En 2019, les exportations marocaines d'électricité ont explosé
Plus de 1.207 Gwh exportés vers l'Espagne. Soit plus de 570 MDH en valeur. En même temps, les importations marocaines d'électricité ont fondu, faisant du Maroc un exportateur net. Détails.
On savait que le Maroc avait pour ambition de devenir exportateur d’électricité. Les responsables gouvernementaux évoquaient le sujet, presque à demi-mot. Depuis début 2019, c'est devenu une réalité.
Les chiffres sont parlants. Alors que le Maroc était jusqu’en 2018 importateur d’énergie électrique pour plus de 2 milliards de dirhams, il boucle 2019 en tant qu’exportateur net d’électricité vers l’Espagne.
Les dernières statistiques publiées par l’Office des Changes montrent qu’en 2019, les importations marocaines d’énergie électrique ont baissé de 93,5%. Le Maroc importé pour 149 MDH d’électricité en 2019 alors qu’une année auparavant ce même poste a coûté environ 2,3 milliards de DH pour plus de 3.700 Gwh.
Si les chiffres des importations d’électricité sont clairement affichés dans les statistiques officielles, celles des exportations ne le sont pas. Il faut aller les chercher dans le tableau des produits remarquables, sur la base de données du commerce extérieur ou du côté de l’opérateur ibérique semi-public Red Eléctrica de España.
Selon ce dernier, en 2019 le Maroc a exporté 1.207,7 Gwh contre seulement 180 Gwh en 2018. Il ne précise pas la valeur de ces exportations. C’est une donnée disponible à l’office des changes. Les données du commerce extérieur avancent que le Maroc a exporté pour plus de 570 MDH contre 158 MDH en 2018 et presque zéro en 2017.
Renversement de tendance
C’est un véritable renversement de tendance qui s’est opéré au cours de l’année 2019. Ne pas importer de l’électricité signifie avant tout que le Maroc est devenu auto-suffisant en terme de production d’électricité, que sa production permet de couvrir la demande nationale.
Ce qui n’était pas le cas il y a une année à peine. En 2018, l’énergie nette appelée était de 37.446 Gwh alors que la production n’a été que de 34.519 Gwh. Ce gap a été comblé par l’importation de l’électricité.
Depuis, deux facteurs ont permis cela. Il y a d’un côté l’entrée en service de nouvelles capacités de production. Il s’agit pour l’essentiel de la centrale thermique de Safi qui est entrée en service en décembre 2018. Celle-ci est dotée de deux unités totalisant une puissance installée de 1.386 MW capable de satisfaire jusqu’à 25% de la demande électrique nationale. A cela s'ajoutent les nouvelles capacités propres (solaire, éolien).
Le deuxième facteur est relatif aux efforts pour contenir la consommation d’électricité. Sur ce volet, la mesure phare étant l’instauration de façon permanente du GMT+1 à partir d’octobre 2018. Une étude d’impact couvant la période allant d'octobre 2018 à mars 2019 a permis de démontrer qu’une économie d'énergie électrique supplémentaire en hiver de 37,6 GwH a été constatée. Ce qui représente une économie de 0,3% de la consommation nationale annuelle.
Comment cela se traduit-il en chiffres ? Les statistiques définitives pour l’année 2019 ne sont pas encore disponibles. Mais selon les statistiques de la DEPF arrêtées à fin novembre 2019, la production de l’électricité a enregistré une hausse de 18,4% (incorporant une progression de 27,9% au T1-19, de 22,5% au T2-19, de 17,5% au T3-19 et de 3,1% au cours des deux premiers mois du T4- 19).
Cette hausse est due à l’évolution de la production privée de 34,2% et de celle des projets développés dans le cadre de la loi 13-09 de 48,8%, atténuée par le retrait de celle de l’ONEE de 17,1%, commente la DEPF. Du côté de la consommation, elle n’a progressé que de 1% à fin novembre 2019.
Levée de boucliers en Europe
Ces facteurs ont permis au Maroc de réaliser son ambition de vendre son surplus de production à ses partenaires avec qui il dispose d’interconnexions. C’est le cas de l’Espagne avec laquelle le Maroc est relié par une interconnexion d’une capacité totale de 1.400 MW. D’ailleurs, une troisième ligne d’interconnexion de 700 MW est prévue d’ici 2026.
Cependant, cela ne se fait pas sans remous de l’autre côté de la Méditerranée. En effet, il y a une levée de boucliers justifiée selon ses auteurs par le fait que l’énergie produite au Maroc et exportée ne respecte pas les restrictions environnementales imposées par l'UE dont l’empreinte carbone. Les discussions au sein de l’Union tendent vers l’instauration d’une taxe frontalière aux importations d’électricité produite à base de charbon par les pays de l’UE. Mais rien n’est tranché pour l’heure.
Ce qu'il faut savoir, c'est que le Maroc dispose aujourd'hui d'une capacité de production d'électricité propre de près de 3.700 MW et qu'il est difficile de tracer l'électricité propre pour la distinguer de celle carbonée, à moins d'installer un réseau de transport dédié.
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