img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

Les défis de l’agriculture marocaine vus par les analystes du ministère des Finances

Changements climatiques, intégration en amont de l’agro-industrie, renforcement de la logistique et de l’agrégation, développement rural, soutien aux petits agriculteurs… Voici les défis de l’agriculture au Maroc selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).

Les défis de l’agriculture marocaine vus par les analystes du ministère des Finances
Jalil Choukri
Le 11 février 2019 à 12h39 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

 
La DEPF a publié un rapport intéressant sur les mutations structurelles de l’économie marocaine depuis 2000. Les principaux secteurs d’activité y sont analysés, dont celui de l’agriculture qui emploie près de 39% de la population active occupée.
 
Pour le secteur agricole, les analystes du ministère des Finances dressent un bilan positif, chiffres à l’appui. Toutefois, les défis qui restent à relever sont de taille.
 
Depuis le lancement du Plan Maroc Vert, la valeur ajoutée agricole a enregistré une croissance soutenue et moins erratique.
 
Le taux de croissance annuel moyen de cette valeur ajoutée s’élève à 6% sur la période 2008-2017. Parallèlement, l’écart-type (volatilité) de la valeur ajoutée a baissé de 63,5% entre les périodes 1990-1999 et 2000-2017, en raison notamment du recul du poids de la céréaliculture.
 
Ces résultats ont été obtenus grâce au renforcement des filières à forte valeur ajoutée. La filière céréalière a, elle, été concernée par des actions d’amélioration de la productivité.
 
Pour les céréales, les performances enregistrées depuis 2008 sont supérieures à la moyenne (près de 80 millions de quintaux). Les filières hors céréales ont enregistré un rebond de production important, particulièrement l’élevage et l’arboriculture :

-      Pour l’élevage, le taux de réalisation en 2016 de l’objectif 2020 du PMV a atteint respectivement 90% et 68% pour les viandes rouges et les viandes blanches.

-      Pour l’arboriculture, le taux de réalisation atteint respectivement 70% et 57% pour les agrumes et l’olivier.

Parallèlement à cette amélioration du rendement et de la valeur ajoutée, le renforcement de l’inclusivité de la politique agricole a été poursuivi. 215 projets ont été réalisés pour investissement de près de 2,1 milliards de DH dans le cadre du pilier 2 du PMV. Le budget global avoisinant 15 milliards de DH.
 
L’appui public a joué un grand rôle dans l’atteinte de ces résultats. Cet appui a pris deux formes : l’investissement public et le soutien à l’investissement privé à travers des subventions :

-      L’investissement public dans le secteur agricole a plus que triplé sur la période 2008-2016, passant de 3,1 à 9,9 milliards de DH, soit un taux de croissance annuel moyen de près de 14,4%.

-      Les subventions au secteur privé sont passées de 1 à 33 milliards de DH

Cela dit, la transformation structurelle du secteur agricole doit être approfondie. Pour ce faire, des réponses appropriées doivent être apportées à un certain nombre de défis. La DEPF en liste quelques uns :

-      La durabilité du modèle de développement agricole face au changement climatique. Plusieurs dimensions de la politique de l’eau et de l’irrigation au Maroc sont amenées à être renforcées, y compris l’adaptation du volet tarification de l’eau d’irrigation au contexte climatique contraignant de notre pays. Cette réforme, devant refléter la rareté de l’eau et le coût réel de sa mobilisation, contribuerait à orienter les agriculteurs vers les spéculations agricoles alliant compétitivité et valorisation optimale des ressources en eau.

-      La valorisation de la production agricole, par le biais d’une intégration en amont du secteur agro-industriel aux autres sphères de l’économie. Outre la mise en œuvre des dispositions du contrat programme du secteur signé en 2017, cet objectif rendrait nécessaire le fait de redynamiser l’agrégation agricole et d’assurer une meilleure adéquation entre l’offre agricole et la demande agro-industrielle.

-      Le développement de la compétitivité à l’international des exportations agroalimentaires, en renforçant l’agro-logistique à l’export à travers la mise en place d’un réseau de plateformes d’exportations intégrées et multi-filières et en ciblant en priorité les marchés de l’Afrique, de l’Europe et de la Russie et potentiellement ceux de l’Amérique du Nord.
De même, il serait hautement profitable de procéder à l’activation de l’agrégation autour des grands opérateurs agro-industriels capables de mieux relever les pressions concurrentielles qui caractérisent ce secteur.

-       Le renforcement du rôle de l’agriculture dans le développement rural.
A côté de l’amélioration de la productivité agricole, il est opportun d’ancrer davantage le secteur agricole dans son environnement à travers une approche de développement intégré du monde rural moyennant une plus grande convergence des politiques publiques (infrastructure de transport, agro-industrie, éducation, santé...). Ceci favoriserait, d’une part, la création des activités hors agricoles dans le domaine de la transformation et de la distribution des produits agricoles pour plus de revenu et de création d’emplois et, partant, l’atténuation de l’exode rural, et d’autre part, l’amélioration de la compétitivité des produits agroalimentaires (en termes de logistique, de normalisation et d’innovation).

-       La consolidation de la vocation inclusive de l’agriculture marocaine à travers la poursuite des actions engagées dans le cadre du Pilier II du PMV visant à améliorer et à sécuriser les revenus des petits agriculteurs. Il importe de renforcer, également, dans la vision du développement du secteur les mécanismes garantissant un cadre décent du travail agricole et ce, à travers l’adaptation et la veille au respect de la réglementation relative au système de rémunération, à la sécurisation de l’emploi et aux normes de sécurité du travail.

Voici l’évolution des principaux indicateurs du secteur agricole entre les périodes 2000-2007 et 2008-2017 :

-       Moyenne des précipitations : 410 mm contre 366.

-       Croissance du secteur primaire (agriculture, forêt et pêche) : 7,3% contre 2,1%

-       Contribution à la croissance économique : 0,9 point contre 0,3.

-       Part dans la production totale : 11,6% contre 12,3%.

-       Taux de valeur ajoutée du secteur primaire (VA sur production) : 65,5% contre 61,4%.

-       FBCF ou investissement dans le secteur agricole : 4,87 milliards de DH par an contre 4,34 milliards.

-       Exportations des produits agricoles : 16,3 milliards de DH par an contre 8,7 milliards.

-       Emplois agricoles : 4,15 millions de personnes contre 4,21 millions.

-       Superficie cultivée annuellement : 5,66 millions d’hectares contre 5,95 millions.

-       Production annuelle des principales cultures : 118,3 millions de quintaux contre 98 millions de quintaux.

-       Rendement à l’hectare : 15,2 quintaux pour les céréales (contre 10,3), 14,4 pour les oléagineuses (contre 10,7) et 348 pour le sucre (contre 209,5).

-       Effectif du cheptel : 29,3 millions de têtes en 2016 contre 24,1 millions en 2000.

-       Poids de la viande obtenu par tête : 227 kg par bovin (contre 162 kg), 19,3 kg par ovin (contre 13,1 kg) et 12,6 kg par caprin (contre 9,7 kg).

>>Lire aussi: Akhannouch dresse le bilan du PMV: les principaux indicateurs
 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Jalil Choukri
Le 11 février 2019 à 12h39

à lire aussi

Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords
ECONOMIE

Article : Libre-échange. Pourquoi le Maroc doit bien négocier ses prochains accords

ROUND-UP. Le Maroc a déjà largement ouvert son économie à travers plusieurs accords de libre-échange. De nouveaux dossiers sont aujourd’hui sur la table, notamment avec le Chili, le Pérou, la Chine ou la République de Corée. L’enjeu est désormais de mieux négocier ces partenariats, afin d’en tirer le maximum sans fragiliser le tissu productif national.

Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne
Mines

Article : Mont Tropic : une étude confirme le potentiel des phosphates sous-marins au cœur du bras de fer Maroc-Espagne

Situé dans l’Atlantique nord-est, au sud des Canaries et à l’ouest des côtes du Sahara, le mont Tropic fait l’objet d’une nouvelle étude européenne qui confirme la qualité de ses phosphates sous-marins, comparables à des gisements exploités à terre. Mais l’intérêt du site ne s’arrête pas à la roche phosphatée : ces dépôts semblent avoir favorisé l’accumulation de cobalt, de manganèse, de terres rares et d’yttrium, dans une zone encore suspendue à la délimitation maritime entre Rabat et Madrid.

Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV
TECH & MEDIAS

Article : Streaming sportif : comment TOD veut révolutionner le visionnage des matchs au Maroc face à l'IPTV

Dans un entretien accordé à Médias24, Peter Mrkic, directeur général de TOD by beIN, détaille la feuille de route de la plateforme de streaming au Maroc. Alors que le service bénéficie désormais d'un cadre réglementaire stabilisé par l'autorisation de la HACA, le dirigeant revient sur les enjeux de pénétration du marché, la concurrence de l'informel et les défis techniques liés à la diffusion en direct du streaming.

Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH
Quoi de neuf

Article : Hydraulique : Amiblu Maroc inaugure à Nouaceur une nouvelle ligne de production de 160 MDH

Cette extension doit porter la capacité annuelle de l’usine à environ 650 km de conduites et permettre la création de 58 emplois directs et plus de 200 emplois indirects.

Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas
Football

Article : Coupe du monde 2026. Analyse de la formidable qualification du Maroc contre les Pays-Bas

Enthousiastes, parfois fragiles en profondeur et épatants à la fois, les Lions de l’Atlas ont renversé les Néerlandais en seizième de finale, dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 juin à Monterrey, au Mexique. Combatifs, les hommes de Mohamed Ouahbi ont réussi à éteindre leurs adversaires grâce à un plan de jeu où la prudence a laissé place à l’ambition au fil des minutes.

Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments
SOCIETE

Article : Nutrition : le HCP et la FAO lancent la première Table marocaine de composition des aliments

Ce référentiel recense 1.001 aliments consommés au Maroc, dont des plats traditionnels, et les décrit à travers 43 constituants. Il doit permettre de convertir les quantités déclarées par les ménages en apports énergétiques fiables, afin de mieux suivre les carences, les excès et les disparités alimentaires.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité