Les ménages traînent 28 milliards de DH d'impayés chez les banques
Le crédit bancaire a augmenté de 4% à fin avril 2019 par rapport à la même période en 2019. Les impayés ont, eux, progressé de 4,9%. Ils totalisent 68,1 milliards de DH et représentent 7,8% de l'encours global des crédits.
Evolution correcte des crédits bancaires à fin avril 2019 par rapport à la même période en 2018, selon les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. L’encours s’établit à 863,6 milliards de DH, en hausse de 4%.
Toutefois, les impayés ont évolué plus rapidement : +4,9%, soit un stock de 68,1 milliards de DH. Il représente 7,8% de l’encours global des crédits, contre 7,7% un an auparavant. Notons que les impayés de certaines banques, notamment celles à capitaux étrangers, dépassent les 10% de leurs encours.
Ce sont les créances en souffrance des ménages qui se sont le plus aggravées : +12,6%, à 27,8 milliards de DH. Les impayés des entreprises ont, eux augmenté de +1,6%, à 39,3 milliards de DH.
Les particuliers courtisés face au ralentissement des entreprises
Face au ralentissement persistant du crédit aux entreprises dû à la détérioration de leur situation financière (d'où d'ailleurs leur stock élevé d'impayés), les banques se sont tournées ces dernières années vers les particuliers pour maintenir leur activité. Mais la course pour séduire cette clientèle n'est pas sans conséquences : la forte progression de leurs créances en souffrance en est la preuve.
>>Lire aussi: Alerte sur les impayés bancaires et les délais de paiement des entreprises
L'orientation des banques vers le segment des particuliers est visible dans les chiffres de BAM : les prêts aux ménages ont progressé de 5,3%, à 336 milliards de DH, alors que les crédits aux entreprises privés se développent lentement : +1,6%, à 342,4 milliards de DH.
Au total, la progression de 4% du crédit bancaire à fin avril est tirée par les crédits au secteur financier (+8,6%, à 114,5 milliards de DH et les ménages. Le secteur productif est toujours à la traîne, et les différentes parties prenantes peinent à changer cette situation.
Les crédits à l'habitat en hausse de 5,3%
Par catégorie de financement, les crédits à l’habitat augmentent de 5,3%, à 210 milliards de DH, tandis que les prêts aux promoteurs reculent de 1,1%, à 58,2 milliards. L'action est mise sur la liquidation des stocks des promoteurs avant de les financer pour de nouveaux projets.
Les crédits à la consommation gardent la même tendance haussière : +5,2%, à 55 milliards de DH.
Pour les entreprises, les crédits de trésorerie augmentent de 8,3%, à 176 milliards de DH, traduisant les difficultés de trésorerie persistantes des opérateurs économiques.
Les prêts à l’équipement marquent une petite hausse de 1,8%, à 174 milliards de DH, reflétant l'atonie de l'investissement.
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