RAM : Un aller-retour à Paris pour découvrir les nouvelles règles sanitaires

Au premier jour de la réouverture partielle du ciel marocain, une douzaine d’avions de la RAM et d’Air Arabia ont desservi le 15 juillet plusieurs villes européennes et américaines. Pour montrer le nouveau processus d’accueil aéroportuaire ainsi que les règles sanitaires imposées aux passagers, Medias24 s’est donc glissé dans la peau d’un voyageur lambda.

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RAM : Un aller-retour à Paris avec les nouvelles règles sanitaires

Le 16 juillet 2020 à 11:28

Modifié le 17 juillet 2020 à 08:58

Au terme d’un A/R entre le Maroc et la France, il faut croire que le monde a bien changé et que la pandémie a instauré de nouveaux réflexes pour les voyageurs. Voici ce qu'il faut retenir si vous allez voyager dans le cadre de cette opération spéciale d'ouverture des frontières (voir vidéos live plus bas).

Covid-19 ou pas, avions bondés à l’aller et au retour

Bien avant le décollage de l'aéroport de Casablanca, le Boeing 737 de la RAM était complet avec 170 passagers dont une majorité d’étrangers et de Marocains bloqués, visiblement soulagés de la fin d’un « véritable cauchemar ».

Selon nos informations, les 12 avions programmés, de Casablanca, par Air Arabia et la RAM, ont presque tous fait le plein mais ce phénomène ne devrait pas s’éterniser sachant qu’il reste peu de Marocains et d’étrangers bloqués au royaume.

A contrario, les deux compagnies nationales s’attendent à un vrai raz de marée des passagers en provenance de l’étranger et en particulier des MRE obligés de voyager en avion après la quasi-annulation de l’opération Marhaba.

Hormis une déclaration sur l’honneur, aucune barrière pour entrer en France

Si au départ du Maroc, aucun document, autre que le passeport et le ticket d’embarquement, n’a été réclamé par les autorités, l'arrivée à l’aéroport CDG a été conditionnée par une déclaration manuscrite sur l’honneur, dûment signée remise aux hôtesses de l’air.

Après le passage au filtre policier, aucune prise de température n’a été effectuée sur les centaines de passagers descendus de plusieurs avions en même temps. Devant notre surprise à haute voix, un préposé sanitaire a affirmé que le Maroc était sur la liste verte de l'UE.

Sans résultats des tests, pas de carte d’embarquement pour le Maroc

Quelques heures plus tard, soit lors de la phase d’enregistrement pour le vol retour Paris-Casa, l’ensemble des voyageurs ont dû présenter à 2 reprises leurs résultats négatifs des tests Covid 19.

Une première fois avant de se voir remettre le ticket d’embarquement et une seconde fois au moment d’embarquer dans l’avion. Un double checking ayant pour objectif d’empêcher un porteur du virus de se retrouver à bord d’un appareil et de contaminer ses occupants.

Nouvelle fiche sanitaire à bord et dernier contrôle à l’arrivée

Précisons que la vérification des résultats d’analyses sera renouvelée à l’aéroport de Casablanca où il y aura prise de température dont le résultat pourra donner lieu à un nouveau test.

Une heure avant l’atterrissage à Casablanca, le personnel nous a remis une fiche sanitaire où à l’instar des autorités françaises, le passager doit remplir une déclaration sur l’honneur selon laquelle il ne présente aucun symptôme du coronavirus. Une fois remplie, les hôtesses la récupèrent avant de la transmettre aux autorités marocaines.

L’énorme demande sera satisfaite avec les 59 avions de la RAM

Présent dans l’avion reliant Casablanca à Paris puis à l’aéroport CDG, le président de la RAM nous a affirmés que la compagnie s’était mobilisée pour gérer le rapatriement de tous les Marocains bloqués ou pas dans le monde ainsi que les étrangers résidents au Maroc dans le même cas.

« En termes de flux, nous sommes loin des chiffres réalisés normalement en été mais la RAM injectera autant d’avions qu’il le faudra pour satisfaire les besoins que ce soit des MRE, étudiants, hommes d’affaires, malades », explique Hamid Addou qui s’engage à faire le maximum.

Un Casa-Paris est en moyenne à 4.000 dirhams et pas à 40.000 DH

Appelé à réagir aux accusations d’avoir profité du duopole temporaire RAM-Air Arabia pour augmenter les prix des billets, le président dément formellement et parle même de manipulations délibérées pour entacher l’image de la compagnie.

« C’est diffamatoire car certains présentent un seul ticket Casablanca-Paris à 40.000 dirhams alors qu’ils savent pertinemment que c’est le prix d’un voyage pour 8 personnes.

« Sachant que de nombreuses personnes, y compris nos clients, font face à des pertes de revenus (budget vacances…), nos tarifs, mis à jour récemment, ont baissé de 25% à 30% par rapport à l’été 2019 et contrairement à des rumeurs, il serait impensable de profiter de la situation.

« Mes propos sont d’ailleurs vérifiables sur notre site où il est possible de comparer les tarifs des deux mois de juillet.

« Aujourd’hui, notre fourchette pour un A/R Casa-Paris varie entre 3.500 et 6.000 dirhams.

« Je rappelle que le prix moyen de ce billet tourne autour de 4.000 dirhams alors que durant les opérations spéciales de rapatriements, nos concurrents (Air France …) proposaient juste l’aller simple à ce tarif», conclut Addou qui dénonce "la malhonnêteté" de certaines attaques.

Pour rappel, la RAM a fini dans la journée du 15 juillet par fixer ses tarifs dans le cadre de cette opération spéciale, pour lever tout malentendu.

Laisser-aller des passagers et repas ignobles à revoir

En conclusion, il importe d'abord de soulever une remarque sur les risques encourus de contamination. En effet, malgré les avertissements du personnel, de nombreux passagers ne portaient pas leur masque et n'avaient pas l'air de comprendre le sens de la distanciation.

Entre ceux qui continuent à se précipiter, après l'atterrissage, pour sortir les premiers, en se collant les uns contre les autres et ceux qui toussent allègrement sans aucun geste de protection, la pandémie ne semble vraiment pas exister pour eux.

Enfin, la dernière remarque s'adresse à la RAM, qui pour limiter les risques de contamination, ne sert plus de plateau nourriture mais se contente d'offrir dans un sac en papier une petite bouteille d'eau et un sandwich thon-tomates qu'il ne serait pas exagéré de qualifier d'immangeable voire même d'ignoble.

Si le risque doit être maîtrisé, il n'en demeure pas moins que la RAM est une compagnie régulière où le repas est facturé et pas charter où n'importe quelle sustentation est dûment tarifée.

Pour avoir pris l'avion au moment du petit déjeuner et du dîner, l'auteur de ces lignes ne peut que partager l'avis de la majorité des passagers pour qui la RAM doit absolument changer de prestataire de catering qui n'est définitivement pas à la hauteur.

 

 

 

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RAM : Un aller-retour à Paris pour découvrir les nouvelles règles sanitaires

Le 16 juillet 2020 à11:28

Modifié le 17 juillet 2020 à 08:58

Au premier jour de la réouverture partielle du ciel marocain, une douzaine d’avions de la RAM et d’Air Arabia ont desservi le 15 juillet plusieurs villes européennes et américaines. Pour montrer le nouveau processus d’accueil aéroportuaire ainsi que les règles sanitaires imposées aux passagers, Medias24 s’est donc glissé dans la peau d’un voyageur lambda.

Au terme d’un A/R entre le Maroc et la France, il faut croire que le monde a bien changé et que la pandémie a instauré de nouveaux réflexes pour les voyageurs. Voici ce qu'il faut retenir si vous allez voyager dans le cadre de cette opération spéciale d'ouverture des frontières (voir vidéos live plus bas).

Covid-19 ou pas, avions bondés à l’aller et au retour

Bien avant le décollage de l'aéroport de Casablanca, le Boeing 737 de la RAM était complet avec 170 passagers dont une majorité d’étrangers et de Marocains bloqués, visiblement soulagés de la fin d’un « véritable cauchemar ».

Selon nos informations, les 12 avions programmés, de Casablanca, par Air Arabia et la RAM, ont presque tous fait le plein mais ce phénomène ne devrait pas s’éterniser sachant qu’il reste peu de Marocains et d’étrangers bloqués au royaume.

A contrario, les deux compagnies nationales s’attendent à un vrai raz de marée des passagers en provenance de l’étranger et en particulier des MRE obligés de voyager en avion après la quasi-annulation de l’opération Marhaba.

Hormis une déclaration sur l’honneur, aucune barrière pour entrer en France

Si au départ du Maroc, aucun document, autre que le passeport et le ticket d’embarquement, n’a été réclamé par les autorités, l'arrivée à l’aéroport CDG a été conditionnée par une déclaration manuscrite sur l’honneur, dûment signée remise aux hôtesses de l’air.

Après le passage au filtre policier, aucune prise de température n’a été effectuée sur les centaines de passagers descendus de plusieurs avions en même temps. Devant notre surprise à haute voix, un préposé sanitaire a affirmé que le Maroc était sur la liste verte de l'UE.

Sans résultats des tests, pas de carte d’embarquement pour le Maroc

Quelques heures plus tard, soit lors de la phase d’enregistrement pour le vol retour Paris-Casa, l’ensemble des voyageurs ont dû présenter à 2 reprises leurs résultats négatifs des tests Covid 19.

Une première fois avant de se voir remettre le ticket d’embarquement et une seconde fois au moment d’embarquer dans l’avion. Un double checking ayant pour objectif d’empêcher un porteur du virus de se retrouver à bord d’un appareil et de contaminer ses occupants.

Nouvelle fiche sanitaire à bord et dernier contrôle à l’arrivée

Précisons que la vérification des résultats d’analyses sera renouvelée à l’aéroport de Casablanca où il y aura prise de température dont le résultat pourra donner lieu à un nouveau test.

Une heure avant l’atterrissage à Casablanca, le personnel nous a remis une fiche sanitaire où à l’instar des autorités françaises, le passager doit remplir une déclaration sur l’honneur selon laquelle il ne présente aucun symptôme du coronavirus. Une fois remplie, les hôtesses la récupèrent avant de la transmettre aux autorités marocaines.

L’énorme demande sera satisfaite avec les 59 avions de la RAM

Présent dans l’avion reliant Casablanca à Paris puis à l’aéroport CDG, le président de la RAM nous a affirmés que la compagnie s’était mobilisée pour gérer le rapatriement de tous les Marocains bloqués ou pas dans le monde ainsi que les étrangers résidents au Maroc dans le même cas.

« En termes de flux, nous sommes loin des chiffres réalisés normalement en été mais la RAM injectera autant d’avions qu’il le faudra pour satisfaire les besoins que ce soit des MRE, étudiants, hommes d’affaires, malades », explique Hamid Addou qui s’engage à faire le maximum.

Un Casa-Paris est en moyenne à 4.000 dirhams et pas à 40.000 DH

Appelé à réagir aux accusations d’avoir profité du duopole temporaire RAM-Air Arabia pour augmenter les prix des billets, le président dément formellement et parle même de manipulations délibérées pour entacher l’image de la compagnie.

« C’est diffamatoire car certains présentent un seul ticket Casablanca-Paris à 40.000 dirhams alors qu’ils savent pertinemment que c’est le prix d’un voyage pour 8 personnes.

« Sachant que de nombreuses personnes, y compris nos clients, font face à des pertes de revenus (budget vacances…), nos tarifs, mis à jour récemment, ont baissé de 25% à 30% par rapport à l’été 2019 et contrairement à des rumeurs, il serait impensable de profiter de la situation.

« Mes propos sont d’ailleurs vérifiables sur notre site où il est possible de comparer les tarifs des deux mois de juillet.

« Aujourd’hui, notre fourchette pour un A/R Casa-Paris varie entre 3.500 et 6.000 dirhams.

« Je rappelle que le prix moyen de ce billet tourne autour de 4.000 dirhams alors que durant les opérations spéciales de rapatriements, nos concurrents (Air France …) proposaient juste l’aller simple à ce tarif», conclut Addou qui dénonce "la malhonnêteté" de certaines attaques.

Pour rappel, la RAM a fini dans la journée du 15 juillet par fixer ses tarifs dans le cadre de cette opération spéciale, pour lever tout malentendu.

Laisser-aller des passagers et repas ignobles à revoir

En conclusion, il importe d'abord de soulever une remarque sur les risques encourus de contamination. En effet, malgré les avertissements du personnel, de nombreux passagers ne portaient pas leur masque et n'avaient pas l'air de comprendre le sens de la distanciation.

Entre ceux qui continuent à se précipiter, après l'atterrissage, pour sortir les premiers, en se collant les uns contre les autres et ceux qui toussent allègrement sans aucun geste de protection, la pandémie ne semble vraiment pas exister pour eux.

Enfin, la dernière remarque s'adresse à la RAM, qui pour limiter les risques de contamination, ne sert plus de plateau nourriture mais se contente d'offrir dans un sac en papier une petite bouteille d'eau et un sandwich thon-tomates qu'il ne serait pas exagéré de qualifier d'immangeable voire même d'ignoble.

Si le risque doit être maîtrisé, il n'en demeure pas moins que la RAM est une compagnie régulière où le repas est facturé et pas charter où n'importe quelle sustentation est dûment tarifée.

Pour avoir pris l'avion au moment du petit déjeuner et du dîner, l'auteur de ces lignes ne peut que partager l'avis de la majorité des passagers pour qui la RAM doit absolument changer de prestataire de catering qui n'est définitivement pas à la hauteur.

 

 

 

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