Le Maroc va tirer les 3 milliards de dollars de sa LPL auprès du FMI
EXCLUSIF. C'est ce qu'annonce une source sûre à Médias24. La décision a été prise du côté marocain mais n'a pas encore été actée avec le FMI. L'Etat va également tirer 275 millions de dollars du prêt de la Banque Mondiale réservé préalablement aux catastrophes.
Le ministre de l'Economie et des Finances a passé une grande partie de sa journée, ce mardi 7 avril, au parlement où il s'agissait d'échanger avec les membres de la Commission des Finances de la première Chambre avant d'adopter le projet de décret-loi validé la veille en conseil de gouvernement.
Le projet de décret-loi adopté, n° 2.20.320, consiste à autoriser le gouvernement à dépasser le plafond des emprunts extérieurs prévu dans la loi de Finances 2020, fixé à 31 milliards de DH, pour faire face au choc attendu sur la balance des paiement et les réserves en devises suite à la crise du Coronavirus.
L'état de la balance des paiements tient une place centrale dans l'analyse de la situation actuelle. La baisse des exportations, des transferts des MRE et d'IDE; de même que l'évaporation de la plus grande partie des recettes touristiques, pour ne citer que ces exemples, font peser une lourde menace sur le compte courant.
Le Maroc a donc décidé de tirer sur la ligne de précaution et de liquidité du FMI, renouvelée fin 2018 et devant expirer fin 2020, apprend Médias24 de source sûre. La décision a été prise du côté marocain mais n'a pas encore été actée avec le FMI. Le tirage pourrait se faire incessamment et devrait porter sur le montant total de la ligne, soit 3 milliards de dollars (l'équivalent de 30 milliards de DH compte tenu de la parité actuelle du dollar).
Comme son nom l'indique, la LPL est une sorte d'assurance ou de réserve que l'Etat marocain peut tirer partiellement ou totalement sans conditions préalables, en cas de choc externe. Elle est destinée à soutenir la balance des paiements, qui en a besoin aujourd'hui. Elle n'est pas censée accroître l'endettement, ni être utilisée à des objectifs budgétaires. Son objectif est avant tout l'amélioration des réserves nettes internationales.
Par ailleurs, vendredi 3 mars, l'agence de notation internationale S&P a reconduit la note souveraine du Maroc qui maintient ainsi son investment grade, une prouesse dans un contexte où les notations de plusieurs pays se sont dégradées.
Avec le tirage sur la LPL et le maintien de l'investment grade, le Maroc sera mieux armé pour effectuer une sortie à l'international. Cette sortie, apprend Médias24 par la même source, sera effectuée selon le schéma de l'année dernière et le montant sera déterminé en fonction "de l'appétit des investisseurs et des conditions du marché".
Schématiquement, selon notre source, la LPL sera tirée pour soutenir la balance des paiements. L'emprunt international pour le budget d'abord, pour les réserves en devises ensuite.
Enfin, le Maroc compte tirer un prêt de 275 millions de dollars de la Banque mondiale approuvé en décembre dernier et qui devait initialement servir à l’appui des politiques de développement pour la gestion des risques de catastrophe. Cette ligne inclut désormais les pandémies après la restructuration opérée par la Banque mondiale sur demande du Maroc.
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