Situation économique : Ahmed Lahlimi dresse un nouveau tableau sombre

Le HCP table sur une croissance économique de 2,7% en 2019 et de 3,4% en 2020. Aléas climatiques, lente reprise des activités non agricoles, demande intérieure satisfaite par les importations, hausse de l’endettement public, l’institut d’Ahmed Lahlimi dresse un nouveau tableau sombre.

Le 09 juillet 2019 à 20:13

Modifié le 09 juillet 2019 à 20:25

Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a présenté, ce mardi 9 juillet, son budget économique exploratoire où il a livré ses estimations de la croissance économique en 2019 et ses prévisions pour 2020.

Le tableau dressé est plutôt sombre. Il l'est encore plus par rapport au budget exploratoire présenté l'année dernière. Voici les principaux indicateurs prévisionnels présentés :

-          La croissance économique devrait s’établir à 2,7% en 2019 dans un contexte mondial difficile (croissance de la demande adressée au Maroc de 3,5%), de baisse de la production céréalière et de faible redressement des activités non agricole. Le HCP tablait auparavant sur une croissance de 2,9%. Bank Al-Maghrib, après avoir annoncé une prévision de 2,7%, a relevé ses attentes et parle désormais de 2,8%.

-          La valeur ajoutée agricole devrait baisser de 2,9% à cause d’une récole céréalière en baisse de 40%, à 60 millions de quintaux, parallèlement au bon comportement des autres filières agricoles.

-          Grâce au bon comportement de la pêche, le secteur primaire devrait limiter la baisse de sa valeur ajoutée à 2,1% contre une croissance de 2,7% en 2018.

-          La croissance du secteur secondaire devrait se limiter à 3,5% (contre 3% en 2018) et celle du secteur tertiaire à 3% (contre 2,7%).

-          La croissance des activités non agricoles devrait ainsi s’établir à 3,2% contre 2,8% en 2018.

-          Du côté de la demande, la demande intérieure devrait contribuer avec 3,2 points à la croissance économique (contre 3,9 points en 2018). Elle est toujours le moteur de croissance mais subit un ralentissement : +2,8% contre 3,9% en 2018.

-          La croissance de consommation finale des ménages devrait s’établir à 3,5% (contre 3,3% en 2018) et celle des administrations de 2,9% (contre 2,5%).

-          La croissance de l’investissement devrait chuter à 1,7% après 5,9% en 2018.

-          La demande extérieure, malgré une bonne progression des exportations (+7,2% contre 5,8% en 2018), devrait toujours contribuer négativement à la croissance (-0,4 point) compte tenu de l’importance des importations qui évoluent de 6,5% contre 7,5% en 2018.

-          Compte tenu d’une croissance économique inférieure à la progression de la consommation, la différence est satisfaite par les importations. D’où le maintient d’un besoin de financement de l’économie à un niveau élevé.

-          L’épargne nationale devrait ralentir à 27,3% du PIB (contre 27,6%)

-          En raison du ralentissement de l’investissement (32,6% du PIB contre 33,5% en 2018), le besoin de financement de l’économie devrait s’établir à 5,3% du PIB contre 5,5% en 2018.

-          Le déficit budgétaire devrait s’établir à 4,5% du PIB en 2019 contre 3,7% en 2018, en raison de dépenses incompressibles et de recettes difficiles à mobiliser en masse. Avec les privatisations, le déficit budgétaire sera limité à 3,6%.

-          D’où une aggravation de l’endettement. La dette du Trésor devrait atteindre 65,3% du PIB (contre 64,9% en 2018) et la dette publique 81,3%.

-          Ces indicateurs devraient être réalisées dans un contexte d’une inflation faible : le prix implicite du PIB devrait augmenter de 0,8%.

-          Le taux de chômage devrait augmenter à 10% après 9,8% en 2018.

L'année 2020 ne sera guère meilleure

Pour 2020, le HCP s’attend à une croissance de 3,4%, en raison des éléments suivants :

-          Une croissance de la demande mondiale qui devrait se maintenir à 3,5%.

-          Un effet de base positif pour le secteur primaire en raison de la prévision d’une campagne céréalière moyenne.

-          Le secteur primaire devrait enregistrer une croissance de 4,6% à cause de cet effet de base.

-          Le secteur non agricole devrait enregistrer une croissance légèrement plus faible qu’en 2019 : +3,1%.

-          La demande intérieure devrait contribuer à hauteur de 3,5 points à la croissance après 3,1 points en 2019, grâce à une croissance de 3,2% (contre 2,8%).

-          La consommation des ménages devrait s’améliorer de 3,6% contre 3,5% en 2019, et celles des administrations ralentir à 2,5% contre 2,9% en 2018.

-          L’investissement devrait légèrement se redresser avec une croissance de 3%.

-          La demande extérieure devrait, elle, contribuer négativement à la croissance : -0,1 point. Et ce, malgré une croissance des exportations (+8,1%) plus importante en pourcentage que celle des importations (+6,7%).

-          L’épargne nationale devrait légèrement s’améliorer à 27,5% du PIB.

-          L’investissement brut en proportion du PIB devrait baisser à 32,4%.

-          D’où une légère atténuation du besoin de financement de l’économie à 4,9% du PIB.

-          Le déficit budgétaire devrait légèrement s’alléger à 3,5% du PIB.

-          Le taux d’endettement du Trésor devrait baisser à 64,8% du PIB et la dette publique à 80,7% du PIB.

-          L’inflation devrait légèrement augmenter à 1% après 0,8%.

-          Le taux de chômage devrait se maintenir aux alentours de 10%.

Situation économique : Ahmed Lahlimi dresse un nouveau tableau sombre

Le 09 juillet 2019 à20:15

Modifié le 09 juillet 2019 à 20:25

Le HCP table sur une croissance économique de 2,7% en 2019 et de 3,4% en 2020. Aléas climatiques, lente reprise des activités non agricoles, demande intérieure satisfaite par les importations, hausse de l’endettement public, l’institut d’Ahmed Lahlimi dresse un nouveau tableau sombre.

Le Haut Commissariat au Plan (HCP) a présenté, ce mardi 9 juillet, son budget économique exploratoire où il a livré ses estimations de la croissance économique en 2019 et ses prévisions pour 2020.

Le tableau dressé est plutôt sombre. Il l'est encore plus par rapport au budget exploratoire présenté l'année dernière. Voici les principaux indicateurs prévisionnels présentés :

-          La croissance économique devrait s’établir à 2,7% en 2019 dans un contexte mondial difficile (croissance de la demande adressée au Maroc de 3,5%), de baisse de la production céréalière et de faible redressement des activités non agricole. Le HCP tablait auparavant sur une croissance de 2,9%. Bank Al-Maghrib, après avoir annoncé une prévision de 2,7%, a relevé ses attentes et parle désormais de 2,8%.

-          La valeur ajoutée agricole devrait baisser de 2,9% à cause d’une récole céréalière en baisse de 40%, à 60 millions de quintaux, parallèlement au bon comportement des autres filières agricoles.

-          Grâce au bon comportement de la pêche, le secteur primaire devrait limiter la baisse de sa valeur ajoutée à 2,1% contre une croissance de 2,7% en 2018.

-          La croissance du secteur secondaire devrait se limiter à 3,5% (contre 3% en 2018) et celle du secteur tertiaire à 3% (contre 2,7%).

-          La croissance des activités non agricoles devrait ainsi s’établir à 3,2% contre 2,8% en 2018.

-          Du côté de la demande, la demande intérieure devrait contribuer avec 3,2 points à la croissance économique (contre 3,9 points en 2018). Elle est toujours le moteur de croissance mais subit un ralentissement : +2,8% contre 3,9% en 2018.

-          La croissance de consommation finale des ménages devrait s’établir à 3,5% (contre 3,3% en 2018) et celle des administrations de 2,9% (contre 2,5%).

-          La croissance de l’investissement devrait chuter à 1,7% après 5,9% en 2018.

-          La demande extérieure, malgré une bonne progression des exportations (+7,2% contre 5,8% en 2018), devrait toujours contribuer négativement à la croissance (-0,4 point) compte tenu de l’importance des importations qui évoluent de 6,5% contre 7,5% en 2018.

-          Compte tenu d’une croissance économique inférieure à la progression de la consommation, la différence est satisfaite par les importations. D’où le maintient d’un besoin de financement de l’économie à un niveau élevé.

-          L’épargne nationale devrait ralentir à 27,3% du PIB (contre 27,6%)

-          En raison du ralentissement de l’investissement (32,6% du PIB contre 33,5% en 2018), le besoin de financement de l’économie devrait s’établir à 5,3% du PIB contre 5,5% en 2018.

-          Le déficit budgétaire devrait s’établir à 4,5% du PIB en 2019 contre 3,7% en 2018, en raison de dépenses incompressibles et de recettes difficiles à mobiliser en masse. Avec les privatisations, le déficit budgétaire sera limité à 3,6%.

-          D’où une aggravation de l’endettement. La dette du Trésor devrait atteindre 65,3% du PIB (contre 64,9% en 2018) et la dette publique 81,3%.

-          Ces indicateurs devraient être réalisées dans un contexte d’une inflation faible : le prix implicite du PIB devrait augmenter de 0,8%.

-          Le taux de chômage devrait augmenter à 10% après 9,8% en 2018.

L'année 2020 ne sera guère meilleure

Pour 2020, le HCP s’attend à une croissance de 3,4%, en raison des éléments suivants :

-          Une croissance de la demande mondiale qui devrait se maintenir à 3,5%.

-          Un effet de base positif pour le secteur primaire en raison de la prévision d’une campagne céréalière moyenne.

-          Le secteur primaire devrait enregistrer une croissance de 4,6% à cause de cet effet de base.

-          Le secteur non agricole devrait enregistrer une croissance légèrement plus faible qu’en 2019 : +3,1%.

-          La demande intérieure devrait contribuer à hauteur de 3,5 points à la croissance après 3,1 points en 2019, grâce à une croissance de 3,2% (contre 2,8%).

-          La consommation des ménages devrait s’améliorer de 3,6% contre 3,5% en 2019, et celles des administrations ralentir à 2,5% contre 2,9% en 2018.

-          L’investissement devrait légèrement se redresser avec une croissance de 3%.

-          La demande extérieure devrait, elle, contribuer négativement à la croissance : -0,1 point. Et ce, malgré une croissance des exportations (+8,1%) plus importante en pourcentage que celle des importations (+6,7%).

-          L’épargne nationale devrait légèrement s’améliorer à 27,5% du PIB.

-          L’investissement brut en proportion du PIB devrait baisser à 32,4%.

-          D’où une légère atténuation du besoin de financement de l’économie à 4,9% du PIB.

-          Le déficit budgétaire devrait légèrement s’alléger à 3,5% du PIB.

-          Le taux d’endettement du Trésor devrait baisser à 64,8% du PIB et la dette publique à 80,7% du PIB.

-          L’inflation devrait légèrement augmenter à 1% après 0,8%.

-          Le taux de chômage devrait se maintenir aux alentours de 10%.

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