Programme d'eau potable et d'irrigation 2020-2027: Les détails

Projets de barrages, stations de dessalement, réutilisations des eaux usées... Voici les détails du programme national prioritaire d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation.

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Programme d'eau potable et d'irrigation 2020-2027: Les détails

Le 28 janvier 2020 à 16:18

Modifié le 29 janvier 2020 à 08:38

On en sait davantage sur le programme national prioritaire d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. Abdelkader Amara, le mutique ministre de l’Equipement, en a livré les détails lundi 27 janvier, devant la commission des infrastructures, à la Chambre des représentants.

L’exposé fait suite à la demande des groupes PJD et UC au sein de la première chambre. Il intervient quelques jours après la séance de travail tenue au palais royal de Marrakech. Evénement marqué par le coup d'envoi de ce programme qui couvrira la période 2020-2027. Il s'inscrit dans une politique plus globale dont la mise en œuvre s'étendra sur les 30 prochaines années (Programme national de l'eau 2020-2050).

"C’est un sujet stratégique et on ne doit pas lésiner sur les moyens", lance M. Amara. D’où le budget alloué au dispositif: 115,4 MMDH. Le Maroc est classé parmi les pays au stress hydrique élevé, ce qui signifie que la demande en eau est supérieure à la quantité disponible. La célérité est de mise, même si le ministre estime qu’il ne "faut pas dramatiser".

"L’été, un certain nombre de régions marocaines souffrent d’un déficit hydrique. Ce sont généralement des zones dotées de systèmes locaux d’approvisionnement. Or, le cumul d’années de sécheresse vulnérabilise ces systèmes qui ne peuvent plus répondre à la demande en eau", explique M. Amara.

Le programme tend ainsi à "limiter l’impact climatique" et "garantir la sécurité de l’eau". Ces objectifs, entre autres, passent par la réalisation d’actions qui s’articulent autour de cinq axes principaux, détaillés comme suit :

> L’amélioration de l'offre hydrique :

"Cette amélioration se fera fondamentalement via la construction des barrages", annonce le ministre.  

Aujourd’hui, le Maroc compte 145 barrages pour une capacité de stockage de 18,67 milliards de m3. 20 nouveaux barrages sont prévus dans le cadre du programme, pour une capacité de totale de 5,38 milliards de m3. 14 autres barrages sont en cours de construction (3,21 milliards m3). Ces chiffres ne concernent que "les grands barrages". Selon les derniers recensements, le Royaume compte en outre 909 petits barrages. 130 ont été réalisés et 20 sont en cours de réalisation.

"2015, 2016 et 2017 ont été marqués par une faible pluviométrie qui a impacté négativement le stock des barrages et la nappe d’eau souterraine. Une amélioration a été observée en 2018. Actuellement, le taux moyen de remplissage des barrages est évalué à 50% au lieu des 62% enregistrés l’année précédente", rappelle M. Amara.

L’amélioration de l’offre implique aussi la prospection d'eaux souterraines nouvelles pour renforcer l’approvisionnement en eau potable. Le ministère de l’Equipement y contribuera via un budget estimé à 800 MDH tandis que l’ONEE investira une enveloppe de 560 MDH.

Par ailleurs, l’on prévoit la mise en place de trois nouvelles stations de dessalement pour une capacité de production totale estimée à 243.300 m3/jour (Ex: station de Casablanca, capacité de 200.000 m3/jour? annoncée). Actuellement, 5 stations sont en cours de réalisation  pour une capacité de 328.200 m3/jour (Ex: Station d'Agadir dont la capacité est annoncée entre 150.000 et 200.000 m3/jour pour l'eau potable et 125.000 et 200.000 m3/jour destinés à l'irrigation) tandis que 4 ont été réalisées (46.300 m/jour).

>La gestion de la demande et la valorisation de l'eau, notamment dans le secteur agricole

Ce volet dépend de la mise en œuvre du programme national d’économie d’eau d’irrigation. Notamment via l’équipement de 350.00 hectares supplémentaires, l’augmentation des espaces équipés de systèmes d’irrigation au goutte à goutte à environ 940.000 hectares à l’échelle nationale.

Il s’agira également de réaliser le projet d’aménagement hydro-agricole pour la sauvegarde la plaine de Saiss, sur une surface de 30.000 hectares à travers la réalisation d’un canal  et d’un réseau de transfert d’eau à partir du barrage Mdez.

Un dispositif hydro-agricole viendra renforcer la zone sud-est de la plaine du Gharb sur une superficie de 30.000 hectares. L’objectif est de préserver les ressources en eaux pourvues par le barrage Al Ouahda qui vise à étendre les espaces d’irrigation dans la région.

Le renforcement de l'approvisionnement en eau potable en milieu rural

"Le domaine rural ne doit plus dépendre de systèmes locaux. Il est aujourd’hui nécessaire qu’il soit lié à des systèmes structurels, à l’instar des villes du Royaume", explique M. Amara. D’où l’équipement entamé de 160 centres et la programmation de l’équipement et mise à niveau de 659 centres supplémentaires au profit de 1,2 millions d’habitants.

Le programme prévoit  aussi de poursuivre l’aménagement de 10.818 douars et la programmation de l’équipement de 7.876 douars supplémentaires au profit de 5,7 millions d’habitants. Il s’agit en outre d’améliorer "le rendement des réseaux de distribution dans les villes et centres urbains à hauteur de 78% à l’horizon, ce qui permettra d’économiser un total de 207 millions de m3 d’eau", selon le ministre.

 > La réutilisation des eaux usées traitées dans l'irrigation des espaces verts

"L’opinion publique nationale et internationale n’accepte plus que les espaces verts soient irrigués à l’eau potable", indique M. Amara. "Nous avons décidé d’irriguer les terrains de golf uniquement via des eaux usées traitées. Il s’agit désormais d’étendre ce dispositif à l’ensemble des espaces verts", ajoute-t-il.

En ce sens, il est question de diligenter un "programme national intégré d’assainissement liquide dans les milieux urbain et rural et la réutilisation des eaux usées traitées". Le but est de "poursuivre la réalisation des projets d’assainissement au profit de 128 villes et centres urbains, ainsi que le raccordement de 1.207 centres ruraux aux réseaux d’assainissement, en plus de la réutilisation des eaux usées traitées dans l’irrigation des espaces verts".

La communication et la sensibilisation en vue de renforcer la conscience liée à l'importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son utilisation

"Les Marocains ne doivent plus considérer l’eau comme un produit inépuisable", martèle le ministre. Un des axes importants consiste à convaincre les citoyens "de la nécessité de rationaliser l’usage de l’eau" et "de l’importance de la préservation des ressources hydriques, surtout pour les générations futures".

Le programme prévoit en ce sens de larges "campagnes de sensibilisation" via "les canaux de communication directs et indirects", notamment "les réseaux sociaux".

Programme d'eau potable et d'irrigation 2020-2027: Les détails

Le 28 janvier 2020 à16:34

Modifié le 29 janvier 2020 à 08:38

Projets de barrages, stations de dessalement, réutilisations des eaux usées... Voici les détails du programme national prioritaire d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation.

On en sait davantage sur le programme national prioritaire d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation. Abdelkader Amara, le mutique ministre de l’Equipement, en a livré les détails lundi 27 janvier, devant la commission des infrastructures, à la Chambre des représentants.

L’exposé fait suite à la demande des groupes PJD et UC au sein de la première chambre. Il intervient quelques jours après la séance de travail tenue au palais royal de Marrakech. Evénement marqué par le coup d'envoi de ce programme qui couvrira la période 2020-2027. Il s'inscrit dans une politique plus globale dont la mise en œuvre s'étendra sur les 30 prochaines années (Programme national de l'eau 2020-2050).

"C’est un sujet stratégique et on ne doit pas lésiner sur les moyens", lance M. Amara. D’où le budget alloué au dispositif: 115,4 MMDH. Le Maroc est classé parmi les pays au stress hydrique élevé, ce qui signifie que la demande en eau est supérieure à la quantité disponible. La célérité est de mise, même si le ministre estime qu’il ne "faut pas dramatiser".

"L’été, un certain nombre de régions marocaines souffrent d’un déficit hydrique. Ce sont généralement des zones dotées de systèmes locaux d’approvisionnement. Or, le cumul d’années de sécheresse vulnérabilise ces systèmes qui ne peuvent plus répondre à la demande en eau", explique M. Amara.

Le programme tend ainsi à "limiter l’impact climatique" et "garantir la sécurité de l’eau". Ces objectifs, entre autres, passent par la réalisation d’actions qui s’articulent autour de cinq axes principaux, détaillés comme suit :

> L’amélioration de l'offre hydrique :

"Cette amélioration se fera fondamentalement via la construction des barrages", annonce le ministre.  

Aujourd’hui, le Maroc compte 145 barrages pour une capacité de stockage de 18,67 milliards de m3. 20 nouveaux barrages sont prévus dans le cadre du programme, pour une capacité de totale de 5,38 milliards de m3. 14 autres barrages sont en cours de construction (3,21 milliards m3). Ces chiffres ne concernent que "les grands barrages". Selon les derniers recensements, le Royaume compte en outre 909 petits barrages. 130 ont été réalisés et 20 sont en cours de réalisation.

"2015, 2016 et 2017 ont été marqués par une faible pluviométrie qui a impacté négativement le stock des barrages et la nappe d’eau souterraine. Une amélioration a été observée en 2018. Actuellement, le taux moyen de remplissage des barrages est évalué à 50% au lieu des 62% enregistrés l’année précédente", rappelle M. Amara.

L’amélioration de l’offre implique aussi la prospection d'eaux souterraines nouvelles pour renforcer l’approvisionnement en eau potable. Le ministère de l’Equipement y contribuera via un budget estimé à 800 MDH tandis que l’ONEE investira une enveloppe de 560 MDH.

Par ailleurs, l’on prévoit la mise en place de trois nouvelles stations de dessalement pour une capacité de production totale estimée à 243.300 m3/jour (Ex: station de Casablanca, capacité de 200.000 m3/jour? annoncée). Actuellement, 5 stations sont en cours de réalisation  pour une capacité de 328.200 m3/jour (Ex: Station d'Agadir dont la capacité est annoncée entre 150.000 et 200.000 m3/jour pour l'eau potable et 125.000 et 200.000 m3/jour destinés à l'irrigation) tandis que 4 ont été réalisées (46.300 m/jour).

>La gestion de la demande et la valorisation de l'eau, notamment dans le secteur agricole

Ce volet dépend de la mise en œuvre du programme national d’économie d’eau d’irrigation. Notamment via l’équipement de 350.00 hectares supplémentaires, l’augmentation des espaces équipés de systèmes d’irrigation au goutte à goutte à environ 940.000 hectares à l’échelle nationale.

Il s’agira également de réaliser le projet d’aménagement hydro-agricole pour la sauvegarde la plaine de Saiss, sur une surface de 30.000 hectares à travers la réalisation d’un canal  et d’un réseau de transfert d’eau à partir du barrage Mdez.

Un dispositif hydro-agricole viendra renforcer la zone sud-est de la plaine du Gharb sur une superficie de 30.000 hectares. L’objectif est de préserver les ressources en eaux pourvues par le barrage Al Ouahda qui vise à étendre les espaces d’irrigation dans la région.

Le renforcement de l'approvisionnement en eau potable en milieu rural

"Le domaine rural ne doit plus dépendre de systèmes locaux. Il est aujourd’hui nécessaire qu’il soit lié à des systèmes structurels, à l’instar des villes du Royaume", explique M. Amara. D’où l’équipement entamé de 160 centres et la programmation de l’équipement et mise à niveau de 659 centres supplémentaires au profit de 1,2 millions d’habitants.

Le programme prévoit  aussi de poursuivre l’aménagement de 10.818 douars et la programmation de l’équipement de 7.876 douars supplémentaires au profit de 5,7 millions d’habitants. Il s’agit en outre d’améliorer "le rendement des réseaux de distribution dans les villes et centres urbains à hauteur de 78% à l’horizon, ce qui permettra d’économiser un total de 207 millions de m3 d’eau", selon le ministre.

 > La réutilisation des eaux usées traitées dans l'irrigation des espaces verts

"L’opinion publique nationale et internationale n’accepte plus que les espaces verts soient irrigués à l’eau potable", indique M. Amara. "Nous avons décidé d’irriguer les terrains de golf uniquement via des eaux usées traitées. Il s’agit désormais d’étendre ce dispositif à l’ensemble des espaces verts", ajoute-t-il.

En ce sens, il est question de diligenter un "programme national intégré d’assainissement liquide dans les milieux urbain et rural et la réutilisation des eaux usées traitées". Le but est de "poursuivre la réalisation des projets d’assainissement au profit de 128 villes et centres urbains, ainsi que le raccordement de 1.207 centres ruraux aux réseaux d’assainissement, en plus de la réutilisation des eaux usées traitées dans l’irrigation des espaces verts".

La communication et la sensibilisation en vue de renforcer la conscience liée à l'importance de la préservation des ressources en eau et la rationalisation de son utilisation

"Les Marocains ne doivent plus considérer l’eau comme un produit inépuisable", martèle le ministre. Un des axes importants consiste à convaincre les citoyens "de la nécessité de rationaliser l’usage de l’eau" et "de l’importance de la préservation des ressources hydriques, surtout pour les générations futures".

Le programme prévoit en ce sens de larges "campagnes de sensibilisation" via "les canaux de communication directs et indirects", notamment "les réseaux sociaux".

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