Entreprises publiques : Les mécanismes pour gérer les impacts de la crise

Les Entreprises et Etablissements publics (EEP) engagés dans des réformes structurelles ont été rattrapés par la crise Covid-19 qui a aggravé leurs problèmes. L'Etat les accompagnera via plusieurs mécanismes dont un fonds de garantie étatique. Détails. 

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Entreprises publiques : Les mécanismes pour gérer les impacts de la crise

Le 02 juin 2020 à 19:50

Modifié le 03 juin 2020 à 13:26

L'Etat planche sur un mécanisme qui permettra aux établissements et entreprises publics impactés par le Covid-19 de soulager la pression sur leur trésorerie et honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs. 

Le CVE avait fait allusion à ce mécanisme dans son communiqué du 08 mai 2020. "Il a été convenu la création d’un fonds de garantie spécifique permettant à ces EEP impactés par le COVID-19 de lever de nouvelles ressources financières nécessaires au renforcement de leurs financements permanents et, partant, leur assurer un développement soutenable et durable de leurs activités". 

Intervenant lors du conseil d'administration de la CGEM le 28 mai dernier, le ministre Mohamed Benchaâboun a précisé davantage la nature de ce mécanisme. "Des outils de garantie ont été conçus, pour la première fois, pour les établissements et entreprises publics impactés par le Covid-19. C'est une garantie étatique à hauteur de 100% pour permettre aux banques d'accompagner les EEP qui ont besoin de liquidités. La durée de remboursement est de 7 ans", a-t-il révélé. 

Un outil pour la préservation des délais de paiement

Où en est ce mécanisme ?  "Il y a un travail qui se fait entre la direction du Trésor et la Caisse centrale de garantie. Un projet de convention est en cours de finalisation pour mettre en œuvre ce mécanisme", nous confie une source sûre. 

Une fois en place, ce nouvel outil sera géré étroitement par la direction du Trésor et la direction des Entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), la CCG et les banques. Selon notre source, "les délais de paiement et le règlement des fournisseurs constituent une ligne directrice dans cet appui". 

L'Etat a concédé d'importants efforts pour l'amélioration des délais de paiement. Ces efforts ont permis quelques avancées que la crise menace. Pour les préserver, les établissements et entreprises publics sont appelés à prioriser deux orientations majeures. "La première orientation est le paiement des fournisseurs avec un focus sur la PME car c'est là où il y a le gisement de l'emploi fragile", nous explique notre source.

"La seconde orientation est de favoriser l'entreprise nationale. Il ne faut pas s'en cacher, tous les pays prennent cette orientation. Les Américains plaident pour le "buy american". Les Européens sont en train de se battre pour le "buy european". Nous aussi nous devons aller sur cette voie avec le "buy moroccan". Mais ça doit être travaillé via des textes qui vont venir", ajoute notre source. 

La réforme des EEP chamboulée par le Covid-19

Plusieurs entreprises et établissements publics ont été impactés par la pandémie du Covid-19. Certains plus que d'autres. "Il y a ceux dont l'activité a été frontalement impactée engendrant des problèmes de trésorerie, il y en a d'autres qui avaient des problèmes structurels qui datent d'avant Covid-19 mais que la crise actuelle a exacerbés", explique notre source. 

Parmi les plus visibles, on peut citer l'ONCF, la RAM, Autoroutes du Maroc, l'ONDA, l'ONEE (la baisse de l'activité industrielle), la société de gestion du port de Tanger-Ville (SGPT) dont l'activité est liée au trafic des croisières qui a été arrêté, Soread 2M, SNRT,...

Selon nos informations, la DEPP étudie avec ces EEP des protocoles et des plans d'action pour s'assurer d'un côté qu'ils gèrent au mieux cette crise, qu'ils ont pris les mesures nécessaires pour préserver la sécurité et la santé des agents, et ensuite pour comprimer leurs charges et essayer de recouvrer ce qu'ils peuvent des clients. 

De l'autre, la DEPP s'assure que ces EEP mettent en place des plans d'action solides pour l'avenir. "Bien sûr quand une entreprise publique s'endette, l'Etat ne peut que l'appuyer au regard du contexte. Maintenant, comme vous vous en doutez, l'appui est multiforme. Ça peut être de la dette ou des capitaux, ça peut être des subventions, ça peut être une garantie de l'Etat, ça peut être un moratoire sur les redevances ou autres,...", explique une source informée. "Mais quel que soit l'appui, il doit être lié à un plan d'action préétabli par l'entreprise pour pérenniser son modèle économique", ajoute notre source. 

"Beaucoup d'entités publiques ont une structure de charges où la partie fixe est dominante. Dans cette configuration, quand elles sont agressées par un événement comme celui du covid-19, elles n'ont pas l'agilité opérationnelle. Le chiffre d'affaires baisse de 80% ou 90% et les charges ne baissent que de 30% ou 40% au meilleur des cas. Elles ont une structure rigide", nous explique-t-on. Un travail est donc actuellement mené pour que ces entités proposent "un véritable plan d'économie en adéquation avec les nouvelles orientations de leurs modèles économiques".

D'ailleurs depuis le 10 octobre 2018, la DEPP travaille avec un certain nombre d'entreprises publiques sur la redéfinition de leur modèle économique. "Effectivement avec l'ONEE, la RAM, l'ONCF et ADM... un travail relativement bien avancé, sur des projets de contrats programmes avec des solutions structurelles, était en cours. Or, avec le Covid ce travail a été mis en pause pour se concentrer sur la gestion de la crise", nous précise-t-on. 

Cependant, pour ne pas perdre de vue l'objectif structurel de réformer ces entreprises publiques et les doter d'un modèle économique pérenne, la DEPP est chargée de veiller à ce que les plans de relance de ces entreprises ne soient pas en contradiction ou en déviation par rapport aux choix et orientations stratégiques arrêtés.

Entreprises publiques : Les mécanismes pour gérer les impacts de la crise

Le 02 juin 2020 à19:52

Modifié le 03 juin 2020 à 13:26

Les Entreprises et Etablissements publics (EEP) engagés dans des réformes structurelles ont été rattrapés par la crise Covid-19 qui a aggravé leurs problèmes. L'Etat les accompagnera via plusieurs mécanismes dont un fonds de garantie étatique. Détails. 

L'Etat planche sur un mécanisme qui permettra aux établissements et entreprises publics impactés par le Covid-19 de soulager la pression sur leur trésorerie et honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs fournisseurs. 

Le CVE avait fait allusion à ce mécanisme dans son communiqué du 08 mai 2020. "Il a été convenu la création d’un fonds de garantie spécifique permettant à ces EEP impactés par le COVID-19 de lever de nouvelles ressources financières nécessaires au renforcement de leurs financements permanents et, partant, leur assurer un développement soutenable et durable de leurs activités". 

Intervenant lors du conseil d'administration de la CGEM le 28 mai dernier, le ministre Mohamed Benchaâboun a précisé davantage la nature de ce mécanisme. "Des outils de garantie ont été conçus, pour la première fois, pour les établissements et entreprises publics impactés par le Covid-19. C'est une garantie étatique à hauteur de 100% pour permettre aux banques d'accompagner les EEP qui ont besoin de liquidités. La durée de remboursement est de 7 ans", a-t-il révélé. 

Un outil pour la préservation des délais de paiement

Où en est ce mécanisme ?  "Il y a un travail qui se fait entre la direction du Trésor et la Caisse centrale de garantie. Un projet de convention est en cours de finalisation pour mettre en œuvre ce mécanisme", nous confie une source sûre. 

Une fois en place, ce nouvel outil sera géré étroitement par la direction du Trésor et la direction des Entreprises publiques et de la privatisation (DEPP), la CCG et les banques. Selon notre source, "les délais de paiement et le règlement des fournisseurs constituent une ligne directrice dans cet appui". 

L'Etat a concédé d'importants efforts pour l'amélioration des délais de paiement. Ces efforts ont permis quelques avancées que la crise menace. Pour les préserver, les établissements et entreprises publics sont appelés à prioriser deux orientations majeures. "La première orientation est le paiement des fournisseurs avec un focus sur la PME car c'est là où il y a le gisement de l'emploi fragile", nous explique notre source.

"La seconde orientation est de favoriser l'entreprise nationale. Il ne faut pas s'en cacher, tous les pays prennent cette orientation. Les Américains plaident pour le "buy american". Les Européens sont en train de se battre pour le "buy european". Nous aussi nous devons aller sur cette voie avec le "buy moroccan". Mais ça doit être travaillé via des textes qui vont venir", ajoute notre source. 

La réforme des EEP chamboulée par le Covid-19

Plusieurs entreprises et établissements publics ont été impactés par la pandémie du Covid-19. Certains plus que d'autres. "Il y a ceux dont l'activité a été frontalement impactée engendrant des problèmes de trésorerie, il y en a d'autres qui avaient des problèmes structurels qui datent d'avant Covid-19 mais que la crise actuelle a exacerbés", explique notre source. 

Parmi les plus visibles, on peut citer l'ONCF, la RAM, Autoroutes du Maroc, l'ONDA, l'ONEE (la baisse de l'activité industrielle), la société de gestion du port de Tanger-Ville (SGPT) dont l'activité est liée au trafic des croisières qui a été arrêté, Soread 2M, SNRT,...

Selon nos informations, la DEPP étudie avec ces EEP des protocoles et des plans d'action pour s'assurer d'un côté qu'ils gèrent au mieux cette crise, qu'ils ont pris les mesures nécessaires pour préserver la sécurité et la santé des agents, et ensuite pour comprimer leurs charges et essayer de recouvrer ce qu'ils peuvent des clients. 

De l'autre, la DEPP s'assure que ces EEP mettent en place des plans d'action solides pour l'avenir. "Bien sûr quand une entreprise publique s'endette, l'Etat ne peut que l'appuyer au regard du contexte. Maintenant, comme vous vous en doutez, l'appui est multiforme. Ça peut être de la dette ou des capitaux, ça peut être des subventions, ça peut être une garantie de l'Etat, ça peut être un moratoire sur les redevances ou autres,...", explique une source informée. "Mais quel que soit l'appui, il doit être lié à un plan d'action préétabli par l'entreprise pour pérenniser son modèle économique", ajoute notre source. 

"Beaucoup d'entités publiques ont une structure de charges où la partie fixe est dominante. Dans cette configuration, quand elles sont agressées par un événement comme celui du covid-19, elles n'ont pas l'agilité opérationnelle. Le chiffre d'affaires baisse de 80% ou 90% et les charges ne baissent que de 30% ou 40% au meilleur des cas. Elles ont une structure rigide", nous explique-t-on. Un travail est donc actuellement mené pour que ces entités proposent "un véritable plan d'économie en adéquation avec les nouvelles orientations de leurs modèles économiques".

D'ailleurs depuis le 10 octobre 2018, la DEPP travaille avec un certain nombre d'entreprises publiques sur la redéfinition de leur modèle économique. "Effectivement avec l'ONEE, la RAM, l'ONCF et ADM... un travail relativement bien avancé, sur des projets de contrats programmes avec des solutions structurelles, était en cours. Or, avec le Covid ce travail a été mis en pause pour se concentrer sur la gestion de la crise", nous précise-t-on. 

Cependant, pour ne pas perdre de vue l'objectif structurel de réformer ces entreprises publiques et les doter d'un modèle économique pérenne, la DEPP est chargée de veiller à ce que les plans de relance de ces entreprises ne soient pas en contradiction ou en déviation par rapport aux choix et orientations stratégiques arrêtés.

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