« Le livre noir de la ville blanche » : Les maux de Casablanca compilés par Mouna Hachim

L’administratrice de la page Facebook « Save Casablanca » vient de sortir un document de plus de 200 pages qui réunit des dizaines de témoignages formulés par les membres du groupe au cours des sept dernières années. L’objectif est de sensibiliser le plus grand nombre, y compris et surtout au sein de la classe politique locale.

« Le livre noir de la ville blanche » : Les maux de Casablanca compilés par Mouna Hachim

Le 26 avril 2021 à 15h26

Modifié 26 avril 2021 à 15h41

L’administratrice de la page Facebook « Save Casablanca » vient de sortir un document de plus de 200 pages qui réunit des dizaines de témoignages formulés par les membres du groupe au cours des sept dernières années. L’objectif est de sensibiliser le plus grand nombre, y compris et surtout au sein de la classe politique locale.

Depuis près de huit ans que le groupe Facebook « Save Casablanca » existe, créé en septembre 2013 par sa modératrice, l’écrivaine Mouna Hachim, cette dernière n’en finit pas de valider quotidiennement, à raison « de deux ou trois heures par jour », les très nombreuses publications de doléances formulées par ses 266.000 membres concernant la gestion de la ville de Casablanca. Le 9 janvier dernier, elle annonçait sur les réseaux sociaux sa volonté d’en réunir une grande partie dans un document unique.

Trois mois plus tard, ledit document est désormais publié et diffusé à très grande échelle – sur les comptes Facebook, Twitter et Linkedin de Mouna Hachim, ainsi que sur le groupe « Save Casablanca ». L’écrivaine a également mobilisé son réseau de journalistes et de leaders d’opinion pour faire connaître au plus grand nombre son « Livre noir de la ville blanche ».

Au fil de ses 258 pages, elle compile des dizaines de publications d’internautes anonymes qui déplorent les chantiers interminables, la détérioration des trottoirs, chaussées et autres nids-de-poule, la gestion très décriée de la Lydec (notamment les factures exorbitantes rapportées par de nombreux clients et les poteaux électriques chancelants), la gestion des déchets et l’« apocalyptique » décharge de Médiouna, le calvaire des transports publics (y compris les taxis), la conduite et les stationnements sauvages, la négligence du patrimoine, l’occupation illégale et anarchique de l’espace public, l’insécurité, l’incivisme, les problèmes de gardiennage et, enfin, le manque criant d’espaces verts. Grosso modo, la liste semble donc assez exhaustive.

« Les dernières pluies ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase »

« Je me suis rendue compte que si les réseaux sociaux permettent effectivement une liberté de ton et une magnifique interaction entre citoyens, ils ont aussi leurs limites ; toutes ces informations sont diluées au fur et à mesure des publications et finissent par disparaître en bas de page. Finalement, les efforts sont vains », explique Mouna Hachim à Médias24. Et d’ajouter : « L’idée de récapituler les principaux problèmes qui circulent dans le groupe me trottait dans la tête depuis quelque temps déjà. Le déclic s’est produit lors des dernières pluies ; ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. De simples pluies ont révélé les énormes défaillances concernant l’assainissement et l’état des chaussées. »

Au début, le document faisait « une soixantaine de pages ». Or, l’ampleur de la problématique était telle que le nombre de pages a rapidement grossi au cours des trois mois durant lesquels Mouna Hachim s’est attelée à ce projet. Désormais bien ficelé, le document rassemble des publications, des témoignages et des photos qui remontent à 2014, soit quasiment depuis le début de la création du groupe Facebook. « C’est un récapitulatif subjectif car je ne peux pas revenir sur tout ce qui a été publié. J’ai essayé de rendre quelque chose de consistant sans faire de langue de bois, afin de sortir d’un langage un peu lisse et conventionnel. Je ne cherche ni à nuire, ni à faire plaisir, mais simplement le bien-être de ma ville et de ses habitants. Je ne m’oppose pas aux responsables politiques et je ne veux pas me substituer à eux. Je suis extrêmement critique mais je ne suis l’ennemie de personne », précise-t-elle.

Sensibiliser le plus grand nombre, y compris du côté des responsables politiques

A quelques mois des élections, la publication de ce document est-elle fortuite ? Réponse : « Je ne me rattache à aucun mouvement politique ou idéologique. L’objectif pour moi, c’est de sensibiliser le plus grand nombre de personnes. Je pars du principe que tout n’est pas noir : partout, il y a des citoyens de bonne volonté qui veulent servir cette ville. S’ils en ont réellement le souhait, alors un cercle vertueux peut se mettre en place. Le travail est là ; il est mâché, et le constat est clair et sans langue de bois. Chacun doit désormais assumer son rôle : les médias doivent diffuser les informations et les responsables politiques doivent faire leur travail. En tant que Casablancais, nous aspirons à une gestion plus rigoureuse de la ville, qui soit en phase avec les ambitions affichées d’une ville dite intelligente, qui n’a finalement d’intelligent que le nom. »

Mouna Hachim dit ne pas avoir l’intention de transmettre directement ce document aux élus locaux : « Je ne fais pas la démarche de m’approcher des responsables politiques. J’ai fait énormément circuler ce document ; il y a de fortes chances qu’il leur parvienne sans même que je le leur envoie. »

Y a t-il des thématiques qui n’ont pas été abordées ? « Disons que certaines ne sont pas spécifiques à Casablanca pour être évoquées dans ce document, notamment les infrastructures de base – hôpitaux, dispensaires de santé, établissements scolaires… Je n’ai pas non plus parlé du manque d’infrastructures sportives et culturelles, mais tout est lié : parler d’incivisme c’est une chose, mais quelle alternative offrons-nous à cette jeunesse lorsqu’on remplit la ville de béton et de ciment ? C’est un sujet que j’aurais pu évoquer, mais la problématique est tellement riche… Il faut dire que j’avais aussi le souci de boucler ce projet avant les élections. » C’est chose faite.

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