Une étude marocaine: La thymoquinone, traitement potentiel contre le Covid-19?
Plusieurs recherches sont actuellement en cours pour trouver un traitement prometteur contre le Covid-19. Une étude réalisée récemment par trois chercheurs marocains a montré le potentiel inhibiteur de la thymoquinone, un principe actif de la nigelle, sur la protéase, une particule virale indispensable à la réplication du Sars-CoV-2.
Depuis l’apparition du Covid-19 en Chine, une course au vaccin a été lancée dans le monde entier. Environ 150 vaccins contre ce virus sont en cours d’étude dans le monde, dont au moins 19 en essai clinique.
Aux côtés de ces efforts, d’autres chercheurs se sont aventurés sur des terrains différents. Tel est le cas d’une équipe de chercheurs marocains, du Laboratoire de pharmacologie et de toxicologie cliniques (LPTC) de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, qui s’intéresse à la nigelle. Il s’agit du Dr. Youness Kadil, Pr. Houda Filali et du Dr. Mohammed Mouhcine.
"La situation sanitaire inédite provoquée par la pandémie du Covid -19, et la détresse mondiale imposent de tenter plusieurs chemins de recherches fondamentales, expérimentales et cliniques, afin de proposer des solutions préventives et curatives. Ceci a suscité des mouvements de repositionnement de plusieurs molécules à potentialités antivirales et /ou modulatrices de la réactivité inflammatoire en l’attente d’une vaccination prometteuse", nous explique un des auteurs de la recherche, contacté par nos soins.
"Le laboratoire de pharmacologie et de toxicologie cliniques de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca s’est engagé depuis le démarrage de la vague d’infestation dans la mise en place d’un plan de recherche anti-Covid19. L’un des principaux axes de ce projet est consacré à la modélisation moléculaire pour explorer l'activité antivirale de certaines molécules sur le Sars-CoV-2", ajoute notre interlocuteur.
"Parmi les voies de recherche entreprises, une étude qui s’est intéressée à la nigelle".
La nigelle, de nom scientifique "Nigella Sativa", est connue également sous le nom de cumin noir (الحبة السوداء), dont les graines et les extraits ont longtemps été utilisée comme remèdes traditionnels dans plusieurs pays du monde.
La nigelle contient de nombreux principes actifs, notamment la thymoquinone, connue pour ses activités antioxydantes, anti-inflammatoires, et antihistaminiques...
Dans leur étude, les trois chercheurs marocains ont montré, par modélisation moléculaire, le potentiel inhibiteur de la thymoquinone sur la protéase du Sars-CoV-2, une particule virale indispensable à la réplication de ce virus.
"L'activité antivirale de cette molécule a été démontrée In vitro sur certaines pathologies virales, telles l’hépatite C, la grippe aviaire et contre le VIH", nous explique l'un des auteurs.
Toutefois, les chercheurs insistent sur le fait qu'"il s'agit bien d'une étude sélective par modélisation, qui nécessite une évaluation de ce potentiel inhibiteur sur des lignés cellulaires infectées, voire même des modèles animaux du Covid, afin de pouvoir évaluer la possibilité d'utiliser la thymoquinone en tant que traitement effectif ou adjuvant contre les suites causées par ce virus".
La prochaine étape pour ces chercheurs serait donc de réaliser des études in vitro, pour confirmer ces résultats, en travaillant sur des cellules infestées.
Notant également que la recherche a été menée sur un principe actif de la nigelle. Il ne s'agit donc ni de l'huile ni des graines de nigelle, dont la consommation en grande quantité pourrait représenter un danger pour la santé.
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