img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

AMO : Voici les nouvelles bases de remboursement chez la CNSS

L’ANAM, la CNSS et les professionnels de la santé ont signé les conventions révisant la tarification nationale de référence de l'AMO relative à plusieurs actes médicaux. Elles entreront en vigueur 2 mois après leur publication au BO. Voici les détails.

AMO : Voici les nouvelles bases de remboursement chez la CNSS
H.G.
Le 14 janvier 2020 à 17h04 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

Il aura fallu plusieurs années pour que les différents intervenants dans le dossier de la révision de la tarification nationale de référence de l’AMO trouvent un terrain d’entente.

L’Agence Nationale de l’Assurance Maladie signe donc, ce début d’année 2020, l’épilogue d’une longe phase marquée par des tensions qui ont connu leur paroxysme en 2019 quand les cliniques privées et les médecins ont menacé de se déconventionner du régime AMO. S’en est suivie une longue série de négociations et de discussions menées par l'ANAM, à sa tête Khalid Lahlou, pour enfin aboutir un accord.

Le restant à charge va baisser pour les assurés

Ce lundi 13 janvier, sous l’égide de l’ANAM, la CNSS et les professionnels de la santé ont procédé à la signature de trois conventions :

- Convention nationale entre la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les Etablissements de Soins Privés.

- Convention nationale entre la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les Médecins Spécialistes du Secteur Privé.

- Convention nationale entre la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et les Médecins Généralistes du Secteur Privé.

Par ces trois conventions conclues pour une durée de 4 ans, les TNR de plusieurs actes dont les tarifs des consultations ont été revus à la hausse.

Pour le moment, ces révisions s’appliquent aux salariés du privé car seule la CNSS a signé les conventions. La CNOPS, qui gère l’AMO pour les fonctionnaires, n’a pas encore adhéré aux nouveaux tarifs. « La CNOPS doit d’abord régler quelques détails techniques avant de signer. Mais sur le principe, elle n’est pas contre les revalorisations opérées », nous assure une source proche du dossier.

Il faut lire entre les lignes que la CNOPS doit d’abord s’assurer que ces revalorisations n’auront pas un impact majeur sur ses équilibres financiers.

Quoi qu’il en soit, la signature de ces conventions est une bonne nouvelle pour les citoyens et les prestataires de soins. « Le chantier de la révision tarifaire est énorme car il y a des milliers d’actes à revoir et d’autres à intégrer. Ce qui est significatif aujourd’hui, c’est que nous avons dépassé les obstacles. On a commencé le processus par des actes transversaux et redondants. La réanimation, l’hospitalisation médicale, ou les soins intensifs intéressent tous les Marocains… », avance Redouane Semlali, président de l’ANCP, l’un des signataires des conventions, dans une déclaration à Médias24.

Voilà ce qui a changé 

Médias24 a consulté les nouvelles conventions. Il en ressort, comme précisé dans un précédent article dédié au sujet, que les tarifs de base des consultations chez les généralistes et les spécialistes ont été révisés à la hausse.

Pour la consultation chez le généraliste, le tarif de remboursement passe de 80 DH à 150 DH. La consultation du spécialiste passe de 150 DH à 250 DH. 

Le tarif du séjour en réanimation est passé de 1.500 DH à 2.500 DH/jour. Celui des soins intensifs passe de 1.000 à 1.500 DH/jour. Et celui de l’hospitalisation médicale passe de 550 DH à 850 DH/jour.

« En ce qui concerne la cardiologie, certains actes ont été revus à la baisse suite à la constatation de la baisse des prix des consommables. La révision concernera également l’intégration de nouveaux actes à la nomenclature », explique Semlali. « Le Petscan (technique d’imagerie, ndlr) a fait son entrée dans le panier de soins avec un tarif de base de 7.000 DH », ajoute notre source.

Voici un tableau récapitulatif des changements
AMO : Voici les nouvelles bases de remboursement chez la CNSS

« Rien qu’avec ces révisions, le reste à charge pour les patients va significativement baisser », insiste Redouane Semlali.

Prenons l’exemple d’une consultation chez un généraliste qui coûte en moyenne 150 DH.

Sur la base des anciens tarifs, le patient paie 150 DH au médecin mais sera remboursé 70% sur un tarif de 80 DH :

  80 x 70% = 56 DH est le montant remboursé. Le reste à charge pour le patient est de 94 DH (150 -56).

Avec la nouvelle convention qui revoit le tarif à la hausse, le patient sera remboursé sur la base d'un tarif de 150 DH avec un  taux de remboursement de la CNSS de 80%. En effet, la CNSS a décidé en juin dernier de relever son taux de remboursement de 70% à 80%. 

La combinaison de ces deux facteurs permettra de baisser considérablement le reste à charge pour le patient. Pour le même exemple, le reste à charge passe de 94 DH à 30 DH.

 150 x 80 % = 120 DH est le montant remboursé. Le reste à charge pour le patient est de 30 DH (150 - 120).

Il reste à savoir quand ces nouveaux tarifs de références seront appliqués. Selon les termes des conventions, ils prennent effet 60 jours après leurs date de publication au bulletin officiel. Ainsi, tous les dossiers intervenus après cette date seront remboursés sur la base des nouveaux tarifs de référence. 

A fin 2018, la CNSS a remboursé 4,1 millions de dossiers pour un montant total de remboursement de 4,2 MMDH. Avec la hausse des TNR, la CNSS supportera un coût supplémentaire de 5%, soit 210 MDH à périmètre constant.

Si l'on prend en compte également la hausse du taux de remboursement et la revalorisation de certains autres actes comme ceux de l'optique, le surcoût pour la CNSS atteindrait 20%, soit 840 MDH. Un montant qui peut largement être pris en charge par la CNSS car le régime AMO est excédentaire. A fin 2017, la CNSS disposait d’excédents importants de plus de 22 milliards de DH. 

De plus, le régime va bientôt bénéficier de ressources supplémentaires avec l'entrée en vigueur progressive de l'AMO pour les indépendants. 

 Les négociations se poursuivent 

« Tout n’est pas parfait. Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous demandions mais tous les intervenants se sont promis de continuer les discussions. L’avantage de cette convention c’est sa progressivité et son dynamisme. Nous n’allons pas arrêter les négociations. Elles prendront peut-être du temps, mais nous finirons par tout revaloriser », promet Semlali. 

En effet, selon les termes des accords, chacune des trois conventions peut faire l’objet d’avenants en commun accord entre les parties signataires sous l’égide de l’ANAM. 

Pour ce faire, il est institué une commission de négociation et de suivi, constituée de toutes les parties signataires, sous la présidence du Directeur Général de l’ANAM ou de son représentant. Cette commission est composée de :

- Un représentant du Conseil National de l’Ordre des Médecins.

- Un représentant de l’Association Nationale des Cliniques Privés.

- Un représentant du Syndicat des Cliniques Privés.

- Trois représentants de la CNSS.

L’accord conclu stipule que trois mois après l’entrée en vigueur de la convention, une première réunion de la commission se tient sur convocation de son président, durant laquelle les objectifs conventionnels sont fixés.

Cette commission se réunit habituellement chaque semestre au siège de l’ANAM et à chaque fois que nécessaire suite à la demande de l’une des parties

Cette commission est chargée de :

- Définir les priorités des négociations et établir leur planning ;

- Définir et évaluer les objectifs ainsi que les mécanismes de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé ;

- Evaluer et proposer le cas échéant les engagements conventionnels des différentes parties ;

- Assurer et suivre le fonctionnement des dispositifs mis en place dans le cadre de la convention tant au niveau normatif, procédural, que tarifaire ; 

- Etudier l’intégration et définir les tarifs de remboursement ou de prise en charge des nouveaux actes nécessaires pour la prise en charge des pathologies, notamment celles lourdes et chroniques, en attendant l’aboutissement des travaux de mise en œuvre de la nouvelle nomenclature des actes professionnels ; 

- Etudier la révision des tarifs des actes soumis par les représentants des cliniques ;

- Proposer et préparer les avenants de la convention à chaque fois que nécessaire.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Tags : AMO
H.G.
Le 14 janvier 2020 à 17h04

à lire aussi

Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
ECONOMIE

Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)

Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.

Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
DIPLOMATIE

Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso

Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.

Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
DROIT

Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?

Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?

OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
BUSINESS

Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette

Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.

Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
Eau

Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume

C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.

Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
NATION

Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas

Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité