Dispositif de financement des jeunes et des TPME : derniers réglages

L’annonce officielle est imminente, selon nos sources. L’outil est prêt, les banques aussi. Le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers paramètres relatifs entre autres aux ressources et leur coût.

Dispositif de financement des jeunes et des TPME : derniers réglages

Le 03 janvier 2020 à 14:11

Modifié le 04 janvier 2020 à 13:09

Le lancement du dispositif spécial de financement des jeunes diplômés, des projets d’auto-emploi et des TPME exportatrices a été promis par le gouvernement pour le 1er janvier 2020.

La mise en place de ce mécanisme a été décidée suite à l’appel du Roi aux banques pour se mobiliser davantage en faveur des jeunes et de l’emploi, prononcé lors de son discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire.

Les premières réunions entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le Groupement des banques ont démarré au lendemain du discours royal. Un fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat a été mis en place dans le cadre de la loi de finances 2020 pour, entre autres, garantir les prêts qui seront accordés par le secteur bancaire. Et selon nos sources, les banques ont remis leurs copies aux trois parties qui chapeautent le dossier.

Où en est ce dispositif ? Nous sommes vendredi 3 janvier et aucune annonce n’a été faite. Contacté, le ministère des Finances n’a pas donné suite à notre demande à l’heure de la publication de cet article. Pour sa part, le GPBM n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Nous avons approché des patrons et responsables de grandes banques et établissements publics qui ont accepté de nous livrer un éclairage. Leurs déclarations concordent : l’outil est prêt, les banques sont techniquement prêtes, le lancement officiel est imminent, les trois parties que sont le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers réglages.

Agir sur les coûts

Selon le patron de l’un des établissements concernés par le dispositif, les trois parties doivent se mettre d’accord sur l’allocation des ressources. Il ne donnera pas plus de détails.

Le directeur d’une banque de la place explique, lui, que la matière première de la nouvelle offre est la liquidité (l’argent) et que ses ingrédients sont le coût de la liquidité, le coût des capitaux propres et le coût du risque anticipé des crédits.

Concrètement, une banque a besoin d’être refinancée par la Banque centrale pour pouvoir accorder des crédits dans le cadre de ce dispositif. Quelle enveloppe sera mise à disposition par BAM ? A quel coût et sous quelles conditions ?

Une fois octroyés, ces crédits consomment les fonds propres des banques (qui ont un coût) compte tenu des règles prudentielles qui exigent leur provisionnement (les provisions viennent en diminution des capitaux propres). A moins qu’ils soient garantis par l’Etat. A combien s’élèvera la garantie du Fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat ?

Par ailleurs, les banques facturent le coût du risque qu’elles encourent dans leur taux d’intérêt. Pour les crédits accordés dans le cadre de ce dispositif, ce coût dépendra de la proportion de la garantie étatique, mais également de l’évaluation que feront les banques du profil de risque de la clientèle cible. A combien s’élèvera-t-il ?

Ce sont, entre autres, à toutes ces questions que les derniers paramétrages doivent répondre.

Travailler sur tout l'écosystème

Cela dit, nous apprenons qu’à l’occasion du lancement de ce dispositif, les banques pourront soit lancer de nouvelles offres soit en améliorer celles qui existent déjà. Et les conditions des crédits ne seront pas les mêmes partout. Le marché restera concurrentiel.

Notons qu’il est attendu des banques de faire un effort en matière de coût et de conditions de crédit. Elles sont également appelées à se mobiliser à travers une plus grande prise de risque, une meilleure organisation et implication du capital humain, une bonne communication… Certaines ont déjà fait preuve de célérité dans le traitement des dossiers des TPE durant ces derniers mois.

Elles devront par ailleurs prendre des engagements en matière de distribution de crédits et aller elles-mêmes chercher les TPE et les entrepreneurs, une clientèle pas souvent bancarisée.

A rappeler qu’un mécanisme tripartite d'évaluation périodique des réalisations sera mis en place entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le GPBM.

Un banquier tient enfin à souligner que maximiser l’impact de ce dispositif nécessite de travailler sur tout l’écosystème des TPE et de l’entrepreneuriat : accès aux marchés, délais de paiement, simplification des procédures administratives, accompagnement technique…

>>Lire aussi:

Financer les jeunes et les TPME: beaucoup de contraintes à lever

Financement : voici ce qu’attendent les auto-entrepreneurs des banques

Dispositif de financement des jeunes et des TPME : derniers réglages

Le 03 janvier 2020 à14:11

Modifié le 04 janvier 2020 à 13:09

L’annonce officielle est imminente, selon nos sources. L’outil est prêt, les banques aussi. Le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers paramètres relatifs entre autres aux ressources et leur coût.

Le lancement du dispositif spécial de financement des jeunes diplômés, des projets d’auto-emploi et des TPME exportatrices a été promis par le gouvernement pour le 1er janvier 2020.

La mise en place de ce mécanisme a été décidée suite à l’appel du Roi aux banques pour se mobiliser davantage en faveur des jeunes et de l’emploi, prononcé lors de son discours d’ouverture de l’actuelle session parlementaire.

Les premières réunions entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le Groupement des banques ont démarré au lendemain du discours royal. Un fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat a été mis en place dans le cadre de la loi de finances 2020 pour, entre autres, garantir les prêts qui seront accordés par le secteur bancaire. Et selon nos sources, les banques ont remis leurs copies aux trois parties qui chapeautent le dossier.

Où en est ce dispositif ? Nous sommes vendredi 3 janvier et aucune annonce n’a été faite. Contacté, le ministère des Finances n’a pas donné suite à notre demande à l’heure de la publication de cet article. Pour sa part, le GPBM n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Nous avons approché des patrons et responsables de grandes banques et établissements publics qui ont accepté de nous livrer un éclairage. Leurs déclarations concordent : l’outil est prêt, les banques sont techniquement prêtes, le lancement officiel est imminent, les trois parties que sont le ministère des Finances, BAM et le GPBM doivent arrêter les derniers réglages.

Agir sur les coûts

Selon le patron de l’un des établissements concernés par le dispositif, les trois parties doivent se mettre d’accord sur l’allocation des ressources. Il ne donnera pas plus de détails.

Le directeur d’une banque de la place explique, lui, que la matière première de la nouvelle offre est la liquidité (l’argent) et que ses ingrédients sont le coût de la liquidité, le coût des capitaux propres et le coût du risque anticipé des crédits.

Concrètement, une banque a besoin d’être refinancée par la Banque centrale pour pouvoir accorder des crédits dans le cadre de ce dispositif. Quelle enveloppe sera mise à disposition par BAM ? A quel coût et sous quelles conditions ?

Une fois octroyés, ces crédits consomment les fonds propres des banques (qui ont un coût) compte tenu des règles prudentielles qui exigent leur provisionnement (les provisions viennent en diminution des capitaux propres). A moins qu’ils soient garantis par l’Etat. A combien s’élèvera la garantie du Fonds de soutien au financement de l’entrepreneuriat ?

Par ailleurs, les banques facturent le coût du risque qu’elles encourent dans leur taux d’intérêt. Pour les crédits accordés dans le cadre de ce dispositif, ce coût dépendra de la proportion de la garantie étatique, mais également de l’évaluation que feront les banques du profil de risque de la clientèle cible. A combien s’élèvera-t-il ?

Ce sont, entre autres, à toutes ces questions que les derniers paramétrages doivent répondre.

Travailler sur tout l'écosystème

Cela dit, nous apprenons qu’à l’occasion du lancement de ce dispositif, les banques pourront soit lancer de nouvelles offres soit en améliorer celles qui existent déjà. Et les conditions des crédits ne seront pas les mêmes partout. Le marché restera concurrentiel.

Notons qu’il est attendu des banques de faire un effort en matière de coût et de conditions de crédit. Elles sont également appelées à se mobiliser à travers une plus grande prise de risque, une meilleure organisation et implication du capital humain, une bonne communication… Certaines ont déjà fait preuve de célérité dans le traitement des dossiers des TPE durant ces derniers mois.

Elles devront par ailleurs prendre des engagements en matière de distribution de crédits et aller elles-mêmes chercher les TPE et les entrepreneurs, une clientèle pas souvent bancarisée.

A rappeler qu’un mécanisme tripartite d'évaluation périodique des réalisations sera mis en place entre le ministère des Finances, Bank Al-Maghrib et le GPBM.

Un banquier tient enfin à souligner que maximiser l’impact de ce dispositif nécessite de travailler sur tout l’écosystème des TPE et de l’entrepreneuriat : accès aux marchés, délais de paiement, simplification des procédures administratives, accompagnement technique…

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