Le lancement des crédits Damane Relance est prévu pour le 15 juin
Selon des sources bancaires de haut niveau, le produit de financement phare de la phase de relance, Damane Relance, sera disponible dans le réseau bancaire à partir du 15 juin.
Le 21 mai, le Comité de veille économique (CVE) a annoncé la mise en place d'un nouveau produit bancaire pour la relance économique. Il s'agit de Damane Relance, un crédit garanti par la Caisse Centrale de Garantie (CCG), adressé à l'ensemble des entreprises pour financer le besoin en fonds de roulement des entreprises dans cette phase de reprise.
Le CVE estime le potentiel de production des produits Relance à plus de 66,7 milliards de DH dont plus de la moitié irait aux PME ayant un chiffre d'affaires compris entre 10 et 200 MDH.
Depuis l'annonce de sa mise en place, les opérateurs économiques s'interrogent sur sa date de lancement. Selon nos sources, le lancement est prévu pour le lundi 15 juin, soit 5 jours après la fin du confinement prévue pour le 10 juin sauf changement.
A cette date, le produit sera disponible au niveau du réseau bancaire.
Des crédits de 1 à 100 MDH
Les produits Relance couvriront tout le spectre des entreprises négativement impactées par la crise sanitaire, depuis les TPE jusqu’aux grandes entreprises réalisant un CA dépassant 500 MDH. Ce dispositif sera composé de deux produits, à savoir « Relance TPE » et « Damane Relance », utilisables jusqu’au 31/12/2020.
Pour le mécanisme de garantie des TPE « Relance TPE », il est adressé à toutes les entreprises (morales ou personnelles) de tous les secteurs dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 MDH :
- Les crédits éligibles sont les crédits de trésorerie amortissables destinés à couvrir le besoin en fonds de roulement (BFR) de reprise de l'activité.
- Montants maximums : 10% du chiffre d'affaires avec un plafond de 1 MDH.
- La quotité de garantie est de 95% du crédit en principal.
- Commission : 0,1% HT flat du crédit garanti.
- Procédure simplifiée avec check list.
« Damane Relance » est un produit adressé à toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 MDH et qui sont impactées par la crise :
- L'essentiel des secteurs d’activité sont éligibles hormis le secteur financier et les sociétés holding.
- Les montants de crédit proposés dans ce produit sont 1,5 mois de chiffre d’affaires pour les entreprises opérant dans l’industrie et 1 mois de chiffre d’affaires pour les entreprises relevant des autres secteurs et les entreprises en création (ayant moins d’un an d’activité) quel que soit leur secteur.
- Le tout avec un plafond de 100 MDH.
- Ce crédit doit être destiné au financement du BFR avec au moins 50% du crédit pour le règlement des fournisseurs.
- Les quotités de garantie du crédit en principal sont de 90% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 200 MDH, 85% pour les entreprises dont le CA est compris entre 200 MDH et 500 MDH et de 80% pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 500 MDH.
- Les entreprises bénéficiant de Damane Relance s'engagent à ne pas opérer de versements des dividendes pendant la période du différé. Après le différé, les dividendes ne peuvent être versés que si l’entreprise est à jour au niveau du remboursement du crédit garanti.
- A ne pas utiliser les crédits pour rembourser des dettes auprès des banques, des créances actionnaires ou des comptes courants associés ni pour le paiement des technical/management fees intragroupe ni pour effectuer des montages de haut de bilan (réduction du capital, rachat de parts ou d’actions, fusions-acquisitions usages pouvant être couverts par d’autres crédits).
Un différé de 2 ans et un taux de 4%
Les crédits Relance ont une maturité de 7 ans dont 2 ans de différé au maximum. La commission de garantie est fixée à 0,1% HT flat du crédit.
Le taux d’intérêt est le même, à savoir le taux de refinancement BAM (2% actuellement) + 200 points de base (HT/an). C'est-à-dire un taux variable de 4%. Un taux que les entreprises estiment élevé au regard du contexte. La question a été soulevée lors du dernier conseil d'administration de la CGEM en présence du ministre Benchaâboun. "Ce taux est un taux plafond. Nous sommes dans un système libre. Donc on a fixé les taux maxima. Ceux qui veulent obtenir mieux, peuvent négocier et obtenir des taux plus bas. Nous ferons tout pour essayer que ces taux puissent baisser quand cela est possible", assure le ministre.
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