Les prisons marocaines en proie au Coronavirus

Le coronavirus commence à faire des ravages dans les prisons marocaines. Un foyer de contamination a été détecté dans la prison locale d'Ouarzazate. Les appels se multiplient pour le désengorgement des établissements pénitentiaires.

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Les prisons marocaines en proie au Coronavirus

Le 23 avril 2020 à 16:29

Modifié le 24 avril 2020 à 10:25

Lors du point de presse du mercredi 22 avril, le directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies, Mohamed Lyoubi, a fait état d'un foyer de 186 contaminations à Ouarzazate, dont 120 nouveaux cas en 24h seulement. 

Il s'agit principalement de la prison locale de la ville. La Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion vient d'affirmer que les résultats partiels des tests en laboratoire réalisés sur l'ensemble des détenus font état de 133 contaminations, sur les 309 détenus dont les résultats ont été révélés. La ville comptait un total 219 cas confirmés, ce jeudi à 10H. 

La DGPAR précise que tous les détenus testés positifs ont été isolés dans un quartier spécial, où ils seront soumis au protocole de traitement adopté par les autorités compétentes et au suivi d'un comité sanitaire spécial de santé, dépêché à l'établissement par le ministère de la Santé. Les fonctionnaires non contaminés seront placés en quarantaine.

Le 19 avril, la DGPAR a décidé de soumettre l’ensemble de la population carcérale de la prison locale d'Ouarzazate au test de dépistage du coronavirus, après la détection des premiers cas de contamination de fonctionnaires et détenus, dont le directeur de la prison, testé positif et remplacé par un autre. 

Dans l'attente de la publication des résultats du reste des tests des détenus, ainsi que des fonctionnaires qui prendront leurs fonctions dans cet établissement pour remplacer ceux qui y travaillent actuellement, la DGAPR annonce également un cas de contamination dans la prison de Ksar Lekbir. Cinq détenus en contact avec lui étant placés en quarantaine. Quatre employés de cette prison, testés positifs le 11 avril, se sont remis du virus, note la DGAPR.

La Délégation générale dément, par ailleurs, des rumeurs sur des cas présumés d'infection dans la prison centrale et la prison locale à Kénitra ainsi que celle de Souk El Arbaa.

"Il s’agit de mesures proactives prises par les autorités sanitaires compétentes en vue de s’assurer que ces établissements pénitentiaires ne comptent aucun cas d’infection au coronavirus", souligne la DGAPR.

Quels moyens de protection?

Pour empêcher la transmission de l'infection au coronavirus à la population carcérale, la DGAPR avait annoncé le "durcissement" des mesures de précaution pour protéger les détenus, en mettant à la disposition du personnel les équipements nécessaires, y compris des vêtements spéciaux.

Ces mesures reposent essentiellement sur la stérilisation périodique complète de toutes les dépendances des établissements par des entreprises spécialisées, l'examen des nouveaux détenus, la distribution d'un nombre suffisant de masques de protection aux fonctionnaires, au personnel des entreprises d'alimentation, ainsi qu'aux détenus.

La Délégation a, par ailleurs, souligné qu'elle a approvisionné les entrepôts des établissements pénitentiaires en denrées alimentaires suffisantes et de produits de nettoyage et de désinfection, en plus d’un stock réserve, tout en relevant le plafond des achats et de l'argent déposé dans les comptes nominaux des détenus à l'économat de l'établissement.

Désengorger les prisons

Malgré le déploiement de mesures de prévention, les prisons, souvent surpeuplées, demeurent un milieu propice de propagation du virus. Des solutions alternatives s'imposent.

Depuis l’éclatement de la pandémie du covid-19, plusieurs associations ont ainsi appelé à la libération de prisonniers, notamment ceux d’opinion et mineurs. La propagation de l’épidémie étant favorisée par la surpopulation carcérale.

Le Roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale au profit de 5.654 détenus et ordonné de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la protection dans l'ensemble des établissements pénitentiaires, qui comptent 80.000 détenus et 10.200 fonctionnaires.

Un processus qui sera exécuté par étapes successives, les bénéficiaires seront soumis à une surveillance, à des tests médicaux, ainsi que la mise en quarantaine nécessaire, à leur domicile, pour assurer leur sécurité.

Lire aussi: Face au risque de coronavirus, il faut alléger la population carcérale

Tags : Prisons

Les prisons marocaines en proie au Coronavirus

Le 23 avril 2020 à17:26

Modifié le 24 avril 2020 à 10:25

Le coronavirus commence à faire des ravages dans les prisons marocaines. Un foyer de contamination a été détecté dans la prison locale d'Ouarzazate. Les appels se multiplient pour le désengorgement des établissements pénitentiaires.

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Lors du point de presse du mercredi 22 avril, le directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies, Mohamed Lyoubi, a fait état d'un foyer de 186 contaminations à Ouarzazate, dont 120 nouveaux cas en 24h seulement. 

Il s'agit principalement de la prison locale de la ville. La Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion vient d'affirmer que les résultats partiels des tests en laboratoire réalisés sur l'ensemble des détenus font état de 133 contaminations, sur les 309 détenus dont les résultats ont été révélés. La ville comptait un total 219 cas confirmés, ce jeudi à 10H. 

La DGPAR précise que tous les détenus testés positifs ont été isolés dans un quartier spécial, où ils seront soumis au protocole de traitement adopté par les autorités compétentes et au suivi d'un comité sanitaire spécial de santé, dépêché à l'établissement par le ministère de la Santé. Les fonctionnaires non contaminés seront placés en quarantaine.

Le 19 avril, la DGPAR a décidé de soumettre l’ensemble de la population carcérale de la prison locale d'Ouarzazate au test de dépistage du coronavirus, après la détection des premiers cas de contamination de fonctionnaires et détenus, dont le directeur de la prison, testé positif et remplacé par un autre. 

Dans l'attente de la publication des résultats du reste des tests des détenus, ainsi que des fonctionnaires qui prendront leurs fonctions dans cet établissement pour remplacer ceux qui y travaillent actuellement, la DGAPR annonce également un cas de contamination dans la prison de Ksar Lekbir. Cinq détenus en contact avec lui étant placés en quarantaine. Quatre employés de cette prison, testés positifs le 11 avril, se sont remis du virus, note la DGAPR.

La Délégation générale dément, par ailleurs, des rumeurs sur des cas présumés d'infection dans la prison centrale et la prison locale à Kénitra ainsi que celle de Souk El Arbaa.

"Il s’agit de mesures proactives prises par les autorités sanitaires compétentes en vue de s’assurer que ces établissements pénitentiaires ne comptent aucun cas d’infection au coronavirus", souligne la DGAPR.

Quels moyens de protection?

Pour empêcher la transmission de l'infection au coronavirus à la population carcérale, la DGAPR avait annoncé le "durcissement" des mesures de précaution pour protéger les détenus, en mettant à la disposition du personnel les équipements nécessaires, y compris des vêtements spéciaux.

Ces mesures reposent essentiellement sur la stérilisation périodique complète de toutes les dépendances des établissements par des entreprises spécialisées, l'examen des nouveaux détenus, la distribution d'un nombre suffisant de masques de protection aux fonctionnaires, au personnel des entreprises d'alimentation, ainsi qu'aux détenus.

La Délégation a, par ailleurs, souligné qu'elle a approvisionné les entrepôts des établissements pénitentiaires en denrées alimentaires suffisantes et de produits de nettoyage et de désinfection, en plus d’un stock réserve, tout en relevant le plafond des achats et de l'argent déposé dans les comptes nominaux des détenus à l'économat de l'établissement.

Désengorger les prisons

Malgré le déploiement de mesures de prévention, les prisons, souvent surpeuplées, demeurent un milieu propice de propagation du virus. Des solutions alternatives s'imposent.

Depuis l’éclatement de la pandémie du covid-19, plusieurs associations ont ainsi appelé à la libération de prisonniers, notamment ceux d’opinion et mineurs. La propagation de l’épidémie étant favorisée par la surpopulation carcérale.

Le Roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale au profit de 5.654 détenus et ordonné de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la protection dans l'ensemble des établissements pénitentiaires, qui comptent 80.000 détenus et 10.200 fonctionnaires.

Un processus qui sera exécuté par étapes successives, les bénéficiaires seront soumis à une surveillance, à des tests médicaux, ainsi que la mise en quarantaine nécessaire, à leur domicile, pour assurer leur sécurité.

Lire aussi: Face au risque de coronavirus, il faut alléger la population carcérale

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