pour financer les projets d’investissement (Masen, Tramway…).
L’actuelle baisse de l’encours de la dette extérieure du Maroc risque donc d’être passagère.
Selon le dernier bulletin de la Direction du Trésor et des finances extérieures, l’encours de 326,3 milliards de DH est emprunté par le Trésor à hauteur de 44,9% et par les entreprises et établissements publics à hauteur de 54,4%, le reste concernant le secteur bancaire et les collectivités territoriales. La dette a baissé chez l’ensemble des emprunteurs.
Le PIB au Maroc s’établit à 1.106,8 milliards de DH en 2018, selon le HCP. La dette extérieure représente donc 29,5% du PIB. Un niveau confortable mais qui doit malgré tout être surveillé de près, car le service de la dette (remboursement du capital et des intérêts) se fait en devises étrangères et que la balance des paiements au Maroc est structurellement déficitaire.
Les réserves en devises ne représentent que l’équivalent de 5 mois d’importation de biens et services. Si de nouveaux emprunts internationaux vont les renforcer dans l’immédiat, ils occasionnent des sorties de devises annuelles supplémentaires.
41 milliards de DH de remboursements prévus en 2020
Au premier trimestre, la dette extérieure a coûté 5,5 milliards de DH en remboursements, dont 1,1 milliard d’intérêts. C’est le même montant qu’il y a une année. En ajoutant les prévisions de service de la dette des trois autres trimestres de l’année, 2019 devrait s’achever sur un coût de 29,15 milliards de DH, en hausse de 2% par rapport à 2018.
En 2020, l’Etat prévoit de payer 41,5 milliards de DH dont 8,9 milliards d’intérêts, rient que sur la base de l’encours actuel, c’est-à-dire sans prendre en compte les emprunts à venir.
Cela dit, on ne peut que qualifier la dette extérieure du Maroc de qualitative. La totalité de l’encours est emprunté à moyen et long termes, les trois quarts à taux fixe et la structures en termes de devises d’emprunts tend à s’équilibrer, avec 29% en dollar et 59% en euros.
De plus, les bailleurs de fonds sont diversifiés. 48% de la dette émane d’institutions internationales (Banque mondiale, FMI…), 28% de créanciers bilatéraux (pays de l’UE, pays arabes…) et seulement 23% de banques commerciales ou du marché financier international. Autrement dit, le gros de la dette est détenu par des partenaires du Maroc et non par des investisseurs financiers.
Pour rappel, la dette publique totale, c’est-à-dire en prenant en compte la dette intérieure du Trésor, s’élève à plus de 900 milliards de DH, soit 81,4% du PIB.
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