Gaz & pétrole: le point sur l'exploration au Maroc
ROUND UP. Petites découvertes de gaz dans le Gharb et surtout à Tendrara : Le Maroc entame l’année 2019 avec plus d’espoir que par le passé, sans pour autant verser dans un optimisme béat.
Une découverte majeure n’est pas impossible, mais elle n’est pas certaine non plus. A ce stade, rien de concret à ce sujet.
Depuis l’affaire Talsint, l’ONHYM et sa directrice générale Amina Benkhadra sont très prudents. L’exploration pétrolière et gazière est une affaire de patience, les étapes sont longues et il ne s’agit pas simplement de trouver des hydrocarbures : il faut qu'ils soient économiquement exploitables.
Contactée par Médias24, une source autorisée de l’ONHYM a accepté d’effectuer avec nous un rapide round up de la situation.
Des découvertes économiquement exploitables ont eu lieu dans le Gharb et à Tendrara en 2018.
L’opérateur dans le Gharb est SDX Energy qui effectue des forages de gaz pour augmenter la production des petits puits existants. Plusieurs découvertes, que nous pouvons qualifier de minuscules, ont été annoncées. La production ira aux industries locales : Super Cérame, CMCP et la future usine de PSA.
La production actuelle dans cette zone est très faible : 150.000 m3 par jour. Elle sera augmentée grâce aux nouvelles découvertes. Mais la hausse ne sera pas significative.
C’est à Tendrara que se situe réellement la nouveauté. L’opérateur Sound Energy a effectué 5 forages depuis 2016. Deux d’entre eux ont montré l’existence de réserves économiquement exploitables.
En aout dernier, le Maroc a accordé une concession de production à Sound Energy sur 133,5 km2. L’opérateur s’est engagé sur 5 nouveaux puits ainsi que la reconstitution des puits existants TE-6 et TE-7. Il va construire une station de compression et pipeline de 120 km reliant cette station au gazoduc Maghreb-Europe, avec pour objectif d’exporter une partie de la production.
La production commencera en 2021 avec un objectif de 1,7 million de mètres cubes/jour sur une période minimale de 10 ans. Soit environ 6,2 milliards de mètres cubes sur dix ans.
Ce débit de production n’est pas énorme. Pour donner un ordre de grandeur, sachez qu’il suffirait à peine à alimenter une seule centrale électrique.
Mais Tendrara recèle un potentiel. Du gaz a été trouvé dans deux puits. Et les relevés sismiques ont identifié plusieurs “anomalies“ géologiques. Pour ce qui concerne le puits TE-5, les réserves économiquement exploitables se sont situées dans le bas de la fourchette des estimations. Pour TE-10, les réserves seront mieux approchées après les tests d’écoulement naturel sans stimulation. Les résultats pourraient être connus en avril prochain.
Le Maroc reste un pays sous-exploré. Mais les résultats positifs de Tendrara le rendront plus attractif.
Les partenaires de l’ONHYM ayant bénéficié de concessions devraient engager 2,4 milliards de DH de dépenses d’exploration au cours du triennat 2019-2021. Des campagnes sismiques 2D et 3D sont prévues ainsi que le forage d’une vingtaine de puits.
Les campagnes d’exploration actuelles, concernent les bassins onshore de Haha, Sidi Mokhtar et Foum Ognit ainsi que les bassins offshore de Tarfaya, Mohammédia et Kénitra.
Au final, certaines régions du Maroc recèlent des caractéristiques géologiques d'une grande similitude avec celles d'autres pays pétroliers. Une découverte majeure est possible. Mais elle se fait attendre.
>>Lire aussi : Gaz à Tendrara: verdict final fin mars
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