Plan Santé 2025: Anas Doukkali fait son premier bilan d'étape

La mise en œuvre du Plan Santé 2025 a démarré il y a un an. Le ministère a listé les avancées et les priorités lors d’une réunion organisée ce lundi 10 juin. Anas Doukkali appelle tous ses cadres à repenser la gouvernance du secteur.

Plan Santé 2025: Anas Doukkali fait son premier bilan d'étape

Le 10 juin 2019 à 15:13

Modifié le 10 juin 2019 à 15:42

Le Plan Santé 2025 avait été adopté en conseil de gouvernement en avril 2018. Sa mise en œuvre avait démarré après des réunions de concertation de 12 groupes de travail organisées courant mai et juin de la même année.

Lors d’une réunion tenue ce lundi 10 juin 2019, le ministère de la santé a fait le bilan d’une année d’exécution de cette stratégie. Anas Doukkali a montré sa volonté de faire de ce rendez-vous une tradition (annuelle ou semestrielle) dans le cadre de la nouvelle gouvernance qu’il souhaite pour le secteur.

Pour lui en effet, tout l’enjeu est d’assurer une bonne gouvernance du secteur de la santé publique. «Les enjeux de refonte du système de santé national et de redressement des dysfonctionnements du RAMED sont certes des enjeux de ressources, mais également et surtout des enjeux de bonne gouvernance ; enjeux qui nous interpellent tous, chacun à son niveau de responsabilité, de partenariat ou de collaboration, afin de repenser notre action collective en faveur du meilleur état de santé possible pour la population marocaine», a-t-il déclaré dans son allocution d’ouverture de la réunion.

Le ministre appelle d’ailleurs ses cadres, précisément les directeurs de l’Administration centrale (directions métiers et support), à assurer l’accompagnement technique des structures déconcentrées et l’allocation des ressources nécessaires conformément à leurs engagements, afin de garantir la bonne mise en œuvre de la stratégie.

11 priorités nationales pour 2019-2021

Lors de cette réunion, des réalisations ont été présentées, dans le cadre de cette stratégie et plus globalement dans le cadre du pilotage du secteur par l’actuel gouvernement. Ces réalisations figurent d’ailleurs dans le bilan de mi-mandat de l’Exécutif présenté récemment.

Certaines avancées sont indiscutables (voir liste détaillée en fin d’article) : augmentation du budget et des effectifs, ouverture et mise à niveau de centres de santé, achat d’ambulances et de matériels, augmentation de la fréquentation hospitalière et du taux de prise en charge des ALD (affections de longue durée) et ALC (affections lourdes et couteuses), baisse des prix des médicaments…

Mais les défis qui restent à relever sont énormes. De l’aveu même du ministère :

- La qualité des services de santé publique demeure faible et en dessous des attentes de la population.

- L’accès aux soins est inéquitable : 0,6 consultation de médecine générale par habitant et par an, 25% des accouchements demeurent non surveillés.

- La pénurie de ressources humaines devient inquiétante : à peine 1,51 professionnel de la santé par 1.000 habitant contre un objectif de 4,45.

- La santé coûte toujours cher aux Marocains : 50,7% des dépenses sont prises en charge directement par les ménages contre un objectif de 25%.

Ceci signifie que beaucoup reste à faire sur plusieurs plans : matériel, gouvernance, législation, ressources humaines…

Pour le pilotage du Plan Santé 2025, un projet management office (PMO) a été mis en place. 11 priorités nationales sont identifiées et 46 projets ont été formalisés. Voici les priorités pour la période 2019-2021 :

- Développer les urgences,

- Elaborer et piloter la politique du médicament,

- Organiser des campagnes médicales,

- Lancer un programmer de lutte contre l’hépatite C,

- Développer ou redynamiser les plans nationaux : obésité et nutrition, handicap…

- Elaborer un programme d’éducation sanitaire et une stratégie de communication,

- Développer des programmes de dialyse et de greffes d’organes,

- Mettre en place des groupements hospitaliers régionaux,

- Lancer le plan Cancer 2019-2029 et ouvrir de nouveau centres d’oncologie,

- Finaliser le système d’information hospitalier,

- Accélérer la production législative : 85 textes à adopter.

Cliquez ici pour consulter la présentation détaillée des 46 projets.

Les réalisations listées par le ministre de la Santé

Voici les principales avancées listées par le ministre de la Santé dans son allocution d’ouverture :

- Augmentation significative, pour la deuxième année consécutive, du nombre de postes budgétaires alloués au secteur, soit 8.000 postes aux titres des exercices 2018 et 2019 ;

- Augmentation de plus de 10% du budget du ministère entre 2018 et 2019, et exploration de nouvelles pistes de financement de la santé ;

- Mise en service ou mise à niveau de nombreuses structures de soins de santé primaires, médicosociales ou hospitalières, et de leurs plateaux techniques.

- Six Schémas Régionaux de l’Offre de soins ont été validés par les commissions régionales. Le ministre appelle les six directions régionales restantes à faire autant pour réunir la commission nationale de l’offre de soins et entériner les 12 SROS ;

- Poursuite de la délégation des pouvoirs aux régions sanitaires, conformément aux dispositions de la charte sur la déconcentration administrative ;

- Mise en place de la facturation hospitalière comme pierre angulaire du dossier administratif électronique du patient, dans le cadre de la digitalisation des structures publiques de soins et du nouveau système d’information du secteur ;

- Poursuite de la réforme des soins de santé primaires et des concertations autour du paquet minimum de services, du rôle de la santé communautaire et du médecin de famille ;

- Amélioration des conditions d’accueil des usagers des établissements de soins, que ce soit dans le réseau des soins de santé primaires ou dans le réseau hospitalier, avec une meilleure gestion des rendez-vous et un meilleur traitement des doléances, selon une approche régionalisée ;

- Dans le cadre de l’initiative « zéro rendez-vous de chirurgie au niveau de l’hôpital public », 415 campagnes médico-chirurgicales à l’intérieur des hôpitaux publics ont été programmées au niveau des 12 régions, ciblant tous les patients chirurgicaux avec une priorité aux affiliés au RAMED. En date du 25 avril 2019, plus de 84 campagnes médico-chirurgicales de ce type ont été réalisées, en parallèle avec le renforcement des programmes opératoires conventionnels des structures hospitalières publiques, permettant la prise en charge de 26.305 indications chirurgicales dans différentes spécialités ;

- Renforcement des urgences préhospitalières et hospitalières, par le développement des SAMU et SMUR ;

- Amélioration des principaux indicateurs de la santé de la mère et de l’enfant, et adoption de la loi sur la Procréation Médicalement Assistée ;

- Amélioration de l’accès au médicament et aux produits de santé essentiels ;

- Contribution à l’extension de la couverture médicale de base dans son volet « Assurance Maladie Obligatoire », le ministère étant « coordinateur » des concertations avec les catégories socioprofessionnelles de travailleurs non-salariés, en collaboration avec le Ministère du Travail et de l’insertion professionnelle, l’ANAM et la CNSS ;

- Renforcement des plans stratégiques de santé rurale et de santé mobile et avènement de la télémédecine ;

- Introduction de nouveaux programmes de santé publique et consolidation/intégration des programmes prioritaires, notamment dans le cadre des stratégies sectorielles de prévention et contrôle des maladies non-transmissibles, de lutte antituberculeuse et de prise en charge du VIH/Sida ;

- Poursuite de la promotion de la santé des populations à besoins spécifiques, de la santé mentale et addictologie ;

- Renforcement de la veille et de la sécurité sanitaire ;

- Mise à niveau des connaissances et des compétences des professionnels de santé, tant en formation initiale que continue, l’amélioration de leurs conditions de travail, et la poursuite du dialogue social constructif avec leurs représentants ;

- Optimisation de l’élaboration des textes juridiques et réglementaires sectoriels et intersectoriels, avec la publication de 2 Lois, 13 décrets et 15 arrêtés ;

- Renforcement de l’action d’inspection et d’audit des structures publiques et privées de santé ;

- Encouragement de l’investissement dans le secteur de la santé ;

- Renforcement du partenariat avec les collectivités territoriales et du partenariat public privé avec les ONG nationales et les secteurs privé et privé à but non-lucratif ;

Plan Santé 2025: Anas Doukkali fait son premier bilan d'étape

Le 10 juin 2019 à15:22

Modifié le 10 juin 2019 à 15:42

La mise en œuvre du Plan Santé 2025 a démarré il y a un an. Le ministère a listé les avancées et les priorités lors d’une réunion organisée ce lundi 10 juin. Anas Doukkali appelle tous ses cadres à repenser la gouvernance du secteur.

Le Plan Santé 2025 avait été adopté en conseil de gouvernement en avril 2018. Sa mise en œuvre avait démarré après des réunions de concertation de 12 groupes de travail organisées courant mai et juin de la même année.

Lors d’une réunion tenue ce lundi 10 juin 2019, le ministère de la santé a fait le bilan d’une année d’exécution de cette stratégie. Anas Doukkali a montré sa volonté de faire de ce rendez-vous une tradition (annuelle ou semestrielle) dans le cadre de la nouvelle gouvernance qu’il souhaite pour le secteur.

Pour lui en effet, tout l’enjeu est d’assurer une bonne gouvernance du secteur de la santé publique. «Les enjeux de refonte du système de santé national et de redressement des dysfonctionnements du RAMED sont certes des enjeux de ressources, mais également et surtout des enjeux de bonne gouvernance ; enjeux qui nous interpellent tous, chacun à son niveau de responsabilité, de partenariat ou de collaboration, afin de repenser notre action collective en faveur du meilleur état de santé possible pour la population marocaine», a-t-il déclaré dans son allocution d’ouverture de la réunion.

Le ministre appelle d’ailleurs ses cadres, précisément les directeurs de l’Administration centrale (directions métiers et support), à assurer l’accompagnement technique des structures déconcentrées et l’allocation des ressources nécessaires conformément à leurs engagements, afin de garantir la bonne mise en œuvre de la stratégie.

11 priorités nationales pour 2019-2021

Lors de cette réunion, des réalisations ont été présentées, dans le cadre de cette stratégie et plus globalement dans le cadre du pilotage du secteur par l’actuel gouvernement. Ces réalisations figurent d’ailleurs dans le bilan de mi-mandat de l’Exécutif présenté récemment.

Certaines avancées sont indiscutables (voir liste détaillée en fin d’article) : augmentation du budget et des effectifs, ouverture et mise à niveau de centres de santé, achat d’ambulances et de matériels, augmentation de la fréquentation hospitalière et du taux de prise en charge des ALD (affections de longue durée) et ALC (affections lourdes et couteuses), baisse des prix des médicaments…

Mais les défis qui restent à relever sont énormes. De l’aveu même du ministère :

- La qualité des services de santé publique demeure faible et en dessous des attentes de la population.

- L’accès aux soins est inéquitable : 0,6 consultation de médecine générale par habitant et par an, 25% des accouchements demeurent non surveillés.

- La pénurie de ressources humaines devient inquiétante : à peine 1,51 professionnel de la santé par 1.000 habitant contre un objectif de 4,45.

- La santé coûte toujours cher aux Marocains : 50,7% des dépenses sont prises en charge directement par les ménages contre un objectif de 25%.

Ceci signifie que beaucoup reste à faire sur plusieurs plans : matériel, gouvernance, législation, ressources humaines…

Pour le pilotage du Plan Santé 2025, un projet management office (PMO) a été mis en place. 11 priorités nationales sont identifiées et 46 projets ont été formalisés. Voici les priorités pour la période 2019-2021 :

- Développer les urgences,

- Elaborer et piloter la politique du médicament,

- Organiser des campagnes médicales,

- Lancer un programmer de lutte contre l’hépatite C,

- Développer ou redynamiser les plans nationaux : obésité et nutrition, handicap…

- Elaborer un programme d’éducation sanitaire et une stratégie de communication,

- Développer des programmes de dialyse et de greffes d’organes,

- Mettre en place des groupements hospitaliers régionaux,

- Lancer le plan Cancer 2019-2029 et ouvrir de nouveau centres d’oncologie,

- Finaliser le système d’information hospitalier,

- Accélérer la production législative : 85 textes à adopter.

Cliquez ici pour consulter la présentation détaillée des 46 projets.

Les réalisations listées par le ministre de la Santé

Voici les principales avancées listées par le ministre de la Santé dans son allocution d’ouverture :

- Augmentation significative, pour la deuxième année consécutive, du nombre de postes budgétaires alloués au secteur, soit 8.000 postes aux titres des exercices 2018 et 2019 ;

- Augmentation de plus de 10% du budget du ministère entre 2018 et 2019, et exploration de nouvelles pistes de financement de la santé ;

- Mise en service ou mise à niveau de nombreuses structures de soins de santé primaires, médicosociales ou hospitalières, et de leurs plateaux techniques.

- Six Schémas Régionaux de l’Offre de soins ont été validés par les commissions régionales. Le ministre appelle les six directions régionales restantes à faire autant pour réunir la commission nationale de l’offre de soins et entériner les 12 SROS ;

- Poursuite de la délégation des pouvoirs aux régions sanitaires, conformément aux dispositions de la charte sur la déconcentration administrative ;

- Mise en place de la facturation hospitalière comme pierre angulaire du dossier administratif électronique du patient, dans le cadre de la digitalisation des structures publiques de soins et du nouveau système d’information du secteur ;

- Poursuite de la réforme des soins de santé primaires et des concertations autour du paquet minimum de services, du rôle de la santé communautaire et du médecin de famille ;

- Amélioration des conditions d’accueil des usagers des établissements de soins, que ce soit dans le réseau des soins de santé primaires ou dans le réseau hospitalier, avec une meilleure gestion des rendez-vous et un meilleur traitement des doléances, selon une approche régionalisée ;

- Dans le cadre de l’initiative « zéro rendez-vous de chirurgie au niveau de l’hôpital public », 415 campagnes médico-chirurgicales à l’intérieur des hôpitaux publics ont été programmées au niveau des 12 régions, ciblant tous les patients chirurgicaux avec une priorité aux affiliés au RAMED. En date du 25 avril 2019, plus de 84 campagnes médico-chirurgicales de ce type ont été réalisées, en parallèle avec le renforcement des programmes opératoires conventionnels des structures hospitalières publiques, permettant la prise en charge de 26.305 indications chirurgicales dans différentes spécialités ;

- Renforcement des urgences préhospitalières et hospitalières, par le développement des SAMU et SMUR ;

- Amélioration des principaux indicateurs de la santé de la mère et de l’enfant, et adoption de la loi sur la Procréation Médicalement Assistée ;

- Amélioration de l’accès au médicament et aux produits de santé essentiels ;

- Contribution à l’extension de la couverture médicale de base dans son volet « Assurance Maladie Obligatoire », le ministère étant « coordinateur » des concertations avec les catégories socioprofessionnelles de travailleurs non-salariés, en collaboration avec le Ministère du Travail et de l’insertion professionnelle, l’ANAM et la CNSS ;

- Renforcement des plans stratégiques de santé rurale et de santé mobile et avènement de la télémédecine ;

- Introduction de nouveaux programmes de santé publique et consolidation/intégration des programmes prioritaires, notamment dans le cadre des stratégies sectorielles de prévention et contrôle des maladies non-transmissibles, de lutte antituberculeuse et de prise en charge du VIH/Sida ;

- Poursuite de la promotion de la santé des populations à besoins spécifiques, de la santé mentale et addictologie ;

- Renforcement de la veille et de la sécurité sanitaire ;

- Mise à niveau des connaissances et des compétences des professionnels de santé, tant en formation initiale que continue, l’amélioration de leurs conditions de travail, et la poursuite du dialogue social constructif avec leurs représentants ;

- Optimisation de l’élaboration des textes juridiques et réglementaires sectoriels et intersectoriels, avec la publication de 2 Lois, 13 décrets et 15 arrêtés ;

- Renforcement de l’action d’inspection et d’audit des structures publiques et privées de santé ;

- Encouragement de l’investissement dans le secteur de la santé ;

- Renforcement du partenariat avec les collectivités territoriales et du partenariat public privé avec les ONG nationales et les secteurs privé et privé à but non-lucratif ;

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