Le ministère du Commerce répond à BIM: "Si c'est 85%, il faut s'en réjouir"

L'échange de balles continue. MHE se place depuis le mois d'octobre, comme le défenseur du marché intérieur et des intérêts des opérateurs marocains. La Turquie est un exemple et il y en a d'autres.

Le ministère du Commerce répond à BIM:

Le 12 février 2020 à 20:33

Modifié le 12 février 2020 à 23:44

En ligne de mire depuis novembre 2019, la révision de l'accord de libre-échange (ALE) maroco-turc. Le Maroc demande une liste de produits négatifs, des produits menacés par les importations turques et pour lesquels l'ALE ne doit pas s'appliquer. Et demande également un effort d'investissement au Maroc, surtout en comparant le montant des investissements d'Ankara en Algérie (5,4 milliards de dollars en une année).

La partie turque vient d'accepter, par écrit, la révision de l'ALE ainsi que la liste négative marocaine. Lundi 10 février, MHE répondait à plusieurs questions orales à ce sujet, à la Chambre des représentants. Voir la vidéo ci-dessous: à la minute 49'30, il glisse très rapidement de l'ALE vers le cas BIM et relate: "Il y a 5 ans, j'ai reçu le président de BIM et je lui ai demandé que 50% au moins des produits vendus soient marocains..." Il ne termine pas car il est rattrapé par le temps dévolu comme c'est la règle au Parlement.

Vérification faite par nos soins, il a bien reçu le top management de BIM ainsi que le DG de BIM Maroc, le 22 octobre 2014, venus lui présenter le plan d'investissement au Maroc. Il avait alors, selon une source informée, délivré le message sur les produits marocains.

Lundi dernier au Parlement, il a ressorti cela, mais dans le cadre des questions orales sur les échanges maroco-turcs. Donc, cinq après.

Les déclarations du ministre ont suscité une réaction rapide du management de BIM en Turquie. "Depuis la Turquie, nous n'envoyons qu'environ 15% de nos produits au Maroc. 85% sont achetés auprès de producteurs locaux", a déclaré le directeur financier de BIM, Haluk Dortluoglu, à Reuters.

Médias24 a sollicité une source autorisée au ministère du Commerce et de l'Industrie. Voici sa réaction: "Si 85% des produits vendus par la chaîne BIM sont maintenant marocains, il faut s'en réjouir et nous serons les premiers. Mais achetés au Maroc ne signifie pas qu'ils sont obligatoirement marocains. Il faudra vérifier.

"Si ce taux est vrai, cela signifie que l'avertissement du ministre en 2014 a été entendu, et c'est tant mieux pour le Maroc. Cela étant, le problème de fond n'est pas BIM, c'est l'ALE".

Notre source ajoute qu'il y a eu de nombreuses plaintes de la part de petits commerçants marocains concernant les activités de BIM au Maroc.

Dès jeudi, Médias24 s'attachera à vérifier les affirmations des uns et des autres auprès des associations des petits commerçants et également auprès de BIM Maroc.

Le ministère du Commerce répond à BIM: "Si c'est 85%, il faut s'en réjouir"

Le 12 février 2020 à21:09

Modifié le 12 février 2020 à 23:44

L'échange de balles continue. MHE se place depuis le mois d'octobre, comme le défenseur du marché intérieur et des intérêts des opérateurs marocains. La Turquie est un exemple et il y en a d'autres.

En ligne de mire depuis novembre 2019, la révision de l'accord de libre-échange (ALE) maroco-turc. Le Maroc demande une liste de produits négatifs, des produits menacés par les importations turques et pour lesquels l'ALE ne doit pas s'appliquer. Et demande également un effort d'investissement au Maroc, surtout en comparant le montant des investissements d'Ankara en Algérie (5,4 milliards de dollars en une année).

La partie turque vient d'accepter, par écrit, la révision de l'ALE ainsi que la liste négative marocaine. Lundi 10 février, MHE répondait à plusieurs questions orales à ce sujet, à la Chambre des représentants. Voir la vidéo ci-dessous: à la minute 49'30, il glisse très rapidement de l'ALE vers le cas BIM et relate: "Il y a 5 ans, j'ai reçu le président de BIM et je lui ai demandé que 50% au moins des produits vendus soient marocains..." Il ne termine pas car il est rattrapé par le temps dévolu comme c'est la règle au Parlement.

Vérification faite par nos soins, il a bien reçu le top management de BIM ainsi que le DG de BIM Maroc, le 22 octobre 2014, venus lui présenter le plan d'investissement au Maroc. Il avait alors, selon une source informée, délivré le message sur les produits marocains.

Lundi dernier au Parlement, il a ressorti cela, mais dans le cadre des questions orales sur les échanges maroco-turcs. Donc, cinq après.

Les déclarations du ministre ont suscité une réaction rapide du management de BIM en Turquie. "Depuis la Turquie, nous n'envoyons qu'environ 15% de nos produits au Maroc. 85% sont achetés auprès de producteurs locaux", a déclaré le directeur financier de BIM, Haluk Dortluoglu, à Reuters.

Médias24 a sollicité une source autorisée au ministère du Commerce et de l'Industrie. Voici sa réaction: "Si 85% des produits vendus par la chaîne BIM sont maintenant marocains, il faut s'en réjouir et nous serons les premiers. Mais achetés au Maroc ne signifie pas qu'ils sont obligatoirement marocains. Il faudra vérifier.

"Si ce taux est vrai, cela signifie que l'avertissement du ministre en 2014 a été entendu, et c'est tant mieux pour le Maroc. Cela étant, le problème de fond n'est pas BIM, c'est l'ALE".

Notre source ajoute qu'il y a eu de nombreuses plaintes de la part de petits commerçants marocains concernant les activités de BIM au Maroc.

Dès jeudi, Médias24 s'attachera à vérifier les affirmations des uns et des autres auprès des associations des petits commerçants et également auprès de BIM Maroc.

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